Dominique Gambier est vice-président de l’Agglo de Rouen, en charge notamment du service des transports urbains. Il est également maire de Déville-lès-Rouen. Il a accepté de répondre à nos questions sur TEOR et les bus de nuit, actuellement en expérimentation.
Prévoyiez-vous, au moment où TEOR n’était pas encore qu’un projet, que ce mode de transport aurait un tel succès ?
Le prévoir, non. L’espérer, oui. L’agglo voulait un dispositif qui soit aussi
performant que le métro, en terme d’accessibilité, de régularité, et de confort. Nous avons progressivement construit un nouveau concept de transport, un
nouveau système qui comprend plusieurs aspects : les voies réservées, le
guidage optique, la priorité aux feux, la signalétique, les stations… C’est
aujourd’hui un dispositif qui est reconnu comme très innovant au plan mondial.
Par ailleurs les premières enquêtes auprès des usagers montrent une très grande
satisfaction de leur part alors que le dispositif n’est pas encore totalement
opérationnel à l’est de l’agglo et au centre.
Les Rouennais subissent actuellement les désagréments liés aux chantiers de TEOR en centre ville, qu’avez-vous envie de leur dire sur ce qui les attend une fois ces chantiers terminés ?
Je les comprends pour avoir, moi même connu dans ma commune, Déville lès
Rouen, ces désagréments en 2000. Aujourd’hui je pense que peu d’habitants
contestent ce progrès considérable dans les transports en commun. C’est vrai que
des travaux de ce type créent une véritable gène, mais on ne peut l’empécher si
on veut transformer notre ville ; ne rien faire à long terme serait pire. Il
faut essayer de limiter cette gène au maximum, et en particulier aider les
commerçants pour que leur activité ne connaisse pas de dégats irréversibles :
nous le faisons avec le système ELP pour les livraisons ou avec le dispositif
d’indemnisation que nous avons mis en place.
De nombreuses personnes souhaitent voir se développer un service de bus de nuit conséquent, pour permettre aux noctambules de rentrer chez eux en toute sécurité. Quel est votre point de vue sur la question ?
Nous expérimentons un système de bus de nuit aujourd’hui en direction du
public étudiant. Nous connaissons mal l’ampleur du besoin réel. Nous ferons au
bout d’un an le bilan de cette première expérience. Si la fréquentation,
mesurée très précisemment avec les validations, est satisfaisante, nous
pourrons poursuivre voir élargir . Mais il est vrai que ces services de nuit
coûtent très cher à la collectivité, et il nous faut faire des arbitrages pour
mettre en place ce qui est le plus utile pour les habitants.
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