Les avis des spécialistes étant rendus publics, on peut se poser la question de l’avenir du projet Espace Monet-Cathédrale. Dans sa note, l’archtecte en chef des Monuments Historiques pointe du doigt les raisons de l’échec du projet actuel :
"il apparait que les difficultés rencontrées, avant de relever de problèmes d’architecture ou de maîtrise d’oeuvre, découlent danss un premier lieu de la nature même de la commande formulée par le client.
Celle-ci a en effet visé, dès l’origine, à considérer les contraintes de hauteur maximale définies au règlement du secteur sauvegardé comme des "droits à construire" et à saturer en conséquence le volume capable en résultant, pour assurer une rentabilité maximale de l’investissement, le rôle dévolu à l’architecte se réduisant quant à lui au seul "carrossage" de ce volume capable et le débat sur l’esthétique des façades venant alors masquer le débat réel, à savoir celui sur l’excessive densité du projet."
Si le projet est raté, ce serait donc à cause d’une recherche de rentaibilité maximale : il faut vendre, donc construire, le maximum de mètres carrés d’appartements possible.
Où en et-on aujourd’hui ? Yvon Robert a envoyé le 27 juin 2006 une lettre au maire de Rouen. Un recours gracieux relatif au permis de construire. En clair, il demande au maire, au vue du dossier, de revenir sur sa décision d’accorder le permis de construire. Pierre Albertini devrait répondre à cette lettre dans la semaine qui vient. C’est du moins ce qu’il a annoncé lors d’une conférence de presse mercredi 5 juin.
Difficile de penser que le maire acceptera de revenir sur sa décision. Une fois sa lettre envoyée, Yvon Robert aura deux mois pour déposer un recours devant le Tribunal Administratif. Les probabilités que ce recours aboûtisse à une suspension du permis de construire sont réelles : le Ministre de la Culture n’a pas suivi les avis des spécialistes, alors qu’il le fait de coutume. Cela c’était produit une seule fois, comme le rappelle Yvon Robert dans sa lettre à Pierre Albertini :
"Le contexte est à rapprocher de celui du permis de construire du stade de Lille qui avait reçu un avis défavorable, le 2 septembre 2002, de la Commission supérieur. Comme dans le cas présent, le ministre n’avait pas respecté cet avis et avait pris une décision favorable à un projet modifié [...]. Suite à des recours, la Cour administrative d’Appel de Douai a annulé le permis de construire et son modificatif pour l’extension du stade Grimonprez-Joris. Cette annulation a été confirmée par le Conseil d’Etat dans un arrêt du 28 décembre 2005."
La procédure lancée a toutes les chances de pousser, quoi qu’il arrive, le promoteur à se retirer d’une façon ou d’une autre du projet. On se retrouvera donc avec un permis de démollir valable, mais plus de projet. Une situation guère satisfaisante. Dans une conférence de presse de jeudi 6 juin 2006, Valérie Fourneyron a tracé les grandes lignes de ce que pourrait alors être la méthode pour continuer à avancer : il faudrait commencer par négocier avec le propriétaire actuel du Palais des Congrès pour que la ville récupère le bâtiment puis arrêter un cahier des charges précis, qui comprendrait la mise en valeur de l’Hôtel Romé, la possibilité d’un volume moins important et une circulation plus lisible entre la rue Saint-Romain et la rue du Gros-Horloge afin de lancer un concours d’architecte digne de ce nom où l’on ferait jouer la concurrence. Bref que la ville impose sa vision, plutôt que les promoteurs leur souci de rentabilité.
Wahou trois Post de suite sur le même sujet… décidément le palais des congrès fait couler de l’encre…
A raison d’ailleurs. A la lecture de tes trois POST, on peut s’interroger clairement sur la compétence, ou l’incompétence (c’est selon) des élus municipaux, mais aussi des servives de la Mairie et notamment du DGS, du DIRCAB…
Aucune anticipation, aucune négociation, aucune rencontre avec les services concernés. Pourquoi s’entêter ainsi, pourquoi vouloir à tout prix mener un projet que n’importe qui d’un peu averti, aurait considéré comme mort-né.
La rentabilité? Peut être. Mais aussi et surtout l’aveuglement d’une équipe municipale incapable de s’ouvrir sur les autres.
Quelques concessions de la part de la MAirie aurair sans doute permis d’avancer… là on est clairement bloqué.
N’hésitez pas à mettre l’affaire devant les juges. La loi est là pour être respecté. A Troyes le projet d’extension du Conseil général vient d’être “suspendu” par le TA de l’aube en référé.
Là aussi les élus choisirent de ne pas respecter le « plan de sauvegarde et de mise en valeur » de la ville de Troyes et l’architecte des bâtiments de France avait émis un avis favorable… La situation était plus difficile que la vôtre mais nous sommes en passe de gagner.
Voir le site de l’association créée à ce propos http://arpehd.free.fr/actualites.php3
Que de silences face à ces infos sur l’espace Monet-cathédrale ! Certains bloggeurs penauds ? d’autres abasourdis ? Pas indifférents, j’espère ??
je crois surtout Sessyl que les vacances ont démarré pour beaucoup d’entre nous. Et pour ma part, je pense que nous avons beau crier, hurler, ce projet se fera. D’où les limites de la démocratie. En 2008, les urnes trancheront. Enfin j’espère.