Un Hackerspace rouennais se forme

« J’ai reçu un RaspberryPi récemment et j’ai vite décidé de le transformer en SquezzeBox pour utiliser la fonction SquezzeBox serveur de mon Qnap. » Voila le genre de conversation que l’on pouvait entendre lundi 1er octobre au soir à la terrasse du bar le Son du cor. Des propos incompréhensibles pour tout utilisateur d’Internet lambda.

C’est à l’appel de Samir, 23 ans, que quatorze bidouilleurs d’ordi se sont retrouvés pour former un Hackerspace. Ces groupes de passionnés d’informatique et d’électronique poussent comme des champignons depuis quelques années. Toulouse, Paris, Rennes,… Sur un concept venu d’Allemagne, il vise toute personne curieuse du fonctionnement des objets qui l’entourent, et tend à exploiter au maximum leurs capacités pour le plaisir de ses propres réalisations. En gros : « vaincre et contourner les limites de l’électronique et de l’informatique ».  Leur fer de lance ? Le partage du savoir et des données, l’échange des connaissances et la liberté d’information. « C’est un peu comme entrer dans la résistance contre les grands monopoles de l’informatique », explique Jérôme et qui ne se prend pas vraiment pour un hacker. Gabriel, 40 ans, informaticien à la recherche d’un emploi agrémente : « Nous sommes contre les monopoles comme Apple ou Microsoft. Contre la privatisation du savoir. Mac et Windows, c’est Monsanto, nous on est l’agriculture bio. »

Mais attention, rien d’illégal dans tout ça ! Les hackers rouennais préfèrent s’appeler bidouilleurs – « même si ça fait amateur »- plutôt que pirate. Il n’est pas non plus question de gagner de l’argent avec cette initiative. Loin du fameux pirate grandiloquent Kim Dotcom et de son feu MegaUpload. Ni trop proche du « geek qui bouffe des pizzas en jouant aux jeux vidéos devant son ordinateur ». En bref, des garçons un peu « nerd », avec « l’envie de créer plutôt que de consommer ».

Alors que Samir attendait moins d’une dizaine de personnes lorsqu’il a lancé son appel, ce sont 14 personnes qui sont arrivées. Tous des garçons… Ils ne se connaissent pas, ou alors seulement par écrans interposés. Certains s’interpellent d’ailleurs par les pseudos utilisés en ligne. Ils sont lycéens, salariés, étudiants, entrepreneurs, porteurs de projets de 16 à 40 ans. « Des profils particuliers et divers », commente Samir. Après un tour de table, les idées fusent et le ton monte parfois. C’est que tout le monde n’est pas d’accord sur le les tenants et les aboutissants du Hackerspace. Mettre en commun du matériel ? Acheter des machines ? Trouver un local ? Une structure ouverte à tous ? Une association ?

Si le consensus n’est pas encore là, ils sont au moins d’accord sur une chose : apporter à tous le droit et la liberté d’accès aux données.

La prochaine réunion aura lieu le lundi 8 octobre, à 18h30, à l’Echelle Inconnue, 18 rue Sainte-Croix-des-Pelletiers, à Rouen. Elle est ouverte à tous. 

Pour plus d’informations sur le sujet, rendez-vous sur le forum des Hackerspaces. (En anglais).

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