Tous pour le mariage pour tous

« Dans quel monde vivent-ils ? » A la fin de la conversation, c’est la question que se pose Elodie, la présidente rouennaise de l’association LGBT Droits de cité. Dans quel monde vivent les opposants au mariage pour tous ? Ne savent-ils pas que déjà des dizaines de milliers d’enfants ont, en France, des parents du même sexe ? Ignorent-ils que cela ne date pas tout à fait d’hier ?

Autour de la table Elodie, la présidente, donc, et aussi Thierry, le trésorier de l’association, et Cédric, le président de Sneaker Normandie. On les rencontre pour parler d’une manifestation qu’ils préparent pour le 19 janvier pour l’égalité des droits, le mariage, l’adoption, la procréation médicalement assistée et la filiation pour tous les couples, à Rouen. « Si on avait un gouvernement qui assume son projet jusqu’au bout, si on n’avait pas le battage médiatique organisé par les contre, on ne serait pas dans la rue », explique Elodie. Et de fustiger « le jeu médiatique du pour ou du contre » le mariage pour tous.

« On nous taxe de ne pas vouloir le débat, renchérit-elle. Mais le débat est ouvert depuis le PACS ! On est évidemment favorable à la discussion, mais qui dit débat dit échange constructif… » « Pour certains, ce n’est pas un débat sur le mariage pour tous, mais sur la normalité de l’homosexualité. Il n’est pas question que nous rentrions dans ce jeu », précise Thierry. Entre décembre 2011 et décembre 2012, le nombre de plaintes enregistrées par SOS Homophobie aurait été multiplié par trois. « Les dérapages des portes-paroles des opposants au mariage pour tous libèrent la parole du quidam », se désole-t-on autour de la table. Pas un hasard si « être homosexuel c’est avoir sept fois plus de risques de se suicider ».

La lutte contre l’homophobie passerait par la loi : « elle passe par l’égalité des droits », précise Elodie. « On accepte de débattre du mariage, de l’ouverture à l’adoption. Mais pour débattre, il faut d’accorder que ce qu’est la société aujourd’hui. Les homosexuels ont déjà des enfants. Tout le monde, de près ou de loin, est concerné par le sujet : parce qu’il touche déjà ou touchera demain un proche, un ami, un membre de la famille », explique Elodie. Le débat devrait porter là : que faire face à des situations qui existent déjà et qui placent les enfants dans des situations complexes, et des parents sans droits.  »Si les enfants des couples homosexuels courent un danger, c’est d’être confronté à une société qui leur en mettra plein la tête », se désole Elodie.

La manifestation du 19 janvier n’est pas une contre-manifestation pour réagir à celle du 13 organisée par les opposant au mariage pour tous. « La notre était prévue avant », se défend Elodie. Il s’agit de faire pression sur le gouvernement : « nous ne lâcherons rien. Nous voulons l’égalité : le mariage, l’adoption, la procréation médicalement assistée ». Et ce n’est pas gagné… « On a demandé aux députés et aux sénateurs de la région de les rencontrer. Seule Luce Pane a répondu », racontent-ils. Raison de plus de se mobiliser.

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