Lutte contre le Sida : les coiffeurs s’en mêlent

Pour la journée mondiale de lutte contre le Sida, 5000 salons de coiffure français, en partenariat avec L’Oréal, sensibiliseront leur clientèle à la maladie. Pour la deuxième année, Eric Bachelet, du salon de coiffure éponyme, place de la Pucelle, prend part à l’action. 

« Comment je vous la fais ? » nous demande-t-on souvent chez le coiffeur. « En silence ! », a-t-on souvent envie de répondre. Pour une fois, samedi 1er décembre 2012, on aura peut-être envie de papoter avec son coiffeur. Pour la journée mondiale de lutte contre le Sida, certains salons de coiffure s’essaieront à la prévention.

Eric Bachelet et l’un de ses coiffeurs, Nicolas, 20 ans.

Menée par L’Oréal, cette initiative est née il y a 10 ans en Afrique du Sud. Le mouvement Coiffeurs contre le Sida explique que « Les coiffeurs forment une importante communauté, dont les relations sociales avec leur clientèle peuvent être un moyen efficace de relayer l’information sur le SIDA ». L’idée peut paraître, au premier abord, un peu saugrenue. Coiffure et Sida. Où est le rapport ? Eric Bachelet, ambassadeur de L’Oréal dans l’ouest de la France et jusqu’en Californie nous répond très vite : « Il faut imaginer tout ce que les gens racontent lorsqu’ils ont les cheveux mouillés. Le coiffeur, c’est un peu le psychologue n°1 des femmes. Nous sommes leurs confidents au niveau beauté. C’est donc plus facile pour nous de leur glisser un message ». Il ne nie pas non plus l’aspect « coup de comm’ » de l’opération. Mais tempère : « C’est l’occasion pour les coiffeurs de refléter une image de prévention », prospectus et T-Shirt à l’appui.

Eric Bachelet voit un peu ça comme une oeuvre de charité. « Nous avons été choisis pour transmettre un message de sensibilisation, pour empêcher les gens d’ignorer le Sida« . Pour ça, il a reçu une petite formation pédagogique auprès de L’Oréal. Formation qu’il transmettra ensuite à ses employés.

Et lorsque, devant le luxe de son salon, on lui demande si sa clientèle n’est pas la plus concernée par la maladie, il répond : « Ma clientèle est aussi très jeune. Je ne coiffe pas que des dames. » Pour lui, la coiffure est « une profession avant-gardiste car elle crée les tendances. On est porteurs de l’esthétiques. C’est à nous d’entraîner les nouvelles générations », dit-il.

Mais pas question de scander du « Sortez couvert », en menaçant son client de sa paire de ciseau. « Mon équipe de douze coiffeurs va porter les T-Shirt que nous a envoyé L’Oréal. Cela devrait interpeller la cliente. La conversation peut venir toute seule. Si elle nous pose la question nous lui expliquerons ce qu’est cette journée de lutte contre le Sida. Les prospectus seront déposés sur le comptoir », prévient-il.

Voila qui devrait rassurer Eugénie, 19 ans, croisée non loin du salon : « C’est bien de se mobiliser pour la lutte contre le Sida mais je ne suis pas sûre que le meilleur moment soit pendant le shampoing. Faut pas abuser non plus ! ». Pauline, 18 ans, y voit là un « moyen de passer le temps. D’habitude les coiffeurs nous parlent de texture de cheveux. Ca change et c’est un moyen d’en parler. »

Ce qui nous inquiétait, nous, c’est l’amalgame. N’est-ce pas donner de l’eau sale au moulin du cliché qui colporte que tous les coiffeurs sont homosexuels, sachant que les préventions contre le Sida vise beaucoup cette population ? « Honnêtement, je me suis posé la même question », nous répond-t-Eric Bachelet. « Mais notre profession, comme celle de la mode, ne peut échapper à ce genre de clichés. Nous sommes de toute façon là pour transmettre un message. »

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