Drame de la solitude au sein d’un foyer d’hébergement à Rouen. Entre Noël et le jour de l’an, un homme y est mort, seul, dans sa chambre. Il n’a été retrouvé qu’après les festivités.
L’homme était hébergé à l’URAS, Unité de Reconquête de l’Autonomie Sociale, 20 rue Joyeuse, à Rouen. Il a été retrouvé mort, dans sa chambre, vendredi 4 janvier 2013. L’état de décomposition du corps laisse à penser que la mort remonte au 27 décembre 2012. Personne, pendant plus d’une semaine, n’aurait remarqué l’absence du pensionnaire. « Une honte », selon un membre du personnel que Grand-Rouen a pu interroger. L’homme résidait dans le foyer « depuis un an, un an et demi ».
Ce décès et cette absence d’attention interviennent dans un foyer qui dépend d’Emergence(s), une structure dont les employés avaient tiré la sonnette d’alarme en décembre 2012, se plaignant des méthodes de management dont ils estimait souffrir. Etienne Muller, le délégué syndical Sud Santé nous disait alors : « on court à la catastrophe ».
A l’occasion du réveillon de Noël, quelques jours avant le décès, les résidents avaient participé à une séance photo.
Nous avons tenté de joindre le chef de service responsable du foyer Uras, qui était en réunion…
Ci-dessous 9m2, un documentaire de 2010, 13 minutes et six portraits de résidents de l’URAS de Rouen
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Si un tel drame s’était produit en détention, par exemple, sous la présidence Sarkozy, une foule aurait demandé des comptes au ministère certainement, aux syndicats peut-être. Ici, que va-t-il se passer? Dans un foyer aux personnels a priori pleins d’humanité, de sens du partage et autres… Il est déjà remarquable que le drame ne soit connu qu’aujourd’hui; merci à Grand Rouen de le publier. Et maintenant, l’omerta? A suivre. Et pensée envers ce jeune disparu.