Si la question de la réunification est passionnée, les deux Normandie travaillent actuellement sur les différents modes de relations possibles entre elles. Il est intéressant de noter quelles questions, concrêtes, elles se posent. Ce sont celles auxquelles elles ont demandé aux deux Conseils économique et social régionaux de réfléchir. Ces questions sont listées dans un communiqué commun des deux présidents de Région du 1er mars :
- En matière financière, il convient de disposer d’éléments précis quant aux conséquences d’une fusion en terme de recettes, de fiscalité, de dépenses de fonctionnement et sur les capacités d’investissement.
- En matière organisationnelle, quelles seraient les conséquences sur la structuration interne des deux collectivités, comment concilier rationalisation et mutualisation des services régionaux et la couverture du territoire alors même que l’intégration des personnels TOS conduit à une plus grande territorialisation des politiques régionales ?
- Concernant le choix de la capitale régionale, quelles conséquences résulteraient de ce choix (implantation immobilière et pour les personnels en poste actuellement, organisation administrative des services de l’Etat, impact économique pour les agglomérations concernées…) ? Le choix d’une solution multipolaire s’apparenterait en effet davantage à un non-choix résultant d’un manque de courage politique plutôt qu’à une analyse sérieuse en terme d’aménagement du territoire.
- En matière économique, quels seraient les effets de la fusion ? Quelle stratégie permettrait d’obtenir un effet démultiplicateur sur la croissance de l’économie et des entreprises.
Des études sont donc attendues sur tous ces sujets. Et aprés ?
les deux Présidents s’engagent à organiser un débat démocratique dans lequel chacun pourra disposer des éléments nécessaires pour appréhender la question d’un rapprochement entre les deux Régions. De cet éclairage indispensable se dégageront les hypothèses les plus pertinentes quant aux relations futures des deux exécutifs.
Dont acte.
S’il y avait un référendum demain, je voterai OUI sans aucune hésitation. Je pense que le partage entre Haute et Basse est un compromis politique d’une époque révolue.
Et pourtant je me demande au fond si les plus values d’une telle fusion sont aussi évidentes.
- la capitale :
Il est évident que le partage des rôles entre les trois villes avancé par certains est absurde. A contrario, une capitale unique semblerait plus efficace et plus logique. Mais serait-il possible d’obtenir dès lors le consensus nécessaire entre Hauts et Bas-Normands ? Les Rouennais ne manqueront pas de voter non si Caen est proposée, et inversement…
- l’efficacité :
On utilise souvent l’argument d’une meilleure efficacité grâce à la réunification. Cependant les actions engagées récemment par les deux Régions montrent qu’il est possible de travailler utilement ensemble. De plus, les synergies ne sont pas à rechercher seulement vers la Basse-Normandie, mais également la Picardie ou l’Ile-de-France qui par certains aspects sont plus proches de la Haute-Normandie que ne l’est la Basse-Normandie.
- comment situer cette fusion dans l’évolution de nos institutions locales ?
D’un côté, l’intérêt de Régions ayant un poids au niveau européen est indéniable. D’un autre, il me semble qu’il faut aussi réflechir à l’évolution de nos collectivités locales. La création des Agglos et des Régions devraient nous conduire à remettre en cause progressivement l’existence de certains échelons administratifs, le Département en particulier, et ce sans remettre en cause les compétences qu’il assure actuellement, qui sont essentielles, et pourraient être assurées à d’autres niveaux. Dès lors, des Régions à taille “humaine” (2-3 Départements) ne seraient pas non plus dénuées d’intérêt.