Stéphanie Taleb-Tranchard en conquête

Qui imaginerait Stéphanie Taleb-Tranchard grimper sur un baobab en évitant les pains de singe urtiquants afin de trouver le signal suffisant pour passer un coup de fil au Burkina-Faso ? C’est pourtant là que l’élue écologiste de Mont-Saint-Aignan se ressource une fois l’an. Là qu’elle revient à l’essentiel. « Là-bas, le réchauffement climatique n’est pas un délire d’écolo : on voit le désert avancer d’année en année… »

Loin de ce paysage là, c’est dans un salon de thé où se donnent rendez-vous des dames à cheveux blancs qu’elle nous retrouve. C’est elle qui a choisi. Un thé, trois tranches de cake : madame est gourmande. Et Stéphanie Taleb-Tranchard raconte. Une petite fille, d’abord, élevée à la campagne, puis une étudiante en droit qui travaille pour payer ses études. Père ouvrier, mère secrétaire. « Je suis déjà attirée par les droits de l’homme, et j’aime la nature, les petits oiseaux… » Elle sourit, consciente de la part de naïveté qu’elle dégage : « c’est mon côté naturaliste, je suis membre de la Ligue de Protection des Oiseaux ». Son premier job, c’est dans une association qui vient au secours des femmes battues : « on a la fibre sociale ».

Après sa maîtrise, elle fait partie des première bénéficiaires des emplois jeunes, et rentre au SIAR. Elle ne quittera plus la fonction publique, et, au fil des recompositions administratives et des redéploiements des compétences des collectivités locales est aujourd’hui Directrice adjointe à la politique environnementale à la Crea. Un parcours plutôt réussi, et un devoir de réserve inhérent à ses fonctions qui ne l’empêche pas de s’engager en politique, à Mont-Saint-Aignan.

En 2001, elle est présente sur la liste autonome menée par Christine Rambaud, aujourd’hui première adjointe socialiste à Rouen. « Ma position, et elle n’a pas changée, c’est le consensus et la démocratie participative ». Des principes, mais pas d’idéologie. Elle sera secrétaire régionale des Verts de 2004 à 2011, candidate à la candidature aux législatives de 2012, en troisième position sur la liste Europe Ecologie Les Verts aux Européennes, mais, surtout, élue dans la majorité à Mont-Saint-Aignan aux dernières municipales, où elle est, jusqu’à ces dernières semaines la première adjointe de Pierre Léautey.

Une première adjointe qui, dit-elle « ne représentera jamais le maire officiellement », un titre honorifique, mais qui lui suffit pour se bagarrer sur les dossiers. Et de porter au crédit de son groupe la chaufferie au bois, l’écoquartier, les performances énergétiques à atteindre pour l’exploitant de la piscine, le contenu du projet de centre culturel. Rien de simple : quatre ans de négociation, de conflit, et, finalement, peut-être, de rancoeur accumulée. L’ambiance à la mairie est plutôt tendue.

Lorsque Pierre Léautey démissionne, la majorité socialiste ne discute pas avec les écologistes, qui perdent leurs délégations pour l’occasion. Plus tout à fait dans la majorité, mais pas vraiment dans l’opposition. Pourtant, le divorce est presque consommé. A tel point que Stéphanie Taleb-Tranchard se donne un an pour constituer sa liste. « A Mont-Saint-Aignan, il y a une fenêtre pour l’écologie et la démocratie, veut-elle croire. Et ça tombe bien, puisque c’est ma ligne. »

D’ici là, elle sera retournée une fois au moins au Burkina-Faso. Elle y participe à un projet de lutte contre la déforestation, et de production de vergers : « Lorsque je rentre de là-bas, je sais mieux que jamais ce qui est vraiment important ».

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