Pierre Albertini, maire de Rouen en campagne pour les prochaines élections municipales a sorti un livre, Destin rouennais. Impressions de lectures de Guy Pessiot, auteur, éditeur, mais aussi conseiller municipal d’opposition.
Après lecture du livre de Pierre Albertini, quelles sont les premières impressions d’un conseiller municipal d’opposition?
Guy Pessiot : La brochure écrite par Pierre Albertini se lit en quelques dizaines de minutes. Elle a les dimensions d’une nouvelle, mais ne nous apprend vraiment rien de nouveau.
Les quatre cinquièmes de l’opus sont consacrés à un survol de l’histoire de Rouen, copie appliquée d’un élève ayant plus lu Michel Mollat et Jean-Pierre Chaline que Marcel Boivin ou Yannick Marec. D’Henri IV à Jeanne d’Arc, de Corneille à Lecanuet, aucune des grandes figures rouennaises ne manquent à l’appel, dans le style “j’ai bien compris votre message”.
L’ouvrage parle tout de même de la période actuelle ?
Ce livre se termine par un chapitre “Rouen demain” reprenant le vieux débat des tropismes rouennais : la mer et Paris. Pierre Albertini place le dynamisme du côté de la métropole maritime, nous préférons, pour notre part, ne pas opposer mais conjuguer les deux scénarios afin que Rouen soit a la fois une métropole maritime reconnue et une des villes phares de la qualité de vie dans le grand bassin parisien.
Assez curieusement, les années où l’auteur a été à la tête de la Ville sont tout juste évoquées. Est-ce parce qu’il y a si peu à en dire ?
Pierre Albertini ne fixe-t-il pas de cap ?
De la même façon, les grandes orientations envisagées pour Rouen sont quasiment toutes extra-muros, hors la ville (de la réunification de la Normandie, au renforcement du Pôle Caen-Rouen-Le Havre). Est-ce parce que tout a été fait intra-muros ? Certes, quelques paragraphes concernent “les liens de solidarité” qu’il faut réinventer et “15 à 20% de la population qu’il ne faut pas laisser au bord du chemin”. Mais Pierre Albertini, est-il le plus crédible dans ce domaine, lui qui a donné les clefs de la ville aux promoteurs privés comme aucun maire avant lui ne l’a fait ?
Pierre Albertini, il le rappelle dans son livre, a été élu maire de Rouen un peu par hasard, suite à la défection de Jean-Louis Bourlanges. Ce hasard explique beaucoup de choses. Mais il n’est certainement pas durable.
Une question pour finir à l’éditeur et auteur de livres sur Rouen. Pierre Albertini a fait le choix de publier son livre à compte d’auteur. N’aurait-il pas pu trouver un éditeur ?
Cela ne fait aucun doute, et il faut encourager l’édition régionale. C’est un beau métier, économiquement très dur. J’aimerai lancer une collection “Débat régional” où les élus pourraient développer les thèmes qui leur tiennent à cœur. Mais en l’occurence, et dans le contexte des prochaines échéances, ç’aurait été non du fait des réticences exprimées avant.
“une collection “Débat régional” où les élus pourraient développer les thèmes”
Et les non-élus, ils sentent le pâté ?
Et si Monsieur Pessiot l’avait édité, quels auraient été ses commentaires ?
Je m’étrangle en lisant “15 à 20% de la population qu’il ne faut pas laisser au bord du chemin”. Il devient impossible de se loger à Rouen, comme le dit M. Pessiot la moindre parcelle en centre-ville a été vendue à Bouygues ou Kaufman&Broad et sur les Hauts de Rouen, les démolitions ont débuté sans être compensées par les reconstructions. C’est beau de dire maintenant qu’il faut faire du social ! A ce sujet, n’oublions pas que 70% de la population pourrait prétendre à un logement social.
> Mélanie : la qualité des ouvrages publiés par Monsieur Pessiot est très largement reconnue, je ne sais pas s’il publierait ce genre de littérature, quel qu’en soit l’auteur…
“d’un élève ayant plus lu Michel Mollat et Jean-Pierre Chaline ”
Je trouve cette mention tout à fait ridicule…en quoi on ne doit pas lire Michel Mollat et Jean-Pierre Chaline ? Pour les avoir rencontré dans mes lectures, je puis dire que ce sont souvent des livres d’une grande érudition. Pourquoi s’en priver ? Les considérations politiques, à un moment donné, sont très mal placées…
vachement intéressant
la fiche de lecture de M. Pessiot, éditeur fétiche du socialisme municipal, ne nous apprend pas grand chose… si ce n’est qu’il incarne bien cette suffisance de l’esprit rouennais, heureusement en voie de disparition.
“Editeur est un beau métier, économiquement très dur” nous dit M. Pessiot. Mais quand un éditeur se fait critique, il ne fait pas s’en étonner. Il s’agit là de deux métiers différents. Quand, au surplus, la critique n’est pas tant celle du livre que celle de l’auteur.
En résumé, M. Pessiot se fait un peu “caca dessus”.
j’espère ne pas être censuré pour cette expression imagée du langage familier
nb : pour les incultes et les infirmes qui ne lisent pas assez les ouvrages des Editions PTC, M. Pessiot est conseiller municipal rouennais du groupe socialiste.
Comme d’habitude, les fans du maires préfèrent dénigrer celui qui parle plutôt qu’argumenter sur le fond… Heureusement, maintenant, on peut noter les commentaires ! Et hop, un pouce rouge baissé vers le bas.
Nous sommes en période electorale, les critiques de Monsieur Pessiot peuvent apparaitre comme logique, il parle d’une “brochure” et s’attaque à l’homme, attaque le plus souvent gratuite et pas argumentée, pourtant la dimension intelectuelle de P Albertini est souvent reconnue. Bref, c’est la periode electorale avec les attaques qui vont avec..rien de neuf sous les tropiques (quoique en ce moment)
Peut-être que Pessiot aurait du dire “plaquette” (vendue à douze euros pour un prix de revient de 3 euros et quelques)
car ce n’est de toutes façons pas un livre en soi.
François > je vous le dis amicalement, prenez garde à vos tournures, surtout scatologiques, car la fois où je l’ai utilisée à propos d’un commentateurs présent sur ce fil dailleurs, j’ai reçu remontrances et injures comme rarement. Cela dit, n’ayez crainte, c’est toujours dans le même sens que ça arrive.
Le premier qui touche à Yannick Marec, j’le bute!
(avec toute cette modération on est obligé de mettre des zigouigouis pour les amateurs de premier degré)
Pourquoi chercher Guy Pessiot pour commenter le livre de Pierre Albertini et non pas chercher une personne neutre.
jean> Proposition a été faite, en premier lieu, au directeur de campagne de Pierre Albertini, de parler de ce livre ici avec son auteur. Il n’a pas donné suite.
Guy Pessiot est éditeur, et sans doute le plus rouennais des éditeurs : il a publié un grand nombre d’ouvrages sur la ville et son histoire, les siens comme ceux de nombreux auteurs. Voilà qui fait de lui une personne qualifiée pour donner son point de vue sur un ouvrage consacré à Rouen. C’est une lecture. Les votres sont les bienvenues en commentaire.
Et dailleurs, pourquoi partir du principe qu’une personne neutre trouverait une quelconque qualité à cet ouvrage? ET de fait, pourquoi supposer que n’en point trouver est suspectable de manœuvre partisane? La question se pose.
“Il faut encourager l’édition régionale. C’est un beau métier, économiquement très dur. J’aimerai lancer une collection “Débat régional” où les élus”
Les non-élus, les citoyens lambda n’auraient en rien à débattre noir sur blanc sur une édition régionale ?