Petroplus : le tribunal délibère sur le maintien de l’activité

Mardi 4 décembre, le tribunal de commerce de Rouen se réunissait pour étudier les dossiers déposés par cinq possibles repreneurs et décider du maintien de l’activité de la raffinerie Petroplus. Cette décision sera rendue le vendredi 7 décembre.

« Cession ! Cession ! », entendait-on ce mardi 4 décembre devant le tribunal de commerce.  Celui-ci devait étudier les dossiers déposés par les entreprises intéressées par la reprise de Petroplus. S’il considérait un repreneur solide, le tribunal de commerce pourrait envisager le maintien de l’activité de la raffinerie et la mise en place d’une audience de cession. Cette décision sera rendue le vendredi 7 décembre. Un repreneur solide serait en « capacité de ramener du pétrole brut et de financer la raffinerie de façon durable », explique Nicolas Vincent, délégué CGT de Petroplus.

Depuis le mois d’avril 2012, le pétrolier iranien Tadbir Energy Development est dans la course à la reprise, explique Laurent Patinier, représentant CFDT des salariés. Difficulté : il tombe sous le coup d’un embargo sur le pétrole iranien. Depuis mars 2012, il est interdit d’importer du pétrole iranien en Union Européenne. Pour que le tribunal accepte le dossier, la firme doit prouver que le pétrole qu’elle importera n’est pas iranien. « Nous sommes venus confirmer notre intérêt », confirme Xavier Houzel, mandataire de Tadbir.

Des émissaires du fonds souverain libyen Libyan investment authority (LIA) ont été envoyés le 3 décembre pour visiter la raffinerie de Petit-Couronne. Mais aucun représentant n’était présent ce 4 décembre au tribunal de commerce.

Quant à Net Oil, dont le siège est à Dubaï, il reste le repreneur le plus fiable selon les salariés de Petroplus. Yvon Scornet, porte-parole de l’intersyndicale confirme : « Nous avons beaucoup avancé, beaucoup de travail a été fait sur ce dossier. Nous n’avons pas d’autre dossier solide ».

Reste que Shell n’a pas l’intention de se réengager avec la raffinerie. « Nous n’avons pas que des alliés dans cette affaire », se navre le porte-parole. En juillet 2012, le pétrolier, propriétaire historique, prenait un contrat de six mois avec la raffinerie de Petit-Couronne. Le 15 décembre 2012 marquera la fin de ce contrat. Et donc la fin des activités.

 D’un autre côté, Net Oil ne se dit pas prêt à reprendre la raffinerie si Shell en arrête son approvisionnement. Un serpent qui se mort la queue. Les salariés demandent au gouvernement de faire pression sur Shell pour qu’elle prolonge ce contrat, au moins jusqu’à la mi-janvier. « Shell doit trouver un système qui nous permette de ne pas arrêter nos activités« , scande-t-on.

Guillaume Bachelay, député de la 4ème circonscription de Seine-Maritime et numéro 2 du PS, présent devant le tribunal de commerce pour soutenir les salariés souligne que « le gouvernement a levé toutes les autorisations pour une reprise industrielle ». Il appelle aussi Shell à ne pas « se désengager au pire moment ».

Deux jours avant, l’intersyndicale de la raffinerie de Petit-Couronne avait appelé les salariés et leurs soutiens à se rassembler devant le tribunal de commerce. Environ 200 personnes était au rendez-vous à 10 h, non sans une pointe de tristesse. La veille, Robin, l’un de leurs collègues est décédé d’une crise cardiaque. Ces salariés qui pour certains travaillent depuis trente ans ensemble ont observé une minute de silence.

Malgré le deuil, le combat continue : « On ne veut pas qu’on nous propose un piège comme aux camarades de Florange« , dénonce Yvon Scornet, porte-parole de l’intersyndicale de la raffinerie la plus vielle de France.

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