Les Restos du Coeur entament leur campagne d’hiver

La campagne d’hiver des Restos du Coeur vient de commencer. Nous avons fait le point sur l’antenne rouennaise qui accueille près de 3500 personnes chaque semaine.

Au matin, le 28 novembre 2012, rue Desseaux, rive gauche, une file d’attente s’était formée devant les Restaurants du Coeur. La campagne hivernale commencée depuis trois semaines s’annonce intense. Les Restos de Rouen et sa région enregistrent déjà une fréquentation en hausse de 15%, notamment dans leur principal centre, rue Desseaux.

Source : Flickr, eric.delcroix

Il faut dire que ce jour là, les magasins Burton ont fait don de vêtements d’occasion. Car les Restos, ce n’est plus seulement « un peu de pain et de chaleur » comme le voulait Coluche.

Les bénéficiaires de l’association peuvent désormais prétendre à des vêtements, des conseils juridiques, administratifs, une chambre d’hôtel parfois, des vacances, de l’aide à la recherche d’emploi, des séances de cinéma et même des appartements. Parce que donner à manger n’est parfois pas suffisant pour aider les personnes, il existe les Toits du Coeur. A Rouen, ce sont 10 chambres sous-louées par les Restos, le plus souvent à des jeunes à la rue. René Riquet, 66 ans, bénévole et ancien président de l’antenne rouennaise en profite pour expliquer ce phénomène. « Je pense qu’il y a actuellement une fragilité de la cellule familiale. C’est elle qui alimente les Restos. Certains jeunes qu’on aide ont souvent une famille dans la région. Mais celle-ci ne veut plus les voir. Ces jeunes de moins de 25 ans n’ont pas accès au RSA. Faute de moyens, les missions locales nous les envoient. Nous sommes au bout de la chaîne« , constate-t-il.

Les Toits du Coeur ont aussi mis en place un système de baux glissants. « Nous prenons des appartements à notre nom, auprès de gros bailleurs, et les sous-louons à des personnes. Pour l’instant, nous n’en n’avons qu’un. La personne n’aurait jamais eu accès à l’appartement sans nous. Nous disparaissons au fur et à mesure, lorsque le bailleur a confiance », explique René Riquet.

Rouen et sa région comptent 20 centres, gérés par 600 bénévoles. Deux soirs par semaine, un camion des Restos s’installe place Saint-Marc ou Saint-Sever pour distribuer des repas. Les bénévoles du camion distribuent des colis repas à environ 250 personnes chaque soir. Des sans-abris, mais pas seulement. « Il y a évidemment les populations de sans-abris habituelles, mais aussi des jeunes et des femmes seules. Ils ont payé leur loyer et font l’économie d’un repas en venant au camion », décrit René Riquet, qui a commencé sa carrière de bénévole avec le camion des Restos.

Les Restos du Coeur ne s’arrêtent donc jamais. Sauf peut-être le dimanche. « Nous sommes conscients que le dimanche Rouen est une ville morte. Que la manche est beaucoup moins fructueuse pour les sans-abris. Mais, c’est déjà compliqué de gérer les bénévoles, alors en réunir le dimanche… »

Des semaines chargées mais les chiffres confirment l’importance de l’association pour les populations précaires. En 2011, lors des 17 semaines de la campagne d’hiver, les Restos du Coeur de Rouen ont aidé 14 000 personnes. Et cet hiver s’annonce encore plus tendu, avec les 15% d’augmentation déjà observés en trois semaines.

Des chiffres qui inquiètent un peu lorsqu’on sait que le Plan européen d’aide aux plus démunis (PEAD) dont bénéficie l’association risque de passer de 3,5 milliards d’euros à 2,5 milliards d’euros. Cette aide européenne représente 25% du budget des Restos. Le Air Food Project appelle d’ailleurs à signer une pétition pour pousser l’Union européenne à reconduire ses aides aux plus démunis.

 

Recevez toute l'actualité par email

Recevez quotidiennement ou presque le meilleur des articles de
Grand-Rouen directement dans votre boite mail.

Commentez sur Grand-Rouen

Laisser un commentaire