Pollution de l’eau de la Créa, les écolos tirent le signal d’alarme

Les élus écologistes s’alarment dans un communiqué du niveau de pollution de l’eau de la Créa. Selon leurs informations, les analyses de l’eau du captage de Fontaine sous Préaux seraient particulièrement inquiétantes. Mais sans danger pour la santé selon la Crea.

« Le captage de Fontaine sous Préaux a encore une fois distribué une eau polluée, chaque année plus chargée en chlortoluron (herbicide agricole), atteignant cet hiver un niveau record auquel s’ajoute maintenant l’isoproturon (autre herbicide épandu à l’automne sur les céréales d’hiver). Pour exemple les analyses de fin d’année au robinet ont dépassé de 10 fois la norme en vigueur pour le chlortoluron. Des données de teneur bien différentes des communications institutionnelles rassurantes, et une réalité que les rouennais ont goûté directement à leur robinet en décembre…

Cette répétition (trois hivers d’affilée) révèle une pratique de traitement agricole aux produits phyosanitaires dans le bassin d’alimentation du captage sans qu’aucune concertation ni restriction ne soient apparemment appliquées puisque l’histoire se répèteCela révèle aussi une atteinte immédiate du captage en cas de pluie (importante à cette période de l’année en Normandie). Or si l’eau de la CREA bénéficie de dérogations de l’Agence Régionale de Santé sur ces dépassements de normes, c’est sous condition de procéder à des corrections au plus vite. Combien de temps encore faudra-t-il pour agir ? »

[MAJ 17h05] La Crea répond dans un autre communiqué qu’il n’y a aucun risque pour la santé des habitants, que le problème est bien connu, que communication a été faite à ce sujet aux abonnés et que des actions sont en cours pour remédier au problème.

« A Fontaine-sous-Préaux, les concentrations ont dépassé le seuil de 0,1 mg/L qui est la normeFrançaise et Européenne pour tous les pesticides. Mais elles sont toujours restées trèsinférieures à la valeur guide de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui est considérée comme la valeur sanitaire sans effet sur la santé par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (30 mg/L). Ainsi, la qualité de l’eau distribuée n’a jamais présentée de risque pour la santé des habitants, quelques soient les consommateurs, des jeunes enfants aux femmes enceintes. »

Lire tout le communiqué des élus EELV

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4 réflexions au sujet de « Pollution de l’eau de la Créa, les écolos tirent le signal d’alarme »

  1. Bonjour,

    Je me permets de réagir à l’extrait du communiqué de presse de la CREA dont il est fait référence dans cet article

    Première observation de forme, la norme européenne n’est pas de 30 milli grammes mais de 30 micro grammes soit un écart d’échelle de 1 à 1000.

    Par ailleurs j’aimerais revenir sur le processus d’élaboration de cette norme.

    Initialement l’Europe poursuivait un objectif de zéro pesticide pour tenir compte de l’effet d’accumulation des pesticides dans les organismes.

    C’est pour ça que l’Europe avait retenu la norme de 0,1 µ g/L à l’image de ce qui a été retenu pour les OGM.

    En outre contrairement à d’autres produits qui contiennent des concentrations de pesticides (ex des légumes), il n’y a pas d’alternatives de substitution à l’eau du robinet, sauf à imposer aux usagers d’acheter de l’eau en bouteille (ce qui revient à instaurer le principe de la « victime payeur »).

    Comment est-on passé de la volonté initiale de l’Europe d’établir une norme de 0,1 micro g/L à 30 micro grammes par litre, soit 300 fois plus ?!

    Comme toujours, par le biais de l’intervention des lobbies qui ont fait plier les Etats et par conséquent l’Europe. Ils sont parvenus à faire acter une norme sans apporter la preuve de l’absence d’impact sur la santé de la consommation d’eau pendant de longues périodes, 20 ans par exemple, à ces niveaux de concentration. On a le même processus sur les OGM où les fabricants demandent de mettre ne service des OGM sans apporter la preuve que sur le long terme ils ne sont pas nocifs pour l’homme.

    Mais ce problème dépasse l’argument de la question de l’eau dans notre pays. De plus en plus d’acteurs de la santé lancent des signaux d’alertes sur le développement de phénomène épidémiologiques qu’ils soupçonnent liés aux différentes formes de pollutions (eau, air alimentation …) auquel notre environnement et nos organismes sont exposés.

    A chaque fois la réponse des autorités publiques est la même : le lien entre la pollution présumée et les troubles pour la santé publique ne sont pas prouvées.

    Nous revendiquons une approche différente, celle de l’application du principe de précaution, et du devoir d’alertes des citoyens. Prévenir, plutôt que guérir.

    Un seuil réglementaire fixé par les autorités de santé à été dépassé. Les concentrations mesurées sont dix fois supérieures à la norme réglementaire.

    De deux choses l’une soit notre réglementation est pertinente et il faut agir, soit il est prouvé que les concentrations sont effectivement sans danger pour la santé et il faut alors changer de réglementation.

    Cyrille Moreau
    Président du groupe des élu-es EELV de la CREA

  2. La question des normes en matière environnementale et sanitaire est en effet très importante. Leur élaboration mais aussi la vigilance laissent aujourd’hui grandement à désirer… sans parler des innombrables régimes dérogatoires accordées par les pouvoirs publics.

    Or ce qui est observer là au sujet de la qualité de l’eau est aussi valable pour l’air, des toxiques encore tolérés sans oublier bien évidemment la radioactivité.

    afin de prendre conscience de cette question, je vous invite à lire l’ouvrage de Jean-Philippe Desbordes publié par Actes Sud sur la genèse des normes sanitaires dans le domaine du nucléaire, Atomic Park.

    ce n’est qu’un exemple de ce que le mouvement écologiste condamne pour garantir à tous ce droit à présent constitutionnel de vivre dans un environnement sain.

  3. Ca devient coutumier dans la région rouennaise ces dépassements « douteux ». Je rappelle que le captage d’eau à Montville subit des dépassements en trichloéthylènes (entre autres). De mémoire, les normes canadiennes sont bien plus strictes que chez nous.
    La CREA est là aussi concernée, puisque 3 de ses communes sont alimentées par ce captage; les maires sont montés au créneau. Une subvention a été allouée pour financer des travaux…pour dans 3 ans. et pendant 3 ans, les usagers continuent d’utiliser une eau polluée, certes dans les normes acceptables pour une courte durée, mais polluée malgré tout.
    Je ne sais si le club des gouteurs d’eau se resservirat une franche rasade.
    Quand on sait qu’une facture d’eau est opaque au possible, que les délégants (les collectivités) doivent contrôler les comptes des délégataires (veolia, générale des eaux, etc), les usagers (et disons le, les abrutis de consommateurs) sont bien obligés de suivre.
    Au moins la CREA a, selon moi, raison de reprendre la gestion de l’eau en régie. Bref, long débat.
    Pour en revenir à la pollution de montville: http://haute-normandie.france3.fr/info/montville-pollution-de-l-eau-potable-68340881.html
    http://www.drakkaronline.com/article107730.html

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