Les pauvres et François Morel

François Morel, donc, aura joué le Bourgeois Gentilhomme à Grand-Quevilly. Plusieurs soirs de suite. Et donc, il aura enregistré sa chronique matinale depuis les locaux de France Bleu, pour France Inter. Soit. François Morel aura parlé des pauvres à l’antenne. Et de reprendre à son compte Alphonse Allais : « Il faut prendre l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres. »

On n’est jamais mieux servi que par soi-même dans ce domaine. Rappelons que, pour voir François Morel découvrir qu’il faisait de la prose sans le savoir dans la pièce de Molière, il fallait débourser 39 € par personne. Prendre l’argent où il est, dit-il. « Saignons les pauvres, ils ont l’habitude », conclut-il.

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2 réflexions au sujet de « Les pauvres et François Morel »

  1. Une réaction sur les pauvres et le juste prix. La chronique de François Morel m’a paru très équilibrée et pertinente. Mais pourquoi rapprocher cette humeur au prix d’une place de théâtre ? Il faut savoir que la culture a un coût. Que cette pièce de Molière et de Lully, Le Bourgeois Gentilhomme, est un opéra ballet avec danseurs et orchestre baroque. Que François Morel n’est donc pas seul sur scène. Qu’il faut rétribuer une trentaine de comédiens, de musiciens, de techniciens. Probablement davantage. Que le spectacle dure 3 heures. Que la pièce en question n’était probablement pas subventionnée. Que la politique de tarification de la structure accueillante est également partie prenante du prix. Il y a parfois dans le monde culturel des fausses bonnes idées concernant les obstacles à l’accès de tous aux créations et aux oeuvres de l’esprit. Parmi celles-ci l’obstacle de l’argent. On se souvient de l’expérience de Stanislas Nordey conduite au Theâtre de Saint-Denis. Je veux parler de la place à 50 F, autrement dit entre 7 et 8 € devant permettre au public populaire d’accéder facilement au théâtre. Moralité : la structure a sombré avant toutefois de permettre au public qui en avait les moyens d’accéder pour pas cher à la création. Mais sans changer de manière significative la sociologie des spectateurs ! Ah le beau débat sur la massification et la démocratisation de la culture !!!

    Comme quoi les choses ne sont pas si simples. Faire porter à François Morel le grand chapeau du Mamamouchi de l’hypocrisie me semble au final injuste et excessif.

    • Il ne s’agit pas de remettre en cause le prix de la place, qui empêche cependant d’aller voir la pièce si l’on n’est pas riche et/ou sans enfant, mais juste de faire remarquer, avec le brin d’ironie qui sied en l’occasion, que peut-être cette chronique n’était pas la mieux venue alors même que l’on joue une pièce réservée aux riches.

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