Très chers périurbains

On ne parle plus de banlieues. On ne parle plus des cités. On parle maintenant de l’espace périurbain. Pas seulement un nouveau soubresaut du politiquement correct, pas seulement un néologisme pour faire joli. Juste l’idée que la commune est un concept dépassé pour comprendre un certain nombre de choses. Du coup, l’Insee a inventé les pôles urbains : un pôle urbain est une unité urbaine offrant au moins 5.000 emplois sur son territoire. Il existe 361 pôles urbains en France. Les plus importants sont Paris, Lyon et Marseille avec respectivement 9,31 ; 1,26 et 1,23 million d’habitants.

Autour de chaque pôle urbain ont été recensées 7 900 communes appartenant aux couronnes périurbaines. Environ 40 % de la population active résidente ayant un emploi dans ces communes va travailler soit vers le pôle urbain, soit vers les autres communes de la couronne périurbaine.

Le recensement de la population de 2008 a permis d’actualiser le zonage en aires urbaines. Les résultats en ont été communiqués par l’Insee en ce mois d’octobre.

La Haute-Normandie comporte ainsi 26 aires dont 9  “grandes“ (+ de 10.000 emplois), 4 “moyennes“ (de 5 à 10.000 emplois) et 13 “petites“ (de 1.500 à 5.000 emplois).

L’espace périurbain regroupe un tiers de la population haut-normande contre seulement un quart pour la France de province. Il couvre 58 % de la superficie de la région (contre 37 %). Ainsi, dans le classement des régions, la Haute-Normandie se positionne à la troisième place juste derrière la Picardie et l’Alsace.

L’analyse de l’Insee offre un point de vue original sur l’agrandissement de l’agglomération de Rouen :

« L’aire urbaine de Rouen a considérablement évolué mais cette évolution tient essentiellement à la « fusion » des unités urbaines de Rouen et d’Elbeuf, dûe elle même à l’apparition d’une continuité du tissu bâti qui n’exis tait pas auparavant entre les deux pôles. De fait, les communes de l’ancienne aire d’Elbeuf font maintenant partie de l’aire de Rouen.

Et la fusion des deux pôles donne au pôle constitué un rayonnement plus marqué se traduisant par une extension de la couronne périurbaine. Par exemple, des communes anciennement hors in fluence du pôle rouennais (par exemple Saint-Saëns, Routot) ou anciennement multipolarisées (telles Auffay, Buchy, Bourg-Achard) sont venues étoffer la couronne de la grande aire ur baine de Rouen. Au final, la population de la couronne rouennaise a progressé d’un quart grâce à l’intégration massive de nouvelles communes. En 2008, l’aire de Rouen se compose de 293 communes : 51 constituant son pôle et 242 sa couronne.

Ces évolutions confortent l’aire urbaine de Rouen dans sa première position en Haute-Normandie en termes de population. En 2008, avec ses 649 000 habitants, elle équivaut à l’ensemble des huit autres grandes aires urbaines émaillant le territoire régional. Cette prédominance était déjà avérée en 1999 dans le périmètre du zonage précédent, mais de manière moins marquée. Dans le classement national des grandes aires urbaines, Rouen occupe le 12e rang et gagne une place par rapport au clas se ment de 1999. Elle est devancée notamment par les aires de Grenoble et de Rennes et précède celles de Toulon ou Douai-Lens.

L’aire urbaine de Rouen couvre par ailleurs un cinquième du territoire haut-normand : 72 % de ses résidents sont concentrés dans son pôle. »

Pour en savoir plus, lire le numéro d’Aval d’octobre 2011. On y apprend la baisse du nombre d’habitants de l’aire du Havre et l’influence de l’aire de Paris sur 89 communes de l’Eure.

A lire aussi : L’interview d’Eric Chauvier

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Une réflexion au sujet de « Très chers périurbains »

  1. Merci pour ces 3 articles sur l’aménagement du territoire, sujet qui me tient à coeur. Je vais essayer de me rendre au Café Perdu lundi soir.
    La question du lien entre les pôles urbains et leur(s) zone(s) d’attraction sont désormais investis grâce à des outils tels que le schéma de cohérence territorial. Parler de ça, ce n’est pas uniquement se cacher derrière une certaine technocratie. J’ai ainsi pu travailler avec une sociologue de la fac de Rouen sur le patrimoine tel que le perçoivent des habitants. En zone périurbaine, cette approche sociale est passionnante, elle permet d’envisager autrement ces espaces vécus par leurs habitants.

    Par ailleurs, la problématique du périurbain pose aussi les questions de précarité énergétique et de politique foncière de ces fameux pôles urbains… La périurbanité est en effet souvent une solution de repli quand l’urbain devient un espace réservé à une catégorie sociale bien identifiée. Merci à Grand-Rouen de s’intéresser à ces questions!

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