Seine Vallée Olympique : l’appel à Valérie Fourneyron

Un projet pour plonger la France dans le sport du troisième millénaire attend une impulsion de la Ministre des sports. Les autres pays avancent. Et ce serait une chance pour la région.

Pendant la durée de la campagne présidentielle, Alain Loret a cosigné avec Valérie Fourneyron plusieurs tribunes dans le journal Le Monde. C’est dire la proximité des idées entre l’actuel directeur de la Faculté des Sciences du Sport et de l’Education Physique de l’Université de Rouen et de celle qui est depuis devenue Ministre des Sports.

La déception du premier est donc à la hauteur des espoirs qu’il avait fondé, lorsqu’il écrit sur son site début novembre 2012 :

« depuis six mois, le sentiment prévaut que le ministère n’a pas pris le bon rythme des réformes pourtant indispensables. Il n’est pas dans le tempo des vraies urgences politiques. Que Madame la Ministre me permette de lui dire respectueusement que cela devient préoccupant. »

Le 25 novembre, Alain Loret va plus loin, et accuse la Ministre de commettre des fautes :

« Il y a 120 ans aujourd’hui, Pierre de Coubertin appelait à la rénovation des Jeux olympiques dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris. L’agenda de la ministre des sports ne fait pas état de la moindre commémoration. Pour un pays qui veut organiser les JO, ce n’est pas une erreur… c’est sans doute une faute. »

Un problème de rythme, des fautes. Contacté au téléphone Alain Loret précise à propos de Valérie Fourneyron : « nous ne sommes plus d’accord. »

C’est qu’Alain Loret a un projet, un grand projet, et qui l’occupe depuis plusieurs années déjà. Depuis suffisamment longtemps pour que Valérie Fourneyron l’ait partagé. Pas un projet farfelu, non, même un projet qui pourrait sauver économiquement la région une fois que les vieilles industries auront fermé les unes après les autres. Seulement voilà, pour que ce projet ait une chance, il ne faut pas traîner.

On l’aura compris, il s’agit d’un projet autour du sport, et il s’agit même de faire du sport le vecteur de développement de l’axe Seine de Paris au Havre. Il a d’ailleurs été présenté dans ce cadre, au cours l’Acte III du colloque Axe Seine qui s’est tenu le 22 novembre 2012. Il a d’ailleurs obtenu un prix du Département de Seine-Maritime pour ce projet, et l’agglomération d’Evreux serait très investie.. Mais pas encore le Ministère des Sports. Déception.

Mais de quoi s’agit-il ? Le document de présentation du projet Seine Vallée Olympique a été mis en ligne le 25 novembre 2012. Le jour du 120ème anniversaire du discours fondateur de l’olympisme par Pierre de Coubertin.

L’objectif est de mettre en place « un cluster scientifique, académique et industriel dont le but consistera à générer en Vallée de Seine (entre Paris, Rouen et Le Havre) les conditions d’émergence d’un « Réseau de valeurs industrielles » spécialisé dans le domaine de l’innovation technologique appliquée aux services, aux produits et aux équipements sportifs. »

L’idée est donc de créer une sorte de Silicon Valley du sport où universités, laboratoires, écoles, entreprises et start-up travailleraient ensemble à l’innovation tant dans le sport qui se pratique que dans celui qui se regarde.

Saugrenu ? Pas tant que ça. En mai 2012, le gouvernement australien a octroyé 225 000 $ à la création d’un cluster dédié à l’innovation technologique et à la création de start-up dans l’industrie du sport… Et l’on a appris, le 23 novembre 2012, qu’à Lausanne, où se trouve le Comité International Olympique, en Suisse, un projet similaire à celui d’Alain Loret était entrain de voir le jour. On peut lire à cette date, sur le site ArcInfos :

La Ville de Lausanne et le Canton de Vaud débourseront 250’000 francs chacun par an pour soutenir leur « Cluster du sport international ». La nouvelle structure mettra en réseau les fédérations internationales, la recherche, la formation et les entreprises liées au sport.

Le projet est très proche de Seine Vallée Olympique, mais a l’avantage d’être déjà lancé. Pour progresser, le projet français aurait besoin d’un soutien gouvernemental qui ne vient donc pas.

Et Alain Loret ne semble pas très optimiste : « je crains que les politiques locaux soient échaudés par les investissements sportifs après le projet du Kindarena qui est entrain de tourner à la catastrophe économique et politique : il faudrait que le SPO Rouen gagne pour qu’ils s’en sortent la tête haute. » Et ça ne semble pas être parti pour… « On se dit aujourd’hui que les 52 millions d’Euros dépensés là auraient pu l’être à autre chose. »

Et d’espérer que le gouvernement, et Valérie Fourneyron en particulier entendra son appel.  Le 5 décembre, la ministre des sports recevra un rapport d’audit sur les raisons qui ont fait échouer la France aussi souvent ces dernières années dans ses candidatures au Jeux Olympiques.

Sans doute saluer Pierre de Coubertin le 25 novembre 2012 aurait pu faire partie des signaux positifs à envoyer au Comité International Olympique, et sans doute, comme veux le croire Alain Loret, le projet Seine Vallée Olympique serait un signal fort de l’implication de la France dans le sport moderne. Sans doute, l’appui concret de Valérie Fourneyron au projet pourrait-il mettre la France dans la course. « Mais elle a d’autres préoccupations », se désole Alain Loret.

  • Alain Loret réalise depuis l’été 2012 un travail de veille et de curation sur les questions liées à l’innovation et à l’économie du sport sur le site Sport Web Intelligence

 

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