Stéphane Gouby et ses Contes autochtones

Le jeune instituteur Stéphane Gouby publie son tout premier recueil de nouvelles, inspirées de sa vie dans la région normande et celle de son entourage.

Son profil, c’est un peu comme les tatouages sur ses bras : ça part dans tous les sens. Sur ses avants-bras, Nosferatu côtoie des mantras tibétains, le symbole du groupe Nirvana, la terre creuse d’Edmund Halley ou encore les dessins primitifs des grottes de Lascaux. « C’est aussi incohérent que moi« , plaisante le Rouennais Stéphane Gouby, 31 ans, instituteur, musicien et tout récemment auteur publié.

Avec son tee-shirt estampillé du groupe britannique new wave Joy Division, son bouc et sa queue de cheval, on a du mal à croire qu’il enseigne chaque jour depuis 2006 à des élèves de CE1. Mais si ! Et ce personnage, un peu timide, a publié à la mi-décembre 2012, ses premiers écrits sous forme d’un recueil de nouvelles Les Contes autochtones. Pour remplir ses pages, il s’est inspiré de son expérience, celle de son entourage ou de faits-divers. La première nouvelle du recueil parle notamment de l’un de ses copains qui, un poil éméché, s’est introduit dans la maison d’un autre en pensant que c’était la sienne.

Loin d’être expérimental ou avant-gardiste, le style de son recueil de nouvelles est traditionnel, charpenté à l’ancienne, solide et rustique. Normal se dira-t-on pour quelqu’un qui se réclame de Maupassant, Camus, Flaubert ou Zola. Lui décrit ses histoires comme « des manifestes contre la pensée prémâchée, les scories du passé, l’égoïsme et la suffisance ».

« Son paternel, au père Renaud, il était cuistot à la Couronne, mais ça ne lui convenait guère comme situation. Toujours à se faire engueuler par les patrons, des horaires pas possibles, une paie misérable… Il voulait que ces mômes s’en sortent mieux que lui. La famille de sa femme avait ses entrées à la mairie de Rouen, certains membres étaient conseillers municipaux de pères en fils ou d’oncle en neveu. Petits commerçants magouilleurs comme pas deux, ils possédaient plusieurs magasins à Rouen dans le quartier du lycée Fontenelle. Paroissiens fidèles, culs-bénis comme personne, ils ne manquaient jamais une messe et se montraient toujours radins lors de la quête. Braconniers aguerris, ils traînaient souvent dans la forêt de Canteleu la nuit. On les soupçonnait d’ailleurs de ne pas toujours tirer que sur les animaux, il ne valait mieux pas mettre son nez dans leurs petites affaires. » 

Extrait de la nouvelle intitulée Grand Gousier.

Les intrigues se déroulent dans la région rouennaise où l’auteur a toujours vécu : « la Normandie de la génération X ». « Je ne vois pas comment je peux parler d’ailleurs, je n’ai jamais vécu autre part qu’ici », dit-il. Il appartient à cinq groupes différents dans la région rouennaise, dont Stan the Flasher, formation dans laquelle il est bassiste. S’il n’aime pas s’étendre auprès de ses élèves sur sa passion pour la musique, il profite quand même parfois des heures de classe pour leur faire approcher les musiques qu’il aime. « Pour étudier les percussions, je leur ai fait découvrir Ravi Shankar », explique le discret Stéphane. Mais pas question de faire lire des extraits de ses nouvelles ou écouter les titres de ses groupes. « Je n’aime pas saouler les gens avec mes passions et puis, je ne me permettrais jamais ! », rougit-il.

Stéphane est un peu féministe, défenseur de l’égalité homme-femme, un peu adepte de la spiritualité, cite volontiers le Dalaï Lama, soutient les Tibétains exilés et se dit anticlérical. En bref, il rejette tout ce qui opprime les libertés individuelles. Engagé, mais pas militant. Pour se décrire en trois mots, Stéphane Gourby dira qu’il est distrait et hyperactif. « J’aimerais me qualifier de libre-penseur, mais c’est prétentieux. Par honnêteté, je pourrais dire que je suis égocentrique », décrypte-t-il, lucide. Pour se produire sur scène et publier, mieux vaut être un peu vaniteux.

Hyperactif, Stéphane Gouby l’est surement. En avril 2013, il publiera un nouvel ouvrage. Un roman cette fois, intitulé La Vie de Tuillier. « L’histoire d’un mec à qui il arrive plein de tuiles »décrit-il, « un peu comme moi ».

  • Les Contes autochtones de Stéphane Gouby, aux éditions Edilivre, 11€50.

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