Tentative d’apprentissage de la téléphonie moderne

Internet, tablettes, smartphones, ordinateurs, liseuses. Le cyberspace des Hauts-de Rouen proposent régulièrement des initiations aux seniors de la ville. 

Mercredi 20 février 2013, un employé municipal initiait les seniors aux joies des téléphones et des smartphones. Une vingtaine de personnes âgées – en majorité des femmes – s’est présentée à la maison des Ainés de Rouen. Elles ont toutes en main un petit carnet, une feuille, un stylo.

TéléphoneAppareils compatibles avec des prothèses auditives, grosses touches, écrans larges, grandes lettres. A clapet, à glissière, simple, « ça change du téléphone à cadran« , croit plaisanter l’intervenant qui énumère. Sur l’écran, sont projetées des images de téléphones fixes. Ou de téléphones portables. « On ne sait plus trop s’il parle de fixe ou de portable », chuchote-t-on. Les personnes âgées sont obligées de se le faire préciser plusieurs fois. L’employé municipal répétera : « Avant d’aller dans un magasin, il faut noter ce dont vous avez besoin. Sinon, on va vous vendre tout et n’importe quoi. Ensuite, il faut juste tomber sur le vendeur qui s’y connait très bien. »

« J’aurais préféré qu’il nous donne des conseils plutôt qu’il nous dise d’aller chercher nos informations en magasin », critique Jeanine, 71 ans. Elle se moque de la présentation. Janine s’ennuie un peu. Normal, elle a « des bases en informatique ». Comme beaucoup d’autres, elle est venue pour comprendre comment se servir d’un smartphone. Alors des présentations de téléphones fixes aux grosses touches, elle n’en a que faire. « On dirait qu’il découvre sa présentation », commente-t-elle, « ce n’est pas au point ». Comme Georgette, sa voisine, elle aurait préféré qu’on lui parle plus de « nouvelles technologies ». A 82 ans, Georgette est veuve depuis le mois de novembre. C’était son mari qui s’occupait du téléphone portable. Elle est venue pour comprendre le fonctionnement de son appareil qu’elle sort avec précaution de son sac à main. « J’ai peur de casser quelque chose en cherchant toute seule », explique-t-elle.

Bazile Telecom, Prixtel, on aborde aussi les forfaits. Ceux à deux euros par mois ou ceux qui nous connectent avec une opératrice. Les forfaits illimités sont survolés : « Inutiles, sauf si vous passez votre vie au téléphone ». On s’étend aussi longuement sur les appels à l’étranger « dont la douloureuse est plus lourde ».

La dernière partie de la présentation aborde les smartphones, mais très brièvement. On apprend la première question qu’il faut se poser avant d’en acquérir un : : « Pourquoi aurais-je besoin de ça ? » Et d’énumérer les fonctions : agenda, calendrier, courrier électronique, messagerie électronique, GPS et appareil photo. « Comme dans une voiture, s’il n’y a pas de moteur, ça ne marche pas », explique l’intervenant pour parler de système d’exploitation.« Accessoirement, on peut téléphoner », persifle-t-on en mettant tout le monde d’accord sur une constatation : « Maintenant, on ne voit plus le visage des gens dans la rue, ils sont tous penchés sur leurs téléphones ».

L’intervenant prévient aussi ses élèves studieux : « Attention au WiFi, c’est la fréquence d’un micro-onde ». L’employé de la Ville alerte aussi les futurs connectés sur les risques de piratage, comme à une terrasse de café. On conclut donc que si l’on n’a pas besoin d’Internet, il n’est pas utile de posséder un smartphone : « On ne va pas acheter une Mercedes pour aller chercher son pain », compare l’intervenant.

Un « présentation un peu light », selon Joëlle, 63 ans. La sexagénaire aux cheveux argentés coupés à la garçonne voulait en apprendre un peu plus pour « comprendre ce que ses enfants [lui] racontent ». Renée, 81 ans et Pierre, 77 ans, eux sont contents. Mais après tout, ils disent eux-mêmes qu’ils n’y connaissent rien. « On voulait en apprendre plus sur les subtilités, les antivirus, par exemple », explique le couple. Et Hélène, 77 ans, d’intervenir : « il faut déjà connaître le vocabulaire. Savoir qu’un Iphone, c’est un smartphone de chez Apple ».

La présentation devait durer une heure trente. Elle est écourtée d’un quart d’heure. Beaucoup de questions, pourtant, restent en suspens.

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