Changer la vie au squat, rue Edouard Adam à Rouen

Parce qu’ils ont envie de vivre autrement, en dehors des institutions, un groupe vient d’investir un immeuble rue Edouard Adam. Là, s’ils ne sont pas expulsés par la police, ils prévoient d’organiser un véritable lieu de vie, ouvert à tous. 

MESSAGEIls sont barricadés derrière la porte du 12 rue Edouard Adam à Rouen, au coeur de la Croix de pierre, l’un des quartier « populaires de la ville mais qui se boboïse« . Une petite dizaine de squatteurs s’est installée dans cet immeuble vide depuis plus d’un an. Au rez-de-chaussé, un restaurant africain désaffecté. Pour entrer dans les lieux, l’équipe en poste doit dé-barricader la porte d’entrée, quand il ne faut pas utiliser une échelle pour accéder au premier étage depuis l’extérieur. Sur la devanture les dispositions juridiques, avec le nom des occupants, sont placardées.

Au rez-de-chaussée, les nouveaux habitants du lieu nous ouvrent, lampe frontale allumée. On entre sur un couloir délabré et sombre. Au bout, un escalier en bois, abrupt, pour atteindre le premier étage, puis le second mansardé. Le tout n’est raccordé ni à l’eau, ni à l’électricité. Le premier étage est constitué de trois pièces dont une salle de bain qui n’a de sanitaire que l’humidité. Des fils pendent, la poussière et quelques gravats ont commencé à envahir les lieux.

Ces nouveaux occupants sont loin du cliché du zonard qui squatte l’immeuble abandonné faute de mieux. Animés par une vision alternative du monde et de la société, jeunes et plus vieux tentent de vivre en parallèle de la société. Ni à contre-courant, ni à côté de la plaque, ils ne revendiquent aucune appartenance à un parti, mais concèdent un penchant pour les idées de la Zone à défendre (Zad) de Notre-Dame-des-Landes. Ces militants alter-société-actuelle se sont rencontrés pour la plupart lors de mouvements sociaux ou « sur la Zad ». « Vivre dans un squat, de manière pérenne ou pas, c’est le plaisir de savoir qu’on peut compter les uns sur les autres, qu’on est capable de s’organiser et partager, faire circuler des idées communes », estime l’un d’entre eux.

Ce dimanche 26 mai à 13 heures, la bande de copains est venue relayer les occupants d’astreinte dans l’immeuble de la rue Edouard Adam. « Les mouvements sociaux sont une excuse pour qu’on bouge. Nous n’acceptons pas de nous rencontrer et d’essayer de changer les choses seulement à ces moments là », revendique la bande de copains. Et l’un d’entre eux de poursuivre, mi-plaisanterie, mi-sérieux : « L’idée, ce n’est pas d’être dans la réaction, mais dans l’action ».

L’idée dans cet immeuble de la Croix-de-Pierre est de créer un « lieu de vie, de circulation d’idées ». Créer un endroit qui offre une autre façon de vivre, qui sorte des institutions. Chose qui manque selon eux à Rouen. « Il n’y a rien à part les bars, à Rouen, pour se retrouver », pense-t-on ici. Installés dans un salon improvisé, au premier étage de l’immeuble, partageant leur déjeuner, ils envisagent l’utilisation prochaine de l’endroit : « On veut créer des ateliers, faire des projections, ou un bar ».

Pour le moment, la police n’est pas venue acter cette présence illégale dans les locaux, mais elle a été prévenue.

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