Ils seront nombreux, trop nombreux, les candidats au législatives sur les cinq cantons de l’agglomération de Rouen. Plus de 60, et seulement 5 élus, et leurs suppléants. Parmi eux, des petits nouveaux, beaucoup, dont Didier Polin, sur la première circonscription. Médecin, il déroule un CV qui n’est pas sans rappeler celui de Valérie Fourneyron. Professionnellement, au moins : responsable de la médecine du sport régionale, médecin de l’équipe de hockey. Ils ont travaillé ensemble, se connaissent bien. Mais Didier Polin se présente, lui, sous l’étiquette du Modem, et plus précisément sous celle du Centre pour la France. Et ce sont ses premiers pas en politique. Pour trois courtes semaines de campagne. Même pas le temps de se faire connaître de tous les électeurs.
La candidature peut paraître étrange ? Pourquoi se présenter en face de la Ministre des sports. D’autant que Didier Polin, en spécialiste, considère que Valérie Fourneyron est une des meilleures politiques sur le sujet ? Par conviction, dit-il. Parce qu’il n’est pas d’accord avec cette façon de faire de la politique. Parce qu’il souhaite s »opposer à un système qui permet de se présenter alors qu’on n’a pas l’intention de siéger, un système où on laisse sa place pour mieux la reprendre ensuite. Parce qu’il est sensible au discours de Bayrou sur la moralisation de la vie politique.
D’ailleurs, Didier Polin a un temps pensé se présenter sur la cinquième circonscription où il est né, avant de se décider pour la première, où il vit et travaille. Une décision qui prend également en compte l’accord électoral entre le Nouveau Centre et l’UMP, qui laisserait la place pour une proposition centriste « lisible ».
Un peu de naïveté ? L’homme a bourlingué, vu du pays, traversé des moments difficiles, dans l’humanitaire, notamment. Et il veut croire que si toutes les bonnes volontés républicaines voulaient bien se donner la main, une autre société serait possible… « Je veux rassembler des citoyens, pas des partis politiques », explique-t-il, jurant de ne pas se présenter contre Valérie Fourneyon, mais pour une autre vision des choses. « Les gens travaillent pour l’argent, se referment : on ne sait plus faire le lien entre nos actions et l’intérêt collectif. Pourtant, on est tous interdépendants. » Et d’ajouter qu’il faut prendre conscience que payer des impôts est une bonne chose, « à condition que ce ne soient pas toujours les mêmes qui payent ».
Côté stratégie de campagne, rien n’est vraiment calé. Une réunion à Déville, deux à Mont-Saint-Aignan, trois à Rouen. Un site internet, du porte-à-porte, des tracts. Ce sera court, intense, comme pour tous les candidats. Pas vraiment le temps de souffler.
Tout ça pour quoi, alors que François Hollande était largement en tête aux présidentielles sur la circonscription ? « Une élection ne fait pas l’autre, veut croire Didier Polin. On part sur une nouvelle donne ».
La question sans doute est aussi de savoir qui sera deuxième derrière Valérie Fourneyron. Et cela compte pour l’avenir de l’opposition à Rouen.

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