Voilà le début du rapport présenté par Laure Leforestier lors du Conseil Municipal du 9 février 2007 à Rouen. Et l’on comprend d’un coup tout l’importance de mettre en place un plan lumière à Rouen.
Le regard nocturne revêt une importance croissante dans la perception de l’image d’une ville. Ainsi, la durée de la nuit varie entre 7 heures l’été et 16 heures en hiver, soit les 2/3 de la journée. Organisé de façon systématique, à partir de la fin du XVIIème siècle, l’éclairage public a évolué au gré de la technique : réverbères à huile, éclairage au gaz et apparition de l’électricité à partir de la fin du XIXème siècle. Au cours du XXème siècle, il s’est progressivement banalisé pour s’imposer comme l’une des composantes obligées de tout aménagement de l’espace public.
Un peu plus tard, on apprend que « la Ville a confié à la société NEOLIGHT l’élaboration d’un Schéma Directeur d’Aménagement Lumière (S.D.A.L.) applicable sur le territoire de la ville. La mission de la société est aujourd’hui achevée et les principes applicables définis. »
Neolight n’est pas une société inconnue à Rouen, on lui doit, notamment, l’illumination du Pont Corneille, celle du Gros-Horloge, ou encore celle à venir de la Tour des archives. Sans compter les inoubliables illuminations de Noël 2005.
Revenons au Schéma Directeur d’Aménagement Lumière de Rouen. Le document est daté de février 2006. Il était temps de le présenter en Conseil Municipal. D’autant qu’il a servi à choisir le prestataire du Partenariat Public Privé qui va le mettre en oeuvre pour 100 millions d’Euros sur 20 ans.
Le document, donc, fixe les choses pour les vingt ans qui viennent. Ce n’est pas rien. Et il est intéressant de se pencher en détail sur son contenu. Passons sur le début, qui remonte aux origines de Rouen, et à ce qui pouvait s’y passer en 1415. Sans nier l’importance de l’histoire, on peut se dire qu’une vingtaine de pages sur le sujet, c’est peut-être un peu excessif.
Pour le reste, la lecture faite par l’opposition permet d’aller directement où ça fait mal :
« Il est dit, page 23, que 70% des sources lumineuses sont du sodium haute pression et que 20% sont du “blanc blafard”. Et page 25, il est précisé que la moitié du parc est en sodium haute pression et que l’autre moitié est en blanc blafard. Comprenne qui pourra. Il est par ailleurs un peu étonnant de préconiser page 42 la suppression de tout le sodium haute pression, alors qu’il a été dit, page 23, que c’était utile pour la sécurité, la visibilité et que son rendement était bon.[...]
Tout cela n’empêche pas l’auteur de dire page 26 que l’éclairage public est trop puissant, que les luminaires sont peu performants, que le matériel n’est souvent pas adapté, que la moitié des sources disposent de faibles rendements, alors que, page 23, 70% avait un bon rendement… Mais l’auteur est content de lui, il n’hésite pas à qualifier son étude de “complète”. »
Grand-Rouen a pu se procurer ce document qui, rappelons-le, engage la ville pour 20 ans. Il est disponible, ici, en trois parties. Vous pourrez ainsi juger par vous-même.
Schéma Directeur d’Aménagement Lumière de Rouen partie 1
Schéma Directeur d’Aménagement Lumière de Rouen partie 2
Schéma Directeur d’Aménagement Lumière de Rouen partie 3
Pour en savoir plus : le rapport de Laure Leforestier, la lettre des élus du groupe socialiste, le site de la société Neo Light .
Je vais pas dire une honte. Mais presque. Depenser autant d’argent public en electricité … ca me fout les boules.
Enfin, le ville se dote d’un plan lumière. Ce n’est pas une honte, ni un gachi de l’argent public. Aujourd’hui les concepteurs lumières et les société d’éclairage utilisent des lampes qui consomment moins d’énergie. Moi je dis c’est beau une ville la nuit, et l’éclairage permet de voir ce que nous voyons pas en plein jour..*