Mise en place du comité d’indépendance

Un projet de presse n’a de sens que si il inclut clairement les conditions de son indépendance. Une indépendance éditoriale avant tout. L’indépendance se mesure au fil des articles, à la capacité à dire les choses, sans céder à quelque pression que ce soit. Les droits, et surtout les devoirs du journaliste sont rappelés dans une charte, un texte de référence, actualisé en 2011, qui rappelle un certain nombre de points centraux de la pratique journalistique.

On retiendra notamment que le journaliste « tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ». A contrario, il «  tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits pour les plus graves dérives professionnelles. »

Encore faut-il réunir les conditions de l’exercice serein du journalisme. Tel est le rôle que doit se donner un support de presse. Telle est l’ambition que doit avoir Grand-Rouen.

Comme toute œuvre journalistique, Grand-Rouen évolue dans un contexte. Un contexte local, celui d’une communauté finalement restreinte, où des conflits d’intérêt peuvent survenir, en raison des relations personnelles des journalistes avec tel ou tel, en raison de la personnalité des annonceurs, ou des clients de l’offre de service adossée à Grand-Rouen. Ce sera parfois les mêmes qui financeront l’activité de Grand-Rouen, et dont il sera question dans les colonnes. Se l’interdire n’aurait pas de sens, ni économiquement, ni éditorialement.

Comment dans ces conditions assurer au lecteur la plus parfaite intégrité de la production éditoriale ? On pourrait, comme d’autre l’on fait, tenter de couper les ponts avec le sujet dont il est ici question. Couper les ponts avec le territoire de Rouen et ses acteurs ? Nous n’en voyons guère la possibilité. Il s’agirait de ne plus proposer de publicité sur le site, de ne pas proposer de prestations aux acteurs économiques locaux, de refuser tout contact non professionnel avec celles et ceux avec qui des contacts professionnels seraient possibles. Autant dire tout le monde. On se banderait les yeux pour mieux avancer : l’idée nous paraît contre-productive. C’est aussi, croyons-nous, dans les relations informelles que l’on fait le métier de journaliste.

Pour autant, il est hors de question de faire semblant de croire que les risques de dérive sont inexistants. Le principal syndicat de journaliste, le SNJ a publié le 29 mai 2012 une tribune qui appelle les journalistes « à en finir avec les conflits d’intérêt ». En presse locale, cela revient à demander au journaliste d’aller vivre ailleurs que sur le lieu de sa pratique professionnelle. En presse locale, il nous apparaît qu’on ne peut raisonnablement être ailleurs qu’à l’intérieur du sujet que l’on traite. Ne serait-ce que géographiquement.

La nécessité de prévenir les conflits d’intérêt nous paraît néanmoins indispensable. Nous avons donc décidé de mettre en place un « comité d’indépendance ». Un conseil de sages, en quelque sorte, qui pourra être saisi, d’un simple mail, par toute personne qui considérerait que Grand-Rouen fait preuve de partialité dans son traitement de l’information.

Ce comité est constitué de personnes extérieures à la rédaction : un universitaire, Jean-Marie Charon, sociologue des médias au CNRS, deux journalistes, Pierre Haski, le directeur de Rue89 et Stéphane Gaillard, le délégué régional de France 3 Haute-Normandie. A ces trois professionnels, on a voulu associer deux politiques locaux aux opinions divergentes, Bruno Devaux, qui représentera l’UMP, et Claude Taleb, pour Europe Ecologie Les Verts. La composition du comité d’indépendance, en elle-même, nous semble garantir la droiture de notre démarche.

Le principe général est que chaque lecteur qui jugera que Grand-Rouen n’a pas traité une information en respectant l’impartialité qui s’impose puisse saisir le comité afin que celui-ci rende un avis qui pourra être rendu public.

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