Médiathèque de Rouen et communication

De 30 000 jusqu’à 200 000 Euros… C’est le montant que pourrait coûter l’élaboration et la mise en oeuvre d’une stratégie de communication pour l’accompagnement du chantier de la médiathèque de Rouen de 2006 à 2009. C’est en tout cas ce qu’indique l’avis public d’appel à la concurrence disponible sur le site de la ville de Rouen, et promu par une petite annonce dans la magazine Stratégies du 12 octobre 2006.
Rien d’étonnant, pour un chantier d’importance, de faire appel à une agence de communication pour la mise en oeuvre d’une stratégie : réalisation de document, aide à la rédaction, etc.
Il est plus inhabituel de demander à l’extérieur l’élaboration de cette stratégie. D’autant qu’il ne s’agit que le l’accompagnement du chantier. Un volet du projet qui ne concerne a priori que les riverains, à moins qu’on en fasse un enjeu politique qui va bien au-delà du simple suivi du chantier, ou que l’on ne sache plus, en interne, comment se sortir d’un guêpier sur lequel toute communication devient périlleuse…
Tout laisse à penser, en tout cas, que les Rouennais auront droit, pendant des mois, à une communication massive pour ce projet. Pour 200 000 Euros, on en fait des choses… On achète, par exemple, 13 333 livres à 15 Euros… Ca peut être utile, dans une médiathèque, non ?

Bonjour,
Je me rends compte que l’adresse que je vous ai donnée dans mon précédent message, concernant une étude sur les blogs citoyens, comporte une erreur. Voici la bonne adresse : Laurent.Beaumont@bvra.e.u-grenoble3.fr
Cordialement,
20 octobre 2006 à 8:55
Je ne suis pas vraiment surpris de cette initiative.
Il y a maintenant nécessité de préparer les habitants à se servir de cet outil, il est vrai, situé en un lieu paraissant contradictoire avec l’accueil d’un public nombreux.
Pour ce qui est du coût, il faut être spécialiste pour savoir si le budget est excessif ou non.
Par exemple, quel a été le coût de la campagne d’agglomération, qui a consisté à faire travailler les stagiaires de Séguéla, pour aboutir à l’image d’une ville bordélique et polluée ??
A noter la bonne intervention de Guillaume Grima lors du dernier Conseil Municipal sur le thème communication : il avait expliqué que l’une des erreurs majeures du Maire résidait dans l’absence de validation du projet par les habitants, par manque de démocratie participative, ce qui n’a pas permis à M. Albertini d’avoir la légitimité suffisante face aux co-financeurs.
On n’en est plus là aujourd’hui, mais espérons que cette démonstration porte, un jour, ses fruits.
20 octobre 2006 à 10:23
Un bon marché public pour Sébastien, Pro de la com, qui lui permettra de payer un coup à tout le monde pour le deuxième anniversaire du Rouennais.
20 octobre 2006 à 10:38
inachis lo> les stagiaires de Séguéla n’ont jamais travaillé pour la campagne de l’agglomération. tu devrais relire tes anciens numéros de Paris-Normandie !!!
20 octobre 2006 à 11:38
le budget de la campagne en question de la car était de 600000 euros (hé oui… pour une image de ville bordélique et après un joli jeu de dupe du maître vieillissant séguéla qui, rappelons le, n’a pas signé cette campagne mais était venu a rouen pour apparemment amuser la galerie des vieux machins de la cci). 200000 euros sur 3 ou 4 ans, c’est plutot modeste. mais si tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faille communiquer, qui est prêt a parier que nous n’aurions pas eu ce post si la médiathèque n’avait pas été là où elle sera mais plutôt là où la voulait valérie et yvon ? … ha mon bon sébastien, on ne te changera pas, en tant que bloggueur militant qui le dit pas…
Sur ce sujet, la fin de ton commentaire est amusante “ou que l’on ne sache plus, en interne, comment se sortir d’un guêpier sur lequel toute communication devient périlleuse…” qu’en est il de la communication du conseil général et du conseil régional et du son élue culture sur sa politique culturelle et sa non participation ?
enfin, je trouve ton argument sur le nombre de bouquin limite populiste et démago dans l’approche. combien de bouqins avec la campagne à la con de la car ou avec l’augmentation budgétaire d’automne en normandie ou avec l’augmentation du budget comm du département ou avec le coup manqué du musée des antiquités place de la pucelle ?
20 octobre 2006 à 17:21
exxon -> ne le prends pas si mal, exxon… J’utilisais simplement l’expression “stagiaires” pour imager le fait que d’autres campagnes ont certainement coûté cher, et que celle-ci en particulier n’était visiblement pas de grande qualité. Et je suis certain que M. Séguéla n’a pas travaillé dessus, tout juste a t’il donné un avis ou encouragé ses collaborateurs.
D’autre part, je n’archive pas mes Paris Normandie, qui jusqu’il y a peu n’en valaient pas la peine.
Par contre j’ai hâte de lire tes citations…
Sur la forme du sujet, qu’attaque allègrement (rien à voir avec Claude) “jacques séguéla” (!?!!), c’est vrai que je ne perçois pas bien si c’est le principe de faire de la communication, son coût, ou le projet lui-même, qui fait l’objet de l’ironie de Sébastien Bailly.
Si c’est le premier choix il se tire une balle dans le pied, si c’est le second j’y ai répondu dans mon premier post, si c’est le troisième alors il commence à radotter sans vouloir l’avouer.
jacques séguéla pense, lui, que l’auteur cherche à faire du dénigrement systématique à des fins politiques, quitte à utiliser un argument bancale. Mais alors au vu de son positionnement affiché, très libre et honnête, cela reviendrait à renier ses convictions…
Sans doute Sébastien Bailly peut-il nous éclairer sur le sujet ?
20 octobre 2006 à 18:11
Je me répète, je sais, mais la question est tout de même importante. Hors toute approche partisane, beaucoup de Rouennais auraient besoin ACTUELLEMENT d’une bibliothèque centrale où ils puissent emprunter les livres dont ils ont besoin, en particulier pour leurs travaux intellectuels. Un peu de l’énergie et de l’argent publics ne pourraient-ils donc être consacrés à la réouverture de Villon ? La communication sur le futur, c’est bien ; mais le fonctionnement dans le présent des services publics, c’est vraiment nécessaire aussi !!! L’avenir d’une superbe médiathèque dans plusieurs années ne compense pas l’ACTUELLE défaillance en matière de consultation et de prêt publics. Encore une fois les fonds des autres bibliothèques rouennaises, même tous additionnés, n’atteignent pas, et de loin, la riche somme d’ouvrages possédés par Villon. Or ce “gel”, intellectuellement mortifère, dure déjà depuis 4 ans…Je garde toutefois confiance dans la capacité des responsables politiques rouennais à trouver une solution sur ce sujet, même si - je l’avoue - j’éprouve des moments ponctuels de découragement quand on parle toujours de l’avenir de la médiathèque, sans évoquer le présent préoccupant, un présent “qui dure”. Positivons quand même, espérons que les gens de bonne foi seront écoutés sur ce sujet…
20 octobre 2006 à 18:13
Deux choses me semblent dignes d’être rapportées :
1° la mairie envisage de confier la stratégie de communication autour du suivi d’un chantier à l’extérieur : c’est assez rare pour être souligné.
2° la mairie est prête à débourser 200 000 Euros pour cette communication. Si l’on rapporte cela aux 600 000 Euros de la campagne de l’Agglo (chiffre non vérifié), cela voudrait dire que, sur un simple équipement la mairie est prête à engager le tiers du budget consacré par l’Agglo à une campagne d’image de grande envergure (dont je conçois qu’on puisse contester l’intérêt ou la qualité). C’est colossal lorsqu’il s’agit d’un simple suivi de chantier.
Et c’est bien parce que c’est colossal que j’use d’une image pour que l’on se représente bien ce montant : l’équivalent de 13 333 livres à 15 euros. On pourrait calculer aussi que cela aurait permis de laisser la bibliothèque Villon ouverte un long moment au lieu de la fermer.
Pour ce qui est du procès d’intention, il a lieu à chaque fois que Le Rouennais expose des faits qui ne placent pas la mairie sous son meilleur jour. Je serais tenté de dire qu’on ne peut pas en vouloir aux militants de la majorité municipale d’user, jusqu’à la corde, (de) ce procédé lorsqu’il n’y a pas grand chose à dire sur les faits.
20 octobre 2006 à 22:40
de la part d’un ancien dircom , cette info est étonnante. Vous remettez en cause le bien fondé de votre propre métier? n’avez vous jamais dépensé un centime en com? et redistribuez vous aux “pauvres” les subsides de la pub que vous vendez vous même?
j’espère aussi que ceux qui se plaignent de la fermeture de Villon savent au moins pourquoi le service est réduit. Parce que la collection de Villon est organisée comme au 19ème siécle. Les livres étaient classés par format (les grands, les moyens, les petits)et par date d’arrivée!!pas facile de s’y retrouver au milieu de plusieurs centaines de milliers d’ouvrages. C’est évident, quand on sait cela, qu’il faut plusieurs années pour tout reprendre, classer par thème, référencer, informatiser…
Messieurs qui causaient beaucoup, renseignez vous comme il faut !
21 octobre 2006 à 10:57
Ne mélangeons pas les choux et les carottes. Une campagne de la Car de 600 000 euros (?) de quelques semaines avec achat d’espace notamment sur Paris, cela n’a pas grand-chose à voir avec le budget envisagé par la Ville sur plusieurs années pour la médiathèque. Cela n’a même aucun rapport à mes yeux si je peux apporter un regard de communiquant… ;-)
Comparer les deux est un peu tiré par les cheveux même si cela peut éclairer sur la “valeur” du montant du budget prévu par la ville. Pour apporter une autre information, le dossier de la ville va bien au-delà du simple suivi de chantier incluant également l’accompagnement de la recherche du nom, la recherche du logo, la sensibilisation des publics au-delà du quartier, avec ce que cela sous entend de réunions, expos, etc.
Mon avis de communiquant (encore une fois, j’interviens sans parti pris en tant que professionnel et je sais pertinemment que le terrain est très glissant par ici… ;-) est qu’il est plutôt appréciable qu’une collectivité confie à l’externe ce type de prestation pour un budget me semble t-il très mesuré. C’est l’occasion de regards neufs sur le dossier et met la collectivité dans une position de choix et d’arbitrage de scénario, ce qui me semble être son rôle. La communication d’une collectivité ne doit pas faire un travail d’agence mais doit savoir faire travailler ces dernières.
Un avis forcément subjectif de professionnels… ;-)
Pour enrichir le débats des polémiqueux, on pourrait comparer ce que s’apprête à faire la ville a ce que fera inévitablement la Car pour son futur Palais des sports, la Région pour la cité des métiers, etc. On pourrait même rechercher des exemples dans le passé. Ne mettons pas de la politique partout. Même si ce dossier (communication) peut apparaître propice à dérapage propagandiste, je peux vous dire, après l’avoir lu, qu’il est très plutôt “technicien” dans l’approche.
21 octobre 2006 à 11:06
il y a “depenser” en comm’, et claquer du fric pour rien en comm’ … un simple depliant a4 dans toutes les boites aux lettres de Rouen (allez soyons fou) … soit 100 000 exemplaires (la comm’ d’aujourd’hui = beaucoup d’images, de graphisme et peu de texte …) ca revient allez … a 12 000 euros en impression. Soyons fou egalement concernant le cout de la strategie, du logotage et tout … 80 000 euros … on arrive à 92 000 euros … avec une communication “directe dans la boite” … rajoutons le cout d’envoi par courrier (car en version prospectus, les gens ne lisent pas) + un site Internet promotionnel (20 000 euros) … on arrive à moins de 150 000 euros. Ou va le reste ? Enfin quand on voit combien a couté le logo hideux de la mairie …
21 octobre 2006 à 11:09
Franck> Merci pour ton point de vue pro. Tu as raison lorsque tu parles de choux et de carottes.
Je n’ai pas eu accès au dossier technique, d’où ma surprise pour ce qui n’est présenté que comme de la communication de suivi de chantier dans les documents accessibles à tous.
Il n’en reste pas moins que 200 000 Euros, c’est plus que le budget de communication annuel d’une ville comme Canteleu, 16 000 habitants : loin d’être négligeable.
Quand à la validité du choix de confier la stratégie à une agence, elle ne se justifie pas de mon point de vue pour une communication de suivi de chantier. Si cela va, comme tu le dis, bien au delà, dont acte, cela peut avoir un sens.
21 octobre 2006 à 11:23
sans parler communication, je viens de tomber par hasard sur l’émission CHIC sur Arte, consacrée aujourd’hui à des bibliothèques en Allemagne. Les vidéos ne sont pas encore sur le site arte-tv.com, mais je vais y aller il y a des idées séduisantes, innovantes, osées !
21 octobre 2006 à 15:20
Citation de Jeanne ”
j’espère aussi que ceux qui se plaignent de la fermeture de Villon savent au moins pourquoi le service est réduit. Parce que la collection de Villon est organisée comme au 19ème siécle. Les livres étaient classés par format (les grands, les moyens, les petits)et par date d’arrivée!!pas facile de s’y retrouver au milieu de plusieurs centaines de milliers d’ouvrages. C’est évident, quand on sait cela, qu’il faut plusieurs années pour tout reprendre, classer par thème, référencer, informatiser…
Messieurs qui causaient beaucoup, renseignez vous comme il faut !”
En attendant, d’autres bibliothèques tout aussi importantes ont su informatiser et reclasser leur collection sans pour autant fermer … Ceux qui ont l’air de trouver ça normal que la BM soit fermée sont bien entendu ceux qui n’ont pas un réel besoin de s’y rendre. Il ne faut pas exagérer quand même, ça fait TROP longtemps qu’elle est fermée ! C’est génial quand on fait de la recherche : soit on doit aller à perpète pour consulter des livres, soit on doit acheter … Dans tous les cas tous le monde n’a pas les moyens.
21 octobre 2006 à 17:54
Pour Jeanne : 8 ans minimum à quasi temps plein pour le - certes lourd - travail que vous évoquez ? ? Qui peut croire cela ???? (à moins qu’on n’y ait affecté pratiquement aucun moyen humain et financier).
De plus, le temps en question, au départ c’était 4 ans, maintenant 8 ans ou 9 ans. Autrement dit, la fermeture de Villon a été décidée pour un temps en réalité indéterminé (= celui qui sera nécessaire à l’ouverture de la nouvelle médiathèque), et non en fonction de l’évaluation précise du temps que prendraient classement, référencement et informatisation.
Parmi les bloggeurs, il y en a un certain nombre qui ont fréquenté ou fréquentent les bibliothèques publiques. Toutes, en France, ils le savent et l’ont même constaté, ont été confrontées à la nécessité de s’informatiser, de reclasser, référencer, etc. Certaines s’y sont prises plus tard, mieux ou moins bien que d’autres. Je pose une seule question, à propos de laquelle j’aimerais avoir une réponse précise de la part de ceux qui nous expliquent, d’un ton même parfois hautain ou condescendant, que fermer est nécessaire quand on trie et informatise.
Voici ma question : y a-t-il UNE SEULE - je dis bien une seule - bibliothèque en France (en particulier située dans une capitale régionale), qui ait consacré 8-9 ans à cette opération (laps de temps minimum apparemment envisagé pour l’instant), et ait parallèlement stoppé consultation et prêt ???
Je continue à espérer que les pouvoirs publics vont faire un geste pour débloquer cette situation vraiment très dommageable pour la vie culturelle. Je suis quasiment sûre, en tout cas je veux l’espérer, qu’ils y réfléchissent, même si ce n’est pas une opération facile à mener. Faire preuve de volontarisme en la matière serait à leur honneur, et constituerait une très bonne nouvelle pour beaucoup d’étudiants rouennais, entre autres.
Cela n’empêcherait pas d’apprécier dans le futur le bel équipement que sera la médiathèque (mais visiblement dans un futur assez lointain ; et c’est MAINTENANTt que les chercheurs travaillent, ou voudraient pouvoir travailler).
22 octobre 2006 à 18:37
Rod > Le montant de 200 000 € est le montant maximal autorisé dans les offres (30 000 € étant le montant minimal).
De plus, la pondération d’analyse des offres place le prix à hauteur de 50 % de la note finale, ce qui est assez important pour une prestation intellectuelle.
Et, comme l’a dit Franck, le travail durera 3 ans, ce qui relativise encore le montant engagé.
Sébastien, j’ai beaucoup de plaisir à te lire. Attention quand même à ne pas chercher à faire feu de tout bois, et de veiller à ce que tes récriminations soient justifiées.
Au risque de dévaloriser ton positionnement, ainsi que tes réflexions les plus pertinentes.
Enfin, je suis d’accord avec Sessyl, le dossier de la fermeture “temporaire” de la bibliothèque pour les chercheurs et le public a certainement été mal géré, quelle qu’en soit la raison.
22 octobre 2006 à 19:13
Suite de mes recherches à propos des bibliothèques en Allemagne, j’ai fini par trouver les dates de rediffusion de l’émission que j’ai vue samedi.
Donc pour ceux que ça intéresse :
mercredi, 25 octobre 2006 à 08:35
Rediffusions :
25.10.2006 à 14:25
Chic
(France, Allemagne, 2006, 26mn)
Présenté par Eglantine Eméyé
Rencontre avec le couple d’architectes Dominique Jacob et Brendan Macfarlane ; les bibliothèques du futur en Allemagne ; petite histoire du tam-tam ; visite des bâtiments modulaires de l’architecte danois Jorn Utzon en compagnie de sa fille plasticienne Lin.
23 octobre 2006 à 16:48