L’immeuble est un peu en retrait de la rue, au 78, rue des Bons Enfants. Un immeuble de briques, blanches et rouges, le même matériaux que les maisons bourgeoises de la fin du XIXème. Lorsqu’on lève le nez, on peut être choqué : au niveau du deuxième étage, une frise laisse voir ce qui pourrait être une croix gammée. A deux reprises dans le sens que les nazis lui choisirent, puis à deux reprises dans l’orientation inverse.
Anachronisme ? Pas vraiment. Non que les croix aient été ajoutées pendant la guerre : elles sont très vraisemblablement contemporaines de l’immeuble. On retrouve ce motif à de nombreuses occasions. C’est la svastika, un symbole qui vient d’Inde, et qui est des plus positifs. Pas de quoi s’alamer, donc.
L’anachronisme est ailleurs dans cette façade, au niveau du rez de chaussé où un encadrement de porte sans doute médiéval jouxte une devanture qui semble avoir quelques décennies, à l’allure de son rideau baissé tel qu’on n’en fait plus. Une façade de bric et de broc, entre deux immeubles à colombages, qui représente bien le mélange architectural d’une centre ville où s’empilent les époques.
[Ci dessous la première version du texte, qui provoqua une série de réactions plus ou moins virulentes en commentaire, et qu'on remplace donc par celle qui précède. Le titre était sans point d'interrogation. On s'explique à ce sujet plus bas, dans l'onglet commentaires Facebook, mais il nous a semblé intéressant de pousser l'exercice au bout et d'offrir une nouvelle version pour dire, en somme, la même chose.]
Rouen : une croix gammée sur la façade d’un immeuble
C’est en levant la tête rue des Bons Enfants qu’elle apparaît, à deux reprises, dans la décoration de façade d’un immeuble en brique. Il ne peut guère y avoir de doute : c’est bien d’une croix gammée qu’il s’agit. L’effet est pour le moins saisissant.
Sans doute, à y regarder de plus près, on peut penser que l’effet est involontaire. Voire même antérieur à l’utilisation du symbole par les nazis. Il faudrait pour cela vérifier la date de construction de l’immeuble. Mais, en détail, on voit bien qu’on ne pouvait avec quelques briques obtenir meilleure représentation de la svastika.
A noter, bien qu’on ne la voit pas sur la photo, la porte de l’immeuble, en pierre de taille, bien plus médiévale que la façade. Un élément de bric et de broc, entre immeubles à colombages dont l’histoire reste sans doute pour une grande part à écrire.


La croix gammée était un motif décoratif très à la mode au début du XXe siècle. Tous les volumes de la collection de livres Nelson en sont ornés.
Les exemples d’utilisation en architecture sont nombreux… On peut même parfois l’apercevoir dans d’antiques pans de bois, à la place des croix de Saint-André (simples ou doubles). Il y a une belle maison de ce type rue Joséphine à Évreux.
Bref, rien à voir avec les nazis ici ; Sébastien Bailly gagne un point Godwin.
On n’écrit rien d’autre : « à y regarder de plus près, on peut penser que l’effet est involontaire. Voire même antérieur à l’utilisation du symbole par les nazis ».