Patrick Chabert, homme de l’ombre providentiel

Patrick ChabertAppelons cela le destin. Patrick Chabert se voyait homme de l’ombre derrière Catherine Morin-Desailly. Un futur premier adjoint, peut-être. Et le destin, donc, en a décidé autrement. La sénatrice UDI, proche de Jean-Louis Borloo, raccroche les gants pour raisons de santé, et c’est Patrick Chabert qui les enfile et monte sur le ring.

Pas vraiment un boxeur, pourtant. Basketteur, tennisman, maintenant joueur de golf, il n’a pas donné dans les sports de combat. Mais dans le sport tout court, oui. Au point de prendre la présidence de l’ASRUC, l’occasion d’une passe d’arme avec Valérie Fourneyron : ils n’avaient pas la même vision de l’avenir de l’association sportive. Il n’en avait alors fait qu’à sa tête. Et l’ASRUC ne s’en est pas portée plus mal, à l’en croire : il a réussi une fusion des clubs sportifs universitaires là où Valérie Fourneyron envisageait un démembrement.

Patrick Chabert égraine au fil de l’entretien un sacré CV. Avocat, il a été bâtonnier de l’ordre pour représenter ses confrères. Il est membre, aussi, du C.E.S.R. C’est « auprès du Conseil Régional, une assemblée consultative, qui concourt par ses avis à l’administration de la région ». Ils sont 78, ainsi, à donner leur avis. L’occasion, pour lui, « de voir de près le fonctionnement des collectivités locales ». Ajoutez à cela une ouverture sur le monde : « je suis beaucoup allé en Asie », précise-t-il. Et il forme des avocats africains, une semaine par mois.

La première fois qu’il a envisagé de faire de la politique, c’était en décembre 1980… tout jeune avocat, alors qu’il vient de prêter serment, il répond au bâtonnier d’alors qui l’interroge sur le sujet  : »oui, la politique m’intéresserait ». Plus tard, dans le bureau de Jean Lecanuet, alors qu’il organise un congrès… Le maire lui dit « ça serait bien qu’on se revoit pour les municipales ». Cela n’ira pas plus loin que cette main tendue. C’est dans son environnement professionnel et sportif que Patrick Chabert s’investira d’abord.

Patrick Chabert avec Catherine Morin-DesaillyEn 2008, il se rapproche de Catherine Morin-Desailly : « je suis partant pour reconquérir la mairie avec toi en 2014″. L’aboutissement d’un engagement, dit-il. Question de milieu, de tradition familiale, on pourrait l’attendre à l’UMP. Son ex-femme a même été l’adjointe de Françoise Guégot, alors maire UMP de Mont-Saint-Aignan.  Mais il décrit en détails ce qui le sépare de la droite : « je suis fondamentalement européen , et un humaniste profondément anti Front national. Et, enfin, je n’ai pas la culture du chef, je préfère le travail en équipe ». Pourquoi pas la gauche, alors ? « J’étais assez proche à un moment de Valérie Fourneyron. Elle était très sympathique… » Mais ça, c’était avant « Je crois que la vision socialiste ne préserve pas assez l’initiative individuelle. Il faut laisser l’indépendance au gens et ne pas les accabler de taxes et de règlements ». Un brin libéral, tout de même : « Je n’ai rien contre les fonctionnaires, quoi que si il y en avait un peu moins… Je suis pour l’initiative publique. Je vois pas ce qu’une personne à l’accueil de la préfecture a comme travail différent d’une personne à l’accueil d’une entreprise privée… »

Patrick Chabert est donc centriste : « J’ai trouvé dans l’UDI l’humanisme. C’est d’abord l’homme qui m’intéresse avant la sauvegarde des institutions. C’est une position très avocat-compatible. »

Ne lui reste qu’à se faire connaître du grand public, et à remporter le bras de fer qui l’oppose à l’UMP Jean-François Bures. Tous deux espèrent prendre la tête d’une liste d’union à droite. Tous deux pensent être le meilleur candidat. Et ce sont les instances nationales qui décideront courant octobre 2013.

Quel maire il serait, lui ? « Je sais déléguer, et je revendique mon autorité pour trancher lorsqu’il faut prendre des décisions. Je veux que les politiques mouillent leur chemise : j’irai si il le faut parler avec les patrons du Cac40 pour les convaincre de venir s’installer à Rouen » Il cite Jean-Marc Ayrault, à Nantes, et Antoine Rufenacht au Havre : ils incarnent leur ville en « y allant ». « On sent une implication personnelle. »

Côté loisirs, Patrick Chabert préfère déconnecter : « j’ai du mal avec les films réalistes, qui me plongent dans mon domaine d’intervention habituel… police, trafic de drogues, assassinat… » L’avocat préfère la science-fiction, l’univers du Seigneurs des anneaux, ou l’opéra, auquel il est abonné. L’ancien basketteur qu’il est va toujours aux matchs. Pendant les quelques mois de campagne, son ambition est d’être surtout sur le terrain électoral : petites réunions publiques, marchés. Pour que chacun finisse par le connaître.

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