Les coulisses du Tour de France

Le tour de France est peut-être un laboratoire ambulant, mais pas seulement pour des raisons médicales. Du côté technologies, le premier événement ambulant au monde est non seulement un lieu d’expérimentation, mais aussi celui de la mise en pratique des techniques de communication les plus à la pointe. Henri gère les prestations techniques du Tour depuis maintenant 15 ans pour Orange. C’est lui qui raconte l’incroyable aventure des coulisses du Tour.

La salle de presse

450 journalstes peuvent prendre place dans la salle de presse, ils ont accès à Internet, et peuvent, juste après la course retransmise sur écrans géants, interviewer les coureurs présents dans une salle de visioconférence placée juste à côté de la ligne d’arrivée. Gain de temps, confort… « Et il faut que la salle de presse reste ouverte même les jours de repos, explique Henri : les journalistes ne s’arrêtent jamais ! » Près de la salle de presse, on trouve un camion de reprographie. C’est là que sont édités les communiqués de presse officiels en un temps record. Les photographes bénéficient de conditions particulières pour envoyer leurs images à la vitesse optimale. Les agences photos ont un camion à part d’où envoyer leurs clichés au fil de la course, quasiment en temps réel.

Les fils

« Nous avons des groupes électrogènes : le Tour est totalement autonome. Nous pouvons alimenter une ville de 4000 personnes ». Indispensable dans les zones rurales, le dispositif n’en est pas moins impressionnant en ville. Chaque matin, des câbles électriques sont tirés dans toute la zone d’arrivée du Tour pour alimenter l’ensemble des dispositifs. Entre les câbles électriques, les fibres et les différents raccordements, ce sont 38 à 50 km de câbles de toute nature qui sont branchés, et débranchés, chaque jour.

Les images de la course

Orange assure la liaison et le transport des images et du son pour les télévision. Un avion à 3500 pieds fait de grand cercles au dessus de la course récupèrent les faisceaux hertziens de deux hélicos et de cinq motos équipés de caméras. L’ensemble des images est traité près de la ligne d’arrivée, dans le camion de réalisation. C’est la raison pour laquelle une immense grue avec quelques paraboles au sommet surplombait le village du Tour. En sens inverse, un canal son fait le même parcours pour que le réalisateur puisse donner ses consignes aux cameramen. Les 91 radios et les 121 télés ont chacunes leurs espaces pour commenter les images et suivre la course. Et tout passe par les fibres déployées chaque jour. Deux fibres optiques principales, dont une de secours, transmettent les images. Et un canal de secours, par satellite, est prévu en cas de panne ou d’acte de malveillance. Rien ne doit pouvoir arrêter la retransmission.

La photo finish

C’est le sein des seins. Là où on n’entre pas. La cabine surplombe la ligne d’arrivée, et c’est là qu’on mesure les écarts entre les coureurs. Le dispositif prend 10 000 photos à la seconde, puis le classement est effectué, image à l’appui par deux hommes qui donnent temps officiel et classement. C’est là que le destin des équipes se joue. Là aussi que sont vérifiés les temps intermédiaires, acheminés directement depuis les lieux déterminés sur le parcours.

La préparation

Henri vient sur les lieux deux ans avant le Tour, bien avant l’annonce officielle du parcours, pour repérer les possibilités, les besoins, diagnostiquer. Parfois, les conditions sont bien moins confortables qu’à Rouen. Il a déjà dû tirer des câbles par hélicoptère à travers la montagne pour assurer le service dans de bonnes conditions. L’an prochain, le Tour partira de Corse, et Henri sait déjà que la salle de presse sera sur un bateau…

L’innovation

Si Orange a débuté sur le Tour en 1966 avec des téléphones et des Telex, c’est donc aujourd’hui à une débauche de technologie qu’on assiste. « Mais ce n’est jamais suffisant : les journalistes sont de plus en plus nombreux à vouloir envoyer des photos ou des vidéos en temps réel : il faut toujours plus de débit ». Et c’est sur le Tour qu’on teste des innovations. Dans un des camions on voit un téléphone vidéo pas encore sur le marché : « Il est équipé d’un écran tactile, pour pouvoir travailler en commun sur des documents… » explique Henri. Bientôt chez vous, peut-être.

Le démontage

L’installation a commencé entre 5 et 6 heures du matin à Rouen, pour une arrivée du Tour juste avant 18h. A peine une minute après que le dernier coureur a franchi la ligne d’arrivée, le démontage commence. C’est qu’il faut partir au plus vite s’installer à l’arrivée suivante. Une autre équipe est déjà entrain de préparer la zone de départ, un peu plus légère, pour le lendemain.

  • La galerie photos de Guillaume Painchault, le 4 juillet 2012 à Rouen

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