Roller Derby Rouen : la hargne des Spiders’ Black Widows

Les Spiders’ Black Widows affronteront les 16 et 17 février 2013, dans la salle de la MJC Rive-Gauche, les Switchblade roller girls de Lille, les Centrifugeuses du Centre et les Caennaises Leopard Avengers. Nous avons rencontré les joueuses rouennaises dimanche 10 février, lors de l’un des derniers entraînements avant le tournoi. 

spiders10Poison Sevy, Lil’Tiger, Riot Glitter, Queen of Sin ou encore Chuck Lorris. Elles ont des noms de catcheuses. Et l’analogie est facile quand on voit leur hargne, leurs look rock’n'roll, leur côté girl power et leurs physiques sportifs. Ce sont les Spiders’ Black Widows du Roller Derby club de Rouen. Une discipline sportive essentiellement réservée aux filles un peu anti-conformistes. « Les garçons ont essayé de s’y mettre mais c’est beaucoup moins sexy », explique Leslie, 35 ans, alias Lil’Tiger.

Il faut dire que l’accoutrement sportwear n’est pas de rigueur dans la discipline. Evidemment, elles portent casques, protège-dents, coudes, poignets et genoux. Mais pour détourner l’attention du spectateur, elles n’hésitent pas à porter collants en nylon, résilles, hauts aguicheurs et shorts courts.

Pour jouer au roller derby ? Il faut tout d’abord deux équipes de cinq filles. Chaque équipe est composée d’une jammeuse, au casque étoilé, et de quatre bloqueuses. Les deux équipes formées en pack (en français, meute) roulent autour du terrain ovale. Le but de la jammeuse est de réussir à dépasser les bloqueuses de l’équipe adverse. Evidemment, celles-ci, à grand renfort de coups de hanches et d’épaules, se font une joie de la déstabiliser ou de la faire tomber. Attention, les coups de coudes sont interdits, sous peine de finir en prison pendant une minute et de pénaliser son équipe.

Les chutes, c’est là qu’on tombe sur la dimension spectaculaire du jeu. Des filles en short et résilles qui se bastonnent et provoquent des chutes parfois spectaculaires. « Sur la piste, on a nos propres identités de tueuses, nos noms de scènes. Il y a celles qui maîtrisent et font de très beaux gestes et celles qui tombent salement. C’est de la bonne castagne tout de même », explique Leslie. Le tout fait partie du spectacle. Séverine, 37 ans, photographe mais Poison Sevy sur la piste, ne dira pas le contraire. Il y a quelques mois, elle a eu le droit à une double fracture ouverte tibia et péronnet. Et elle n’est pas la seule. Ici, on arrête l’entrainement suite à une élongation, là une entorse du genou ou à la cheville. Rien de bien grave, selon elles. Les blessées trépignent d’ailleurs d’impatience sur le bord de la piste. « Une joueuse doit être endurante, tenir les chocs et user de stratégie », nous explique Kiki, 21 ans, étudiante aux Beaux-Arts de Rouen.

Elles le disent elles-mêmes une joueuse de roller derby n’est pas une chochotte. Laurie, 25 ans, est technicienne de laboratoire. Elle s’est essayée au football, mais « c’était trop technique ». Celle qui n’aimait pas « les sports de filles » a découvert le film Bliss de Drew Barrymore. Le film retrace l’histoire d’une jeune fille qui préfère le roller derby aux concours de beauté. Un long-métrage qui aura contribué à la démocratisation du sport en France. Il existe en 2013 plus de vingt-cinq clubs en France. Tous ne sont pas affiliés à la fédération américaine de roller derby.  Inscrite au club rouennais depuis septembre 2012, lorsqu’elle est à roulettes, Laurie devient Chuck Lorris.

Alexia, 24 ans, thanatopracteur, et Maman Brigitte sur la piste, a commencé le derby en avril 2012. Elle se rappelle d’une réflexion de sa mère à ce moment là : « Mais c’est un sport de lesbienne ? » Le roller derby, c’est un sport d’équipe, mais pour des filles qui ont « la hargne, du caractère, du tempérament ».  Mais c’est aussi un sport qui implique de la solidarité entre les joueuses et une grande disponibilité.

Le roller derby demande aux filles un peu d’abnégation. Elles s’entraînent les lundi et vendredi soir et une fois toutes les deux semaines le dimanche. Pendant l’entrainement, on travaille sa vitesse, sa stabilité lors des chocs, ses chutes et ses rapports avec le pack. Des entraînements pendant lesquels, elles retiennent leur violence : « on a un peu plus de mal à faire mal à nos copines », commente Leslie.

Avant le tournoi de ce week-end du 16 février, les Spdiers’ Black Widows n’ont plus qu’un entrainement. Une cession qu’elles ne voueront peut-être qu’à la stratégie et aux étirements. Histoire de ne pas former une équipe de jambes-cassées.

  • L’équipe des Spiders’ Black Widows
  • Cinq euros la place pour le tournoi du 16 et 17 février 2013, à la MJC Rive Gauche. Les places sont disponibles en prévente auprès d’Alexia des Spiders’ Black Widows. L’adresse du compte Paypal : aj.sf@orange.fr

Les photos sont de Guillaume Painchault. 

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