Rouen, bientôt sur la vague autopartage

Courant 2013, des voitures, un peu comme les Cy’clic, seront à disposition des Rouennais. Un bon moyen d’alléger le trafic et les émissions de dioxyde de carbone. Mais à usage exceptionnel. 

« Un transport confortable, économiquement viable et respectueux de l’homme et de l’environnement ». Telle est la devise de Patrick Lepage, président et fondateur du cabinet d’étude Urb&Co. C’est pour ça qu’il y a trois ans, le cabinet a décidé de promouvoir Facil’Auto, une association qui, moyennant quelques deniers met à disposition des usagers, des voitures en libre service. « Le projet sera mis en place en septembre 2013″, espère Mathieu Maréchal, responsable du projet au cabinet.

Ce projet, ça fait trois ans qu’ils en parlent. Patrick Lepage est un ancien de la Crea, qu’il a quitté il y a trois ans. Au sein de l’Agglomération, il avait eu l’occasion de réaliser un diagnostic du Plan de déplacements urbains (PDU). « Je me suis rendu compte qu’il y avait des projets d’urbanisme mais pas de plans de service de mobilité« , se rappelle-t-il. Aussi, l’un de ses touts premiers projets aura été une conciergerie pour la zone d’activité de la Vatine à Mont-Saint-Aignan. Les employés des trois-cent entreprises peuvent, par exemple, avoir accès à un service de pressing. « Ce n’est plus vous qui allez au pressing mais le pressing qui vient à vous », plaisante Patrick Lepage en imaginant un slogan.

Cette fois, plutôt que de limiter le déplacement, on essaie de limiter la propriété d’un véhicule. Le principe : l’auto-partage. A terme, trente voitures seront mises à disposition. L’usager ne signe un contrat qu’une seule fois. Bien différent des services de locations de voitures habituels. « Le client n’utilisera notre service que très rarement », explique Patrick Lepage. Un service donc qui conviendra aux personnes qui vivent en ville et n’ont pas de voiture. Il suffit d’adhérer à l’association et d’obtenir un badge électronique. Lorsqu’on en a besoin, on réserve sa voiture par téléphone ou sur Internet, à la station et à l’heure qui nous conviennent. Il suffira ensuite de présenter le badge à l’avant du véhicule, de vérifier que celui-ci est en bon état, puis de le confirmer sur un boitier rangé dans la boite à gants, avant de prendre la route tranquillement. Le tout sera, de le déposer à la station de départ après usage. La facture arrive ensuite à la fin du mois. Compter 21€35 pour un aller-retour depuis le centre de Rouen jusqu’à Tourville-la-Rivière et trois heures passées sur place. Un service qui vaut donc le coup pour les personnes roulant « moins de 10 000 kilomètres par an », précise Julien Besnard, responsable de l’auto-partage à Cergy (95). Le service y existe depuis un an. Ils y comptent six voitures, et 68 conducteurs. « Une utilisation exceptionnelle », pas d’ajouter des voitures au trafic.

Julien Besnard teste le boitier d’une des futures Facil’Auto.

L’intérêt ? Economiser l’entretien d’une voiture, les pleins d’essence et limiter les émissions de dioxyde de carbone. « Les émissions de dioxyde de carbone sont divisées par deux, par rapport à une voiture particulière. Ce sont quatre tonnes et demi par voiture et par an », argumente Patrick Lepage. Un bon moyen aussi pour alléger le trafic en ville. « Pour une voiture en auto-partage, nous en évitons sept dans le trafic », explique Julien Besnard.

Question écologie, l’un des fers de lance de Facil’Auto, quelques-unes seront électriques. L’une des conditions de la Crea pour pouvoir accorder le label auto-partage au service. Le problème restera le temps de recharge et l’autonomie. Des contraintes trop lourdes pour un service qui doit tourner régulièrement pour être rentable. Sans compter que recharger une voiture électrique monopolise « l’équivalent d’un pâté de maison en électricité », résume Julien Besnard.

D’ici 2016, le service qui existe déjà dans quatorze villes de France, devrait s’étendre à toute la Haute-Normandie.

Recevez toute l'actualité par email

Recevez quotidiennement ou presque le meilleur des articles de
Grand-Rouen directement dans votre boite mail.

Commentez sur Grand-Rouen

Une réflexion au sujet de « Rouen, bientôt sur la vague autopartage »

  1. Une bonne idée, voir à l’usage sa pertinence!
    Habitant les Hauts-de-Rouen( Sapins-Vallon suisse) utilisateur abonné et régulier des transports en commun, pour certains déplacements, l’usage d’un véhicule s’avère nécessaire. Je pourrai être intéressé…

Laisser un commentaire