Massages houleux entre esthéticiennes et kinés

Cela fait des années que les esthéticiennes des centres de bien-être et les kinésithérapeutes se font la guerre concernant la pratique des massages et des soins corporels. Chacun défend avec ferveur son travail.

Afin de bien comprendre pourquoi le climat est si tendu entre kinésithérapeutes et esthéticiennes, il faut faire une petit retour en arrière. Depuis une quinzaine d’années, la loi a en effet beaucoup évolué. En 1996, la loi veut que « les soins esthétiques à la personne autres que médicaux et paramédicaux ne pouvaient être exercés que par une personne qualifiée professionnellement. » Cette loi a été complétée le 2 août 2005 en faisant apparaître le terme de « modelage esthétique » : les esthéticiennes peuvent à présent effectuer « des modelages esthétiques de confort sans finalité médicale ».

Malgré tout, les conflits continuent entre les esthéticiennes et les masseurs-kinésithérapeutes. Le centre de bien-être Couleur Sable situé à Rouen en avait d’ailleurs fait les frais suite à un procès intenté en 2007 par le syndicat des masseurs kinésithérapeutes de Seine-Maritime. Finalement, le centre de bien-être avait eu gain de cause suite à la loi de 2005 qui indiquait que les modelages n’étaient pas strictement réservés aux kinésithérapeutes.

Ce n’est qu’en 2010, après 5 ans de vide juridique, qu’une définition claire du modelage esthétique sera donnée : «  On entend par modelage [au sens de l’article 16-1 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 modifiée relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat], toute manœuvre superficielle externe réalisée sur la peau du visage et du corps humain, dans un but exclusivement esthétique et de confort, à l’exclusion de toute finalité médicale et thérapeutique. Cette manœuvre peut être soit manuelle, éventuellement pour assurer la pénétration d’un produit cosmétique, soit facilitée par un appareil à visée esthétique. »

Aujourd’hui, le climat semble s’être apaisé entre les esthéticiennes et le kinésithérapeutes. « Je n’ai pas d’avis négatif sur les esthéticiennes qui font des massages dans les centre de bien-être. Au contraire, je pense que si ça fait du bien aux gens, c’est plutôt une bonne chose. » confie Sylvie Gueret-Maledon, kinésithérapeute à Rouen. « Je ne suis pas contre, tant que la frontière est claire entre le bien-être et le médical » poursuit une autre kinésithérapeute rouennaise. « Je pense que c’est important que ces centres existent, surtout que la demande est croissante », affirme Thomas Simoni, lui aussi kinésithérapeute.

Certains restent cependant très prudents et ne souhaitent pas s’engager dans le débat pendant que d’autres avouent timidement que quelques patients sont déjà venus les voir dans un mauvais état après être allés dans un centre de bien-être.

En définitive, si vous avez mal au dos, allez voir un kinésithérapeute et si vous avez juste besoin de décompresser et de vous évader un instant, dirigez-vous vers un centre de bien-être. Si si, c’est aussi simple que ça…

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