Pascal Monville : “mon dernier marché de Noël”
A Rouen, le marché de Noël 2005 se terminait aujourd’hui, 27 décembre. L’occasion de faire le bilan avec Pascal Monville, commerçant bien connu des Rouennais, qui tient le Palais du fruit, rue Rollon, et, depuis dix ans, propose fruits secs et fruits confits au marché de Noël.
Comment s’est passé le marché de Noël cette année ?
En un mot : cela a été catastrophique, d’ailleurs, je n’ai même pas fait la dernière journée : nous avons tout rangé hier. Nous étions, comme beaucoup d’autre, excentrés, installés, au dernier moment, et sans concertation, place de la Calende. Tout ça pour faire de la place à la patinoire. Les gens ne venaient pas jusqu’à nous. Ils avaient même du mal à trouver le chalet du Père Noël ! Nous n’avons jamais été consultés sur quoi que ce soit. La mairie nous a dit, deux jours avant le début du marché : "vous serez là". Mais la situation a été difficile pour tout le monde. Je connais au moins une dizaine de collègues qui ne reviendront pas dans ces conditions l’année prochaine. Quant à moi, c’est sûr : je n’y retournerai pas. Mon chiffre d’affaires a baissé de 40% par rapport l’année passée. La marchandise me reste sur les bras.
Quelle est la cause de cette situation selon vous ?
On n’a pas vu de représentants de la mairie durant tout le marché, sauf le jour de l’inauguration. Pourtant j’aurai bien voulu les remercier ! Leur dire merci pour tout : pour la musique, entrecoupée de publicités pour la grande distribution, pour la propreté, alors que le nettoyage n’a pas été fait durant des jours et des jours place de la Calende, pour l’organisation en général, qui a été déplorable. Et puis je me pose une question, lorsqu’on voit ce qu’ont été le marché et les décorations : est-ce que le maire aime Noël ? On peut en douter sérieusement.
Il n’y aurait pas de solution ?
Si. La preuve : la première année où la mairie a repris l’organisation du marché de Noël, tout c’était bien passé. Mais ça va de mal en pis, et cette troisième année est catastrophique. Il n’y a eu aucun dialogue avec la ville, on a été mis devant le fait accompli. La concertation, et pas la veille ou l’avant-veille, c’est la clé du succès. Je passe mes commandes de marchandise six mois avant le marché. Pour s’organiser, proposer des animations, avancer ensemble, il faut savoir écouter les autres. Mais là, pas moyen. Et l’on voit où ça nous mène…
