Johann Lachèvre est barbouilleur. Un drôle de zozo qui, entouré d’amis, se retrouve une fois par mois, dans les rues de Rouen, à inscrire sur des panneaux publicitaires des slogans pour dénoncer l’omniprésence de la publicités dans les rues.
Les actions n’ont rien d’improvisé. Si il y a trois barbouilleurs à Rouen, de nombreux autres militants sont présents lors des actions, pour prévenir tout débordement et transformer cette forme particulière de manifestation en une fête digne de ce nom. Ils sont ou ont été formé à la désobéissance civile et à l’action non-violente. Les policiers sont prévenus, accueillis avec courtoisie, le sens de l’action est expliqué avec pédagogie.
Et il en faut, car barbouiller les panneaux est un délit. L’objectif est, pour les barbouilleurs, de se faire arrêter, puis d’être jugé. C’est le cas d’un des tois Rouennais, François Vaillant, qui a comparu le 11 mai 2007 au Tribunal de Grande Instance de Rouen pour des barbouillages de panneaux publicitaires commis le 22 juin 2006 et le 23 décembre 2006. Il risquait 5 ans de prison et d’une amende de 75.000 €. Le verdict sera rendu le 12 juin, mais le procureur a créé la surprise, après 3 heures de procès, en demandant une dispense de peine.
Pour Johann Lachèvre, témoin lors de l’audience, ce serait une victoire inespérée. Mais juste une étape. Pas de quoi jubiler. Les barbouilleurs de Rouen, qui s’inscrivent dans le mouvement national des Déboulonneurs, voient plus loin. « C’est une action non-violente de désobéissance civile pour aboûtir à une nouvelle loi. On sensibilise le public, puis les politiques. Il y aura des resistances, qu’on espère pas trop violentes. Puis, dans le meilleur des cas, on arrivera à ce qu’un projet de loi limitant la taille des espaces publicitaire soit proposé. Dans deux ans. Au mieux. » Pour que les publicités se limitent à un format raisonnable, 50 par 70 cm maximum, et laissent de l’espace libre.
Ecoutez Johann Lachèvre :
Je n’aime pas la pub mais je trouve vraiment nul et stupide ce comportement…
Moi je ne trouve pas cela stupide. Marre de voir des publicités géantes placardées dans la ville. Où qu’on aille, il y en a : arrêts de bus, métro, panneaux municipaux, … ça me débecte, et ces pubs ont l’effet contraire chez moi. Si je vois trop la pub, je n’achète pas …
Fredhook, les Déboulonneurs ont le mérite de dénoncer la pub dont on nous abreuve à l’excès, comme le souligne Tatiana, et tout ça sans violence et sans se cacher. C’est une cause plus que juste.
Depuis le 6 mai 2007 le moral est descendu dans les chaussettes pour un grand nombre de Français… Pour les Rouennais présents à l’audience des déboulonneurs au palais de justice de Rouen ce jour-là, la plaidoirie de leur avocat fut comme un message de 1789 version 2007 époustouflant, habité d’un haut sens clairvoyant et imparable… tel un constat solennel du devoir de la résistance civile dans notre pays…
Résister c’est créer… c’est espérer aussi… c’est agir surtout… c’est enfin regarder dans les yeux les générations qui viennent, LES PREMIERES QUI VONT EXIGER DES COMPTES… PLANETAIRES !
c’est drole … ca me rappelle les rappeurs qui gueulent contre le systeme, mais grace auquel ils vendent leurs CDs … la pub dans un monde capitaliste, ca existe depuis que le capitalisme existe : et avant, on peignait carrement des murs entiers d’immeubles …
Antipub : c’est parfois violent…
Ceux qui n’aiment pas la pub ne sont pas tous des pacifistes. La preuve avec ce film qui circule sur Internet. Les casseurs, revendicatifs, agissent dans l’agglomération de Rouen. Selon un article vraisemblablement de la plume des casseurs…
[...] Grand Rouen parlait déjà de ce type d’action, là. [...]