Vadcar l’écrivain

Il y a eu Pascale la cigale, et avant elle Conan le barbare, il faut maintenant compter avec Vadcar l’écrivain. Vadcar, Steven Vadcar. Du côté de Sotteville et de Saint-Etienne-du-Rouvray, il semble connu comme le loup blanc. Traverser la place du marché avec son bonnet à paillettes et son survêtement rouge, c’est le voir saluer une dizaine de personnes entre napperons en dentelle et poivrons bicolores. Steven n’est pas une star, mais presque. Il a presque 5000 amis sur Facebook, et plus de 7000 abonnés. Une fierté pour ce jeune des cités.

Steven n’a que 21 ans, mais un bagou indéniable. Une histoire aussi. Et des histoires à raconter. Pas pour rien qu’il se présente comme écrivain : il a écrit un roman. Un vrai, qu’il a sur lui sans un sac plastique. « J’ai commencé à l’écrire lorsque j’avais treize ans », explique-t-il, assis à la terrasse d’un café. Il avait lu Harry Potter, comme tant d’autres. « Une source d’inspiration » qui lui a donné le virus de l’écriture qui ne l’a plus quitté. Deux à deux cent cinquante pages de cahiers remplis d’une écriture d’adolescent, puis deux ans pour le remettre au propre sur ordinateur. Sept ans de travail en tout. Un tiers de sa vie, tout de même « pour créer la meilleure histoire possible ». Celle d’une famille qui subit des problèmes de racket et part de la cité vers la campagne où sévissent cette fois des blousons noirs. Ils reçoivent alors une lettre de leurs ancêtres, et découvre un monde parallèle qu’ils ont pour mission de sauver des catastrophes naturelles.

En 2010, il a reçu 1000€, dans le cadre du programme gouvernemental « envie d’agir », pour financer l’impression de son roman, Will la planète paradisiaque.Du premier tirage, à 100 exemplaires, il a tout vendu. Et 50 exemplaires, déjà, du deuxième. Vadcar l’écrivain croit dur comme fer à son étoile : « on peut démarrer de rien et monter très haut. Les gens aiment le côté original de mon roman. Je préfère rester moi-même : à chacun son style si on respecte l’autre. »

Steven Vadcar continue donc d’écrire. Un deuxième roman, l’histoire d’un orphelin qui doit retrouver ses parents. « Je veux être un exemple pour tous ceux qui désespèrent », explique-t-il. Il publie régulièrement des textes sur sa page Facebook, qu’on devine souvent autobiographiques. C’est que la vie ne l’a pas épargné, jusqu’à le pousser à quitter le lycée avant le bac. Aujourd’hui, il prépare un diplôme d’animateur, « parce que le courant passe bien avec les enfants ».

« Les jeunes choisissent le rap pour s’exprimer, moi, c’est l’écriture. J’aimerais trouver une vraie maison d’édition qui relève le challenge. J’aimerais travailler avec quelqu’un pour aller plus haut. Je suis très ambitieux, j’ai envie d’aller très loin », avoue-t-il. Et pour s’inspirer, il dévore les livres policiers, des livres fantastiques : « quand tu lis, tu as le frisson, tu as envie de tourner la page… » et de dire son admiration pour Agatha Christie, qui écrit si bien.

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