Une monnaie locale à Rouen ?

Un projet de monnaie locale complémentaire pourrait voir le jour à Rouen début 2014. Une initiative de Agglo Rouen en transition, qui attend une implication citoyenne. 

Payer pour de vrai avec des billets qui ressemblent à ceux du Monopoly ? Un peu à la manière des tickets restaurants, de la carte d’abonnement au ciné, ou les Miles pour l’avion ?  Ce sera peut-être bientôt possible à Rouen grâce à Agglo Rouen en transition (ART). Avec les monnaies locales complémentaires (MLC), ART compte, comme dans au moins dix-huit autres villes en France, « se réapproprier la monnaie et relocaliser la consommation », explique Lucéro Mariani, à l’origine du projet, lancé en septembre 2012.

Pour faire simple, une MLC c’est un « outil de transition économique permettant de favoriser les échanges locaux responsables ». Cette monnaie circule localement. Lucéro Mariani, 41 ans, est titulaire d’un doctorat en écologie du sol et d’un master en prévention des risques. Elle nous simplifie les choses : « Le but des MLC est la réappropriation de la monnaie. L’euro est rare et est devenu un dieu. On lui donne trop de valeur intrinsèque, alors que c’est seulement une unité de compte. Il n’a aucune valeur physique, à la différence de l’or. Sa rareté est artificielle. Il faut se rendre compte que la dette française est artificielle. » En bref des chiffres sur des écrans.

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Lucéro Mariani

Les MLC facilitent les échanges entre les consommacteurs et les entreprises locales responsables. Elles ne permettent pas l’épargne et sont contraintes de circuler. C’est une sorte de « repackaging de l’euro, emprisonné dans l’économie locale ». D’autant que la plupart des monnaies sont équipées d’une « fonte » : tous les trois ou six mois, la monnaie perd 2 à 5% de sa valeur. Pour la réactiver, il faut acheter un timbre.

Elles sont protégées au sein de la collectivité ou l’association dans laquelle elles ont été lancées, par un fonds de garantie, formé par les cotisations à la dite collectivité. Ce fonds de garantie permettra aussi à l’association de faire des microcrédits.

Un exemple de MLC ? Le Chiemgauer, lancé en 2003 dans le sud-est de la Bavière, en Allemagne. En dix ans, environ 2500 consommateurs, 650 entreprises, 30 bureaux de change, 650 000 Chiemgauers en circulation. Le chiffre d’affaires en Chiemgauers des entreprises du réseau : 6 millions d’euros, le Chiemgauers circule 3 fois plus vite que l’euro. Le Chiemgauer finance les ONG locales depuis 2005 à hauteur de 234 000 € au total. 300 micro-prêts en 2012 pour 500 000 euros dont un tiers en Chiemgauer, deux tiers en euros.

Pour lancer ce projet, ART s’appuie sur un système d’échange local international, des acteurs qui ont déjà mis en place une MLC dans leur ville, comme Frédéric Bosqué avec le Sol Violet à Toulouse et « plusieurs intellectuels ». « On n’est pas une bande de gauchos perdus, on a des ressources intellectuelles », prévient Lucéro. Pour le moment, le groupe a démarché quarante entreprises de l’économie sociale et solidaire. Pour les entreprises partenaires d’une MLC, un avantage : la pub.

Quelques exemples de MLC.

Quelques exemples de MLC.

Pour le nom et le design de la MLC rouennaise, ART compte lancer un concours. En attendant, parce que ce n’est « pas évident de se dire que les euros, c’est une convention sociale », ART sensibilise et notamment le mercredi 29 mai prochain.

Le programme du mercredi 29 mai 2013 sur les MLC

  • De 9h30 à 17h30, des ateliers de formation aux MLC au Pôle Pasteur, salle C1-22, au premier étage. Animés par Frédéric Bosqué, co-fondateur et coodinateur du sol-violette de Toulouse. Ces ateliers sont ouverts à tous. Participation libre, « on considère la richesse que l’on a reçu et on donne en fonction de ses moyens », considère Lucero. Pour s’y inscrire, c’est ici
  • A 19h30, au cinéma Le Melville, 75 rue du général Leclerc, projection de Sol Violette, L’éclosion d’une monnaie. Un film de 50 minutes sur la mise en place d’une MLC à Toulouse. Film suivi d’un débat avec Frédéric Bosqué. Entrée 6 euros.

Plus d’informations sur les monnaies citoyennes, c’est ici.

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