Les Nids lancent un appel aux dons

L’association Les Nids lance pour la première fois une campagne d’appel aux dons, pour pouvoir remplir sa mission de protection de l’enfance. 

Pour la première fois, Les Nids lancent une campagne d’appel aux dons : « pour les enfants hauts-normands, pour nos enfants », scande Jean-Luc Viaux, président de l’association. Les Nids représentent en effet 40% de la protection de l’enfance dans le département. Ils aident en moyenne 4700 enfants et adolescents chaque année.

Les Nids travaillent exclusivement en Haute-Normandie.

Tout a commencé en 1931. Madeleine Lecoeur s’aperçoit que des orphelins dorment dans les rues. Elle les accueille chez elle et finit par créer l’association Les Nids, avec leitmotiv : ne jamais séparer les frères et soeurs. La structure s’est tout d’abord installée à Mont-Saint-Aignan, dans l’actuel siège social de la Rouen Business School. Et, peu à peu l’association a grandi, pour finalement arriver 81 ans plus tard à un total de 13 établissements, 851 salariés et 100 bénévoles.

Les enfants qui trouvent refuge là ne sont plus forcément ceux qui dorment à la rue, mais des enfant qui rencontrent des difficultés mettant en danger leur santé, leur sécurité, leur moralité ou leur éducation au sein même de leurs familles. Si il sont placés, c’est pour les protéger de carences ou négligences éducatives, de déficits de soins, voire de maltraitances physiques ou morales.

Chaque année, les Nids sont dotés d’un budget annuel d’environ 43 millions d’euros, provenant à 78,2 % du conseil général de Seine-Maritime (32 millions d’euros). Seulement, cette année, ce budget devient insuffisant. Déjà en avril, « nous avons dû réduire de trente places l’accompagnement de nos jeunes majeurs protégés. C’était comme les mettre à la rue après les avoir soutenus. Ca a été très dur pour nos équipes », se rappelle Jean-Luc Viaux.

Mais ce qui chagrine le plus le président de l’association, c’est le manque de moyens pour assurer la prévention qui représente 25% du travail des Nids. « Les associations sont les seules, avec les éducateurs de rue, à pouvoir aller au devant des difficultés. Si on pouvait mettre un million d’euros en plus dans la prévention, on ferait faire des économies aux pouvoirs publics », affirme-t-il. « Effectivement, mettre un jeune en prison coûte moins cher mais il y a un fort coût social », continue-t-il.

Les Nids assurent aussi « l’après » : l’association accompagne les jeunes jusqu’à l’autonomie. Des mesures qui demandent aussi des moyens, surtout que ces jeunes seraient attendus au tournant : « Pourquoi demanderait-on à des jeunes d’être plus autonomes à 18 ans qu’un jeune qui sort de chez papa et maman ? », déplore le président de l’association.

Ce manque de moyens met aussi un frein à l’innovation dans le département. « Nous avons besoin d’une marge de manoeuvre pour innover » et créer, par exemple des ateliers de médiations intensives avec les jeunes descolarisés, se rappelle Jean-Luc Viaux, président de l’association. Leurs activités judiciaires, c’est à dire l’accompagnement et la médiation avec les enfants placés par un juge sont mal financées. « Avant, on nous finançait entre 120 et 250 mesures de placement, aujourd’hui, on ne nous en finance plus que trente », explique Jean-Luc Viaux. « On a besoin de trois millions d’euros en plus », conclut-il.

26 000 courriers ont déjà été envoyés aux donateurs types. « Les retraités des catégories socio-professionnelles supérieures sont les donateurs basiques », explique Marie Parain du service communication des Nids. Dans les enveloppes, une lettre manuscrite de la petite Clara qui raconte son quotidien dans un foyer d’hébergement avec sa petite soeur.

L’association commence à s’ouvrir et à apprendre le b.a-ba de la communication. Avec un train de retard, puisque déjà beaucoup d’associations se financent par ce biais. Pas toujours facile à vivre pour les travailleurs sociaux qui craignent l’intrusion dans leur petit monde et ont peur de fragiliser la confiance qu’ils entretiennent avec les familles. « Le côté misérabiliste et demandeur les inquiète aussi, analyse Marie Parain, ce n’est pas notre tradition »

Il est possible de faire un don en ligne sur le site des Nids. 75% de la valeur du don sont déductibles des impôts.  

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