Près de 350 personnes sont restées bloquées à la gare de Rouen lundi 11 mars 2013 au soir. Le point en fin de matinée, le lendemain.
Si les trains en direction de Paris roulent tant bien que mal, vers le Havre, c’est une toute autre affaire. « Entre Rouen et Le Havre, c’est impossible de circuler. Nous avons fait passer train chasse-neige mais le vent crée des dunes de neige de parfois un mètre cinquante sur les voies », explique Emerick, qui tente d’informer les clients. Et même si les trains peuvent circuler, « certains contrôleurs et cheminots sont bloqués chez eux ». 150 agents sont mobilisés nous dit Stéphane Lecomte, directeur de la communication régionale de la SNCF.
La salle d’attente est investie par des voyageurs venus de Lyon ou de Marseille et coincés depuis la veille. Les passagers ont dormi dans les trains. « Il y a eu des problèmes techniques tout le long du trajet. A Val de Reuil, des gens sont montés et à Rouen, on n’a plus bougé », explique Gérard, qui fête avec courage ses 63 ans, ce mardi. S’il sait que la SNCF « pour une fois », n’y est pour rien, il déplore le « manque de communication et d’anticipation ». Pour lui, « on savait depuis dimanche qu’il allait neiger, ils auraient dû nous dire de décaler notre retour ». Enfin, c’est le manque d’hygiène, surtout, qui le fait râler : « Le TGV était plein. A la fin, il n’y avait plus d’eau pour se laver les mains. Je ne me suis pas douché depuis hier matin », râle-t-il, même s’il concède : « Il n’y a pas mort d’homme ». Gérard salue l’initiative de la Croix-Rouge venue en renfort et pour le reste : « Il y avait de la solidarité et une bonne ambiance dans les wagons ».
Bénédicte, 23 ans a formé avec deux ou trois autres copains de galère un petit groupe. Originaires, du Havre ou de Yvetot, ils n’hésitent pas à énumérer tous leurs malheurs : « Le plateau repas, c’étaient des fruits secs et du pâté à la tomate, commencent-ils, il faut un billet de train pour aller aux toilettes et le bar de la gare ne sert pas d’alcool avant midi. Mais qu’est ce qu’on est allés faire à Marseille ? »
Un peu plus loin, Patricia, 50 ans, s’est bricolé un lit de fortune, à même le sol, avec les couvertures fournies par la Croix-Rouge. Couchée avec une copine, elle feuillette un magazine, distribué par la SNCF. Avec toute son équipe de cross de la région du Havre, elle revient du championnat de France de Marignane. Sage, Patricia prend son mal en patience : « Même s’ils nous mettent un train pour le Havre, il nous sera impossible de rentrer ensuite chez nous dans la campagne ».
De leur côté, Charlène, 21 ans, et Rudy, 20 ans commencent à désespérer. Sa capuche sur la tête et les jambes allongées sur sa valise et recouverte d’une couverture, la jeune fille arbore des yeux fatigués. Avec son copain, ils reviennent d’un match de football, qui se jouait à Lyon ce week-end. Dure, dure la troisième mi-temps…
Les photos de la galerie sont de Guillaume Painchault.






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