La Chaîne Normande fêtera ses neuf mois le 14 juillet à 18h. Neuf mois, les trois quarts d’une année, et le temps d’une gestation. Voilà pour les symboles. Le moment de se poser la question de la réussite d’une chaîne qui fait depuis son lancement le pari de l’information positive de proximité. En avril-mai, LCN a réalisé une étude qui n’a pas encore été rendue publique, une étude de notoriété dont les enseignements satisfont largement le patron de la chaîne, Eric Terrier : « si on avait eu le tiers de ces résultats-là, je n’aurais pas été déçu», commente-t-il.
L’étude, réalisée au téléphone, porte sur 500 habitants de la région, un tiers de l’agglomération rouennaise, un tiers du reste de la Seine-Maritime, un tiers de l’Eure. Un échantillon sur lequel 48% des habitants déclarent connaître LCN. Un taux de notoriété important en si peu de temps. D’autant que 32% des sondés regarderaient ces programmes. On descend à 19% des 32% qui déclarent regarder la chaîne tous les jours, et 24% de ces mêmes 32% qui la regarderait chaque semaine. A ce niveau, les marges d’erreur sont importantes, mais, si le résultat est juste, cela voudrait dire que 66 300 personnes regarderaient La Chaîne Normande tous les jours et 83 700 autres au moins une fois par semaine. Même si le résultat est moins fiable qu’une étude Médiamétrie, c’est un premier indicateur du succès de la chaîne locale.
Le sondage donne d’autres informations : les programmes les plus regardés sont ceux du soir, à partir de 18 heures, et jusqu’à minuit. « On peut ajouter que les jeunes sont au rendez-vous. On a de bons scores sur les 15/35 ans », ajoute Eric Terrier. Des jeunes qui seraient notamment séduits par les concerts diffusés en soirée.
Ces données vont influer sur les programmes à partir de septembre 2012. « Nous allons supprimer 1,2,3 Musette, le dimanche. Et trois nouveaux programmes vont faire leur apparition : une émission mensuelle sur la BD, des cours de sport le matin, et un émission de plateau : »Plus ou mois geek », sur les modes de vie numérique ». Une orientation plus jeune, donc.
Pour les programmes produits directement par la chaîne, il y aura plus de basket, plus de direct, et d’avantage de sujets consacrés au département de l’Eure, lequel devrait d’ailleurs intégrer le club des collectivités qui soutiennent économiquement la chaîne. Et puis LCN devrait commencer à produire quelques documentaires soutenus par le Centre National de la Cinématographie.
« Il ne faut pas nier les difficultés économiques, précise Eric Terrier. Notre budget idéal se situait à 1,5 millions d’euros par an. Nous tentons de nous rapprocher du million. Cela exige des sacrifices. Je suis tout à fait conscient que la décoration du plateau pourrait être améliorée. Par chance j’ai une équipe très solidaire, très motivée. Ils sont vraiment à fond ! »
Des efforts consentis qui expliquent qu’Eric Terrier prenne plutôt mal la décision des autorités de tutelle de changer le douze décembre prochain le canal de diffusion de LCN sur la TNT, qui abandonnera alors le canal 23 pour le canal 33. Une difficulté supplémentaire, dont le patron de chaîne se serait bien passé, même s’il dit qu’il a déjà « une idée de slogan pour accompagner le changement ». Dites 33… C’est du tout cuit.
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