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Elections municipales

Pourquoi Pierre Albertini peut gagner l’élection municipale

En mars 2008, Pierre Albertini va gagner les municipales et rempiler pour un deuxième mandat. Bien sûr, je peux me tromper, mais, à bien regarder ce qui se passe…

D’abord, Pierre Albertini n’a jamais perdu d’élection. C’est une machine à gagner les campagnes, et une machine bien huilée. Peu importait en 2001 qu’il habite alors Mont-Saint-Aignan, peu importait que sa candidature soit tardive : une fois lancé, rien ne l’a arrêté. Sa campagne a été excellente.

Mais depuis 2001, direz-vous : les choses ont bien changé. Il y aurait l’usure du pouvoir et un bilan difficile à défendre. Il y a, pire qu’un sondage, l’élection de Valérie Fourneyron à l’Assemble nationale avec plus de 55 % des voix. En ce mois de septembre 2007, Pierre Albertini doit représenter, à vue de nez, 45 ou 46 % des intentions de vote au second tour…

Justement ! En 2001, Yvon Robert carracolait en tête des sondages trois mois avant les élections. On le voyait royalement réélu avec 54 % des voix trois mois avant le scrutin. La réalité a quelque peu gommé cet enthousiasme.

Pierre Albertini est entrain de réussir le tour de force de se placer en position de challenger alors qu’il est le maire sortant. D’après certains témoignages, il n’hésiterait pas à dire, lors de réunions avec les cadres de la mairie, que certains problèmes devront être résolus par l’équipe à venir, après mars 2008, en sous-entendant clairement qu’il ne serait plus aux reponsabilités.

Il ne le fait pas par hasard, mais bien parce que la position de faiblesse est la meilleure qui soit : on n’a jamais autant d’énergie pour mener une campagne que lorsqu’on pense que ce sera très difficile.

D’ailleurs, Pierre Albertini va plus loin et se pose depuis longtemps en victime : l’opposition l’empèche de mener à bien ses projets ; la région, l’Agglo ou encore le Département ne lui facilitent pas la tâche. Il fustige l’arrogance des autres, leur incapacité à dialoguer, leur rigidité. C’est lui, finalement, qui doit faire face au monde entier. Il espère bien que ce côté Astérix, seul contre tous, lui vaille la sympathie des électeurs. Et il pourrait bien avoir raison.

De plus, il bénéficie cette fois des moyens de la mairie pour sa campagne. Bien sûr, la loi borde les choses, et ses adversaires seront très attentifs. C’est la règle du jeu. Mais de documents divers en réunions publiques, on est, même dans les clous de la loi, en meilleure position dans la majorité que dans l’opposition pour mener une campagne.

Cerise sur le gateau, il va présenter un projet. Un beau projet. On peut là-dessus lui faire confiance. Un projet qui ne manquera pas de faire rêver les Rouennais. Des Rouennais dont le tiers ne votait pas à Rouen en 2001. Un renouvellement du corps électoral qu’il peut voir comme une nouvelle chance : la configuration a changé. Et, finalement, dans les dernières semaines, c’est bien le projet qui va compter.

Discussion

16 commentaires pour “Pourquoi Pierre Albertini peut gagner l’élection municipale”

  1. Et si on arrêtait là la thématique désormais récurrente des municipales. Le programme d’Albertini par-ci, les commentaires agressifs par-là, la politique fiction en plus, la démagogie en plus de certains, on en bouffe tous les jours alors que nous sommes encore à 7 mois du scrutin. Qu’est-ce que ça va être dans trois ou quatre mois ? Depuis le début du mois, 14 articles sur 24 ont traité de la campagne municipale. Et aujourd’hui, Sébastien, tu nous emmènes dans la plus pure fiction politique : les programmes ne sont pas sortis, les équipes même pas constituées, les leaders à peine désignés… Alors stop ! Laissons le temps au temps, le temps à l’actualité de se politiser et les cochons seront bien gardés.

    Posté par Xfiles | septembre 10, 2007, 17:11
  2. Pourquoi cette frénésie précoce? C’est simple:
    Il semble que beaucoup éprouvent la sensation, peut-être infondée, que ces municipales en 2001 furent perdues du fait que trop de gens qui auraient voté Yvon Robert n’ont pas pris la peine de se déranger, tant ils croyaient que c’était gagné d’avance.

    Posté par Albertinon | septembre 10, 2007, 17:51
  3. Et si il y avait une raison plus prosaïque à cette frénésie : il faut publir beaucoup sur un sujet pour être bien référencé sur Google…

    Posté par M. | septembre 10, 2007, 17:59
  4. M.> ce que vous dites n’est pas faux, techniquement parlant.

    Albertinon> Je ne suis pas sûr que ce soit la raison de cette défaite…

    XFiles> Cet article là simplement parce que j’entends beaucoup dire que Pierre Albertini ne peut pas gagner, qu’il le sous-entendrait lui-même à l’occasion, et que je pense le contraire. Pourquoi ne pas l’écrire ?

    Posté par Sébastien Bailly | septembre 10, 2007, 18:03
  5. Il est vrai que les rouennais subissent les joutes politiques entre la région, le département et Albertini. Mais je suis certains que cet effet du village gaulois qui résiste à l’envahisseur ne fonctionnera que pour la partie la plus à droite de Rouen.
    A mon avis, comme l’avait dis je crois Olof, pour un autre article, il faudrait pour notre ville, une liste indépendante de tout partis politiques, composer de forces vives qui veulent faire une vraie politique municipale sans contrainte idéologique. Je crains pour le coup d’être un peu utopiste. Le MoDem aurait peut être cette approche. Faut il seulement que tous s’entendent ?
    Malheureusement la personne qui a le plus de chance de l’emporter à Rouen c’est la socialiste V. Fourneyron selon les résultats de juin dernier.
    Donc Rouen ne s’en sortira pas encore une fois et se sont les rouennais qui en paieront le prix.

    Posté par Olivier | septembre 10, 2007, 18:29
  6. Sébastien > Nous n’avons pas dit que c’était la raison, mais le sentiment que ça l’était, vous comprenez?
    Olivier > les résultats de juin dernier sont certes encourageants mais ne permettent en aucun cas de croire à cent pour cent à la victoire de V. Fourneyron. Et il faudra, car on le sait, nous sommes très bêtes, que vous nous expliquiez ce que vous entendez par “Rouen ne s’en sortira pas” et “les Rouennais en paieront le prix” parce qu’après ces sept ans de n’importe quoi, le fait même de changer d’équipe municipale serait déjà un soulagement.

    Posté par Albertinon | septembre 10, 2007, 19:56
  7. @Albertinon: Je ne crois pas un seul instant que vous soyez “très bêtes”. Bien au contraire votre style est loin de la médiocrité ambiante. Par contre vous êtes bien trop partisan et c’est bien dommage.
    L’explication est simple puisque je voulais supposer que nous pourrions avoir un ou une futur maire de Rouen qui ne serait pas issu d’un parti politique mais d’une liste indépendante.
    Je crois ou alors il me manque une information cruciale que madame la députée, récemment élu à rouen, soit bien membre d’un certains parti politique qui nous a gratifié, avant albertini, d’un maire qui n’a pas été réélu, preuve de son mauvais bilan.
    Voilà pourquoi je disais que Rouen, si nous prenons les chiffres de juin dernier, pourrait avoir à nouveau un maire socialiste qui ne changerait rien à la vie des rouennais puisqu’encore une fois nous aurions une manière partisane de gérer la ville et non pas proche des rouennais.
    Maintenant il y a des pistes comme le MoDem qui pourrait devenir une chance pour notre ville selon la démarche et le projet de François Bayrou… (désolé de vous dire que ce projet à notamment été écrit par Monsieur Albertini!!)

    J’espère vous avoir éclairci…

    Posté par Olivier | septembre 10, 2007, 20:46
  8. “Les joutes politiques entre la région, le département et Albertini.”
    Dans l’heureux temps lecanuetesque, à droite toute, les cochons s’entendaient comme larrons en foire, ripaillaient gaiement et les Rouennais en dernier passaient…

    Posté par malpaso | septembre 10, 2007, 21:47
  9. Et si c’était le contraire? Les Rouennais, justement, lassés des guerres intestines entre Mgr Albertini ( ce n’est pas le Roi Jean qui tenait TOUS les pouvoirs locaux- sic Malpaso) et les autres collectivités territoriales ( du même bord), se « résignaient » à choisir la dynamique Valérie et son équipe en se disant –[ c'est vrai, ils peuvent être intelligents de temps à autres]- comme cela, la Municipalité ne pourra plus geindre que c’est la faute aux “autres” si cela ne marche pas!
    Et puis l’alternance à Rouen, cela serait bien entre une droite molle, plutôt centriste
    ( mauvais pour M.Albertini rallié à l’empereur Sarko) et une gauche « douce » presque alliée avec le Modem! Non?

    Posté par ymage | septembre 11, 2007, 1:06
  10. @Ymage: J’ai cru comprendre que François Hollande ne voulait aucune alliance avec le MoDem. Par contre il était d’accord pour une soumission totale des MoDems dans une sorte de gauche social démocrate dont seuls les socialistes prendraient les décisions. Bref la méthode sarkoziste mais version PS !

    De plus les plus anciens MoDems ont déjà l’expérience des mésalliances. Il ne s’agirait pas pour eux de recommencer.

    Et puis Valérie Fourneyron “la gauche douce”, je rigole. Elle qui va prendre ses ordres à grand Quevilly. On est loin de la liberté et du choix pour chacun.

    Mais par contre Ymage, n’y aurait il pas des lieutenants socialistes que l’on aurait écarté au PS parce qu’un peu pas trop d’accord avec le grand chef chauve du coin, qui seraient enclin de rejoindre un centre qui regrouperait alors les personnes les plus compétentes de tous bords pour notre ville…
    Ce serait beaucoup mieux comme cela, non ? et puis ainsi madame Fourneyron pourra innover dans le non cumul de mandat… et aussi nous lâcher un peu !!

    Posté par Olivier | septembre 11, 2007, 10:06
  11. J’aime bien la dernière phrase de l’article: “c’est le projet qui va compter”, non pas que je crains le bilan (vous connaissez mon sentiment la dessus) mais je souhaite que cette election soit un véritable débat d’idée. Sur le reste Sebastien tu as peut etre raison (ça fait bizarre!!!) mais il est clair que la fabiusie est très forte dans l’agglo et que Rouen resiste.
    Olivier je suis en partie d’accord avec toi mais je me suis toujours qu’une election municipale (plus que les autres) n’était pas une affaire de parti politique. L’important est de se mettre d’accord sur un projet, on a bien vu en 2001 que lorsque le parti prend le dessus sur la poliique local (Vert vs PS) cela debouche sur une impasse et sur des accords d’entre deux tours qui ressemble plus à du marchandage qu’autre chose..

    Posté par PAP | septembre 11, 2007, 10:15
  12. @Salut PAP: entièrement d’accord avec toi. Mais je répondais aux “camarades”.
    Il faut bien entendu avant tout un projet pour notre ville et rassembler autours de celui-ci comme je disais les personnes de bonne volonté de droite comme de gauhce qui voudront le mettre en oeuvre pour le bien des rouennais et non pour l’idéologie d’un parti.

    Bien à toi cher ami.

    Posté par Olivier | septembre 11, 2007, 10:34
  13. (Pour Malpaso) C’est peut-être un point secondaire dans le débat ci-dessus, mais je ne vois pas du tout où vous avez trouvé l’info qu’à l’époque de Jean Lecanuet (maire de 1968 à 1993) c’était “à droite toute” ds l’agglo. Par ex à Gd Quevilly il y avait, avant L Fabius, T Larue, maire socialiste depuis…1935 ; 2e exemple : il y avait beaucoup plus de maires communistes que maintenant, ex à Petit Quevilly et Darnétal ; pratiquement toutes les communes de la rive sud + celles de la vallée du Cailly étaient “rouges”, ou roses
    Cela n’empêchait pas une certaine convergence ponctuelle de points de vue ; mais ce n’est pas toujours une bonne chose ! L’important n’est pas seulement de s’entendre, mais aussi de s’entendre sur un bon projet. Il est par ex notoire que Tony Larue (socialiste) et Jean Lecanuet (centriste) n’étaient pas vraiment favorable à une logique d’agglomération, qu’il assimilaient sans doute à une perte de pouvoir personnel ou partisan. Il est vrai qu’alors, en France, l’idée commençait à peine à tracer son chemin

    Posté par Sessyl | septembre 11, 2007, 20:14
  14. A Sessyl :
    Juste pour soulever une situation où la ville chef lieu était très à droite, le département à droite depuis 200 ans et la région inexistante puisque la décentralisation 1 n’est arrivée qu’après le départ de Giscard (pote de Lecanuet).

    Posté par malpaso | septembre 13, 2007, 19:16
  15. Le coup du “je suis seul contre tous”, c’est quand même, et nous le faisons remarquer que maintenant car nous ne voulions pas avoir l’air, au plus fort du débat, de vouloir attirer l’attention, mais c’est quand même un des grands thèmes développés dans notre pièce parodique Les Précieux Imaginaires! (Dont le premier acte fut mis en scène courant Juillet chez nous, et le second démarre aujourd’hui même!)

    Posté par Albertinon | septembre 17, 2007, 6:12
  16. Bonjour ! … Juste une précision : Pierre Albertini a perdu les élections législatives en 1986, contre Dominique Gambier (PS) dans la circonscription de Mont-Saint-Aignan. … C’est tout !

    Posté par THOMAS Gilles | janvier 18, 2008, 16:08

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