The Wall pour réunir les amateurs de théâtre

18S’attaquer à une adaptation théâtrale de The Wall, de Pink Floyd, est une folie. Le film plonge dans les méandres du cerveau de Pink, petit à petit séparé du monde par un mur de plus en plus épais, qui le protégeait puis l’étouffe. Bande son connue mondialement, scènes hallucinées, mélange d’images réelles et de dessin animé… La notion de film culte, trop souvent galvaudée, ici s’applique pleinement. Alors quoi, en faire une pièce ?

C’est pourtant le pari que s’est lancée une partie de l’équipe de l’association Still Kiddin. Leur vocation ? Le théâtre amateur. Et ça fait vingt ans que ça dure, à Rouen. Des dizaines de spectacles, dans tous les genres. Du théâtre amateur, certes, mais dans le sens noble du terme : le théâtre de ceux qui l’aiment. Et c’est pour fêter ces 20 ans que The Wall est donné, pour la presque vingtième fois en trois ans, à la Maison de l’Université, le 22 mars à 20h.

Alors, comment attaquer la chose ? Still Kiddin propose une production assez impressionnante : 23 comédiens et danseurs, plus un enfant de 8 ans qui joue Pink jeune, un écran de projection, une structure de décor à plusieurs niveau, une traduction en surtitre, une bande son montée à partir du film et du disque, qui ne proposent pas les mêmes orchestrations, des jeux de lumière… « Un spectacle de ce type serait impossible à monter si on était professionnels », explique Tony Vasseur, trésorier du groupe et présent depuis l’origine de l’association. Un spectacle d’une telle ampleur qu’il ne trouve pas sa place dans de trop petites salles.

Angèle, une des trois danseuses, précise : « C’est sportif : on a jusqu’à sept costumes chacun. Il y a une scène où j’ai 5 secondes pour me changer. » A 21 ans, Angèle participe à The Wall depuis le début, il y a trois ans. Pink Floyd fait partie de sa culture : « J’ai tous les disques, c’est une musique que j’écoute ».

C’est la grande surprise de Tony Vasseur : « nos spectateurs ont entre 15 et 65 ans. The Wall rassemble les générations. Lorsque j’ai parlé du projet la première fois, les jeunes ont été enthousiastes. Pourtant, on s’attendait un peu à un public entre 45 et 50 ans… » Une ouverture qu’on retrouve dans la troupe, d’Eliot, 8 ans, à Eric, 55 ans.

Cette capacité à réunir, c’est la grande force de Still Kiddin : « La moitié de la troupe est renouvelée chaque année », explique Tony Vasseur qui voit bien l’association durer encore vingt ans : « ce n’est pas moi qui emmène le groupe, c’est le groupe qui reste motivé. Que quelqu’un vienne avec un projet de comédie musicale, de théâtre classique, de théâtre de rue… on est ouvert, on répond présent. » Des créations, des reprises, de l’inattendu comme du classique, Still Kiddin entend bien continuer à abattre les murs.

  • photos 05, 07, 08, 10, 12, 22, 23, 24, 25 : Émilie Jones
  • autres photos du dossier : Emmel Création

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