Vingt-cinq ans est un âge respectable pour une salle dédiée au rock. Un âge respectable aussi pour une discothèque. Il y a vingt cinq ans, à Rouen, qu’y avait-il à part la salle Sainte-Croix des Pelletiers ? Pas grand chose. Est alors venue l’ouverture de l’Exo 7, à l’emplacement d’une discothèque de la place des Chartreux, à Petit-Quevilly, le Studio 44.
L’occasion de rencontrer le maître d’oeuvre de l’aventure, Jacques Hupin, toujours aux commandes. On nous a donné rendez-vous dans les bureaux. Rien qui rappelle le star system ou le show business. Les affiches sont rares aux murs. Et l’on pourrait être n’importe où : loin d’un monde de strass et de paillettes en tout cas. Le bureau du patron est tout au fond. C’est là qu’on parlera avec Jacques Hupin. Il est en contre jour, je suis dans un fauteuil un peu bas. Mais confortable. J’avais préparé quelques questions. Un vingt-cinquième anniversaire, me disais-je, était l’occasion de parler des bons moments, et je voulais des anecdotes, peut-être croustillantes. Lecteur, ne soit pas déçu, mais il n’y en aura pas. On va parler boulot, plutôt.
On parlera du premier concert organisé là par Jacques Hupin. C’était les Clash. Et c’était dans ce qui était encore un cinéma de quartier, le Chartreux, en 1977. L’Exo 7 ne naîtra qu’en 1983. Les meilleurs moments, alors ? “Le début, explique Jacques Hupin. Ces premières années. Quand on est dans l’espoir, qu’on monte le projet. Et les premiers concerts. Mais ce n’est qu’après qu’on s’aperçoit qu’on a passé les meilleurs moments.”
Depuis, le succès ne se dément pas : un millier de personnes viennent danser chaque week-end à l’Exo 7. Et les concerts attirent 15 à 20 000 personnes par an. Un total qui ne doit pas être loin des 2 millions de clients depuis l’origine. Un sacré public. Pourtant les choses ont bien changé, depuis l’ouverture en 1983.
“Mon métier, ma mission d’entrepreneur, raconte Jacques Hupin, c’est de faire en sorte que les artistes rencontrent leur public dans les meilleures conditions. Ma principale préocupation, c’est le public, évidemment. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, les artistes ne vendent plus de disques. On ne peut donc plus se fier aux ventes de disque pour savoir si un artiste remplira, ou non, la salle. Si il y a 500 personnes, ça va. On est à plus de la moitié de la jauge. Mais si il n’y a que 50 personnes, ce n’est satisfaisant pour personne…”
Que c’est-il passé ? “Tout le monde joue de la musique. C’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Organiser des concerts, c’est décider de mettre tel ou tel en avant. Sur quels critères ? Nous sommes le passage intérmédiaire entre la salle de bar et le Zenith. Un passage obligé dans une carrière d’artiste qui se construit. On ne passe pas directement de l’un à l’autre. Aujourd’hui, Internet a bouleversé le paysage : les artistes sont au contact direct du public. Mais je ne crois pas qu’ il y ait de génération spontanée d’artistes… On a fait venir plusieurs fois Noir Desir, puis Superbus, par exemple, au début de leur parcours. Il faut du temps.”
Si le présent semble compliqué, l’avenir n’est pas bien rose. Jacques Hupin est touché. On le comprend lorsqu’il explique qu’il a peut-être raté sa sortie. En 2005, il espérait encore, avec l’association Tam-Tam, mettre l’Exo 7 au coeur d’une organisation des musiques actuelles à Rouen. Un projet sur lequel il avait travaillé cinq ans. L’agglomération a préféré le projet du hangar 106. Et il y a eu une fermeture administrative et brutale par la mairie de Petit-Quevilly, cassée ensuite par le Tribunal administratif… Un imbroglio politique dont on comprend qu’il aurait préféré se passer. “Je ne vais pas continuer encore 10 ans, pronostique-t-il. En 2010, j’aurai 65 ans. Il sera temps de m’arrêter. C’est une de mes grandes inquiétudes. L’Exo 7 fait partie de la mémoire collective des rouennais. Et je suis pessimiste : à moins de trouver un repreneur, l’avenir du lieu est mal engagé.”
On a connu des anniversaires plus gais. Et pourtant, the show must go on. Alors, préparez-vous tout de même pour une semaine de festivités, du 3 au 9 février 2008. “On a voulu faire une fête pour le public. Ce n’est pas mon anniversaire, c’est celui de la salle” : Jacques Hupin refuse d’ailleurs que je le prenne en photo pour illustrer l’article. Qu’on ne compte pas sur lui pour le strass et les paillettes. Il reste en coulisse. Et c’est ce qui se passe dans la salle, et sur la scène, qui lui importe vraiment.
Mes meilleurs souvenirs au Studio 44: les concerts de Motörhead et Girl School…
C’est possible de recevoir les petits loups là
http://www.lesmolards.propagande.org/
Ah! Jacques Hupin, le studio, l’exo, des bons et des moins bons souvenirs; mais au final quel parcours et quelles opportunités a offert cette salle et ce mecs quand je cherchais à fourguer des groupes de barges dans les années 80. Jacques à largement participé à la vie et la diversité de la musique à Rouen. Take me five man…
Le Major // ADOC
Concerts : Météors / Alan Vega / TC Matic / PsychicTV / Gladiators /
happy birthday ! en l’occurrence on peut vraiment parler d’institution
Une institution c’est fait pour être critiquée, alors je m’y colle

Je me tourne et je me grime, aaaah voilà :
Des Clash à Superbus. Mmmwwouais… Ca fait des lustres que j’ai entendu quelque chose de décent là-dedans. C’est sur, vu la programmation et le soutien apporté à la scène locale, on comprend pourquoi le projet du hangar 106 a été retenu. En gros, l’EXO c’est devenu un espèce de Moulin rose avec un autre coeur de cible. Et au final, je crois que je préfère le Moulin rose
Je n’ai pas assez d’élément concernant l’exo 7. Je l’ai fréquenté plus pour le côté boite que concert dans les années 86/90.
Par contre, j’ai été surpris d’apprendre qu’une partie du monde du spectacle n’est pas dans le même repect. J’ai rencontré des intermittents, artistes locaux assez remontés contre mr Hupin dans la mesure où, d’aprés eux, il aurait fait avorter plusieurs projets de scènes nouvelles sur Rouen dans le but de rester une sorte de personne incontournable dans le milieu.
Quelqu’un peut m’en dire plus la dessus?
Je suis plutôt d’accord avec Arnaud. Si Jacques Hupin préfère ses débuts, nous aussi…
Pareil côté boîte, je n’y met plus les pieds depuis plusieurs années, la qualité de la musique passée laissant vraiment à désirer (aucune découverte là-dedans). Il paraît que ça s’est amélioré récemment, je compte donc y retourner pour voir : il faut laisser sa chance au produit :D.
En revenant côté concert, c’est vrai que c’est un peu indigent des derniers temps. Il y a eu de bons moments cela dit (je pense à Deus ou Cirkus par exemple), il faut au moins remercier l’exo pour ceux-là.
Et pour terminer sur une note positive, le concert anniversaire voit passer Hey Hey My My dont je suis fan. Je ne crois pas qu’ils déchirent sur scène, mais je suis tellement content à l’avance de les voir
… ouah, la vache, les hommages n’ont pas duré longtemps!
FQ ouvre le bal…
Tiens c’est étrange Sébastien nous dit que l’EXO était encore le cinéma le Chartreux pour le concert des Clash, pourtant il nous semble qu’entre deux il y eut une boite du nom de Studio 44 que Hupin a récupéré. Une boite qui avait surfé sur la vague disco.
Je dis ça, mais peut-être sommes-nous mal informés chez les Albertinon^^
Jean Le Pitre> Selon les informations dont je dispose, il s’agissait bien encore du cinéma pour le concert des Clash en 1977. Le Studio 44, que j’évoque dès le premier paragraphe, n’est venu qu’après.
Hey Hey My My je confirme, c’est enorme. Et sur scene encore plus … de toute facon tous les groupes de l’ecurie Sober and Gentle - Cocoon en tete - sont tous tres bons, sans exception. Pour ma part, meme si je suis parti faché (oui l’exo7 a tres vite oublié tout ce que le hibOO a couvert et promu au profit de sites de merde nationaux ou le seul interet ne sont que des photos), il existe un paradoxe : Hupin fait partie quand meme des piliers de ce qu’on appelle “musiques actuelles” et que rien pour cela, il merite un respect minimum que certains oublient ici. Aujourd’hui - et c’est bien dommage - l’exo7 n’est plus qu’une antenne locale de groupes dont le tourneur est “Alias Productions”, ce qui limite énormément dans le choix des concerts proposés. Ceci dit, le Sillon (a voir : Louis) ou le Trianon Transatlantique (a voir : Moriarty) font tres bien l’affaire pour des musiques un peu moins formatées.
A Arnaud :
“Et au final, je crois que je préfère le Moulin rose :-)”
Ouai là-bas les Lolitas de 60 balais déchirent trop
Jacques,
Happy Birthday !! et…
MERCI !!
malpaso demande le clip !
http://www.dailymotion.com/relevance/search/les+molards/video/xzw1m_les-molards-fait-diversion_music
A l’Exo