Lady Arlette, la rockeuse fait dans la dentelle

Lady Arlette sort son deuxième album le 12 février 2013. Pour l’occasion, elle donnera ce soir-là un concert au Trianon-Transatlantique à Sotteville.

Prof de français à la ville, Lady Arlette à la scène, Annabelle Cavallin, 43 ans, se présente comme une timide paradoxalement beaucoup plus à l’aise face à son public que dans la vie réelle.  »Dans la vraie vie, je suis plutôt transparente, timide, je ne me fais pas trop remarquer. Sur scène, c’est un peu une part lumineuse de moi. Je n’ai pas l’impression de faire semblant, de surjouer un personnage, je suis seulement Lady Arlette », confie-t-elle.

ARLETTE2Avec « trois charmants garçons », elle forme depuis cinq ans ce groupe de « rock-dentelle », comme elle le décrit elle-même. Lady Arlette, un groupe au départ, « puis le personnage musical a pris le dessus », explique-t-elle. Ce personnage, c’est donc « une nana un peu délurée, un peu décalée, qui trouve toute sa plénitude sur scène. Il n’y a que sur scène que je me sens à l’aise. »

Mais du rock dentelle, c’est quoi ? « A la fois du rock, de l’énergie. La dentelle rappelle le travail sur les paroles. Si on devait mettre une étiquette plus académique, je dirais que c’est rock, dans la lignée de Brigitte Fontaine », décrit Annabelle. Pour s’inspirer, elle écoute « toute cette scène française qui prend soin des textes » : Thiéfaine, Dominique A  » pour le côté très poétique », Camille ou encore Dionysos  « pour leur énergie sur scène ». Avant de se lancer en tant que Lady Arlette, Annabelle a longtemps joué avec Claire Jau, qui l’a poussée, avec le soutien d’Ariane Delamotte de Qu’en Pense Gertrude, à se lancer toute seule sur scène. Celle qui a commencé la musique grâce à une guitare offerte pour sa communion , - »c’est la seule fois où j’ai cru en Dieu »- finit par créer Lady Arlette.

LADY ARLETTELa marque de fabrique de la chanteuse ? Ses Doc Marten’s roses et  sa guitare White Falcon de Gretsch. Les deux guitaristes et le bassiste qui l’accompagnent sont en général engoncés dans des costards. Annabelle annonce un nouveau look et une nouvelle scénographie pour son prochain concert. Elle préfère garder le tout secret. Pour le moment. Une certitude, ni la gratte blanche, ni les Doc ne bougeront.

Arlette, c’est le troisième prénom d’Annabelle. C’est aussi un hommage à l’une de ses tantes. L’album lui est d’ailleurs dédié car « revenue sur le devant de la scène familiale ces derniers temps ». Un album qui sortira le 12 février 2013. « Plus homogène que le précédent » et travaillé pendant un an et demi, il raconte « l’amour casse-gueule, le temps qui passe, et le voyage ». Cet album est porté par le label indépendant La Femme à barbe. Annabelle en est le directeur artistique. Mais, « le label n’est pas une maison de production et est aussi riche ou pauvre que nous », plaisante Annabelle. Du coup, pour pouvoir le financer Lady Arlette a utilisé, dès le mois de décembre 2012, les services de Ululé, une plateforme de financement participatif. En échange de ses deniers, le financeur reçoit en avant-première ce dernière album, le précédent ou encore un livre du plasticien Antoine Josse. « J’avais déjà commencé pendant les concerts à demander des contributions, mais avec Ululé, tout se fait en ligne. Cela donne une facilité d’accès et la sécurité du paiement », constate-t-elle. Depuis le début de l’opération, Lady Arlette a récolté par ce biais près de 2000 euros, envoyés par environ 70 contributeurs. Les internautes peuvent contribuer jusqu’au 1er février 2013.

Pour la promotion de l’album, Lady Arlette propose aussi à ses soutiens de se « taper l’affiche » sur Facebook, avec un concours d’affiches. Grâce à cette page Facebook, le groupe aura rencontré de nombreux soutiens, notamment de la part de Michaël Feron de la librairie Le Rêve de l’Escalier, qui « porte le projet à sa façon, en en parlant un peu partout ». Des soutiens inattendus pour Annabelle qui se sent « gâtée, comme la reine du pétrole, rit-elle, j’ai l’impression d’être la starlette ».

Et si elle est habituée à la scène, elle se dit toujours « chanceuse » de pouvoir s’y produire. « Quel que soit le public ou la salle, je me donne toujours au maximum. Je ne suis pas aigrie par mon travail, ni mon public », estime-t-elle. Un public qu’elle compare à celui de Tintin. « Les enfants aiment sûrement mes tenues, les ados apprécient le côté rock et punchy, et un autre public s’intéresse aux textes ».

Las Vegas Melanco

Annabelle qui écrit tous ses textes elle-même nous décrit un par un les 12 titres de Je suis Diva, son dernier album, enregistré en live « et pas piste par piste ». Elle y est accompagnée par ses musiciens habituels Laurent Gauthier, Paolo Consiglio et Pierre Lacheray.

  • Un léger décalage : « C’est une chanson sur le temps qui passe. Moi je m’en fous d’être vieille »
  • Las Vegas Melanco :   »C’est une envie de de voyage, une Amérique toute fantasmée car je ne suis jamais allée à Las Vegas. C’est une chanson sur mon Amérique à moi« 
  •  Dessus le paillasson : « une chanson maso-domestique« .
  • Suite royale de aïe coups : « J’ai joué avec l’expression c’est là que le bas blesse. Je la décline en haïkus ».
  • Titube : « C’est une histoire d’amour qui n’existe pas. Quand on rêve un peu après avoir bu quelques verres »
  • L’envers, c’est les autres : « Une petite élève polonaise que j’ai eu en classe il y a quelques années m’a inspirée cette chanson. Elle était paumée, adoptée, sa soeur s’était suicidée. »
  •  Les immobiles : « Encore une histoire de voyage. C’est quand on a plein d’envies mais qu’on ne bouge pas. »
  • Revenants : « Je me suis mis dans la peau d’une nana qui attend sa compagne ou son compagnon qui lui a posé un lapin ».
  • Blondi Waltz : « J’ai écrit ce texte suite à une grosse déconvenue amicale. »
  • Rosemary 1923 et Rosemary Brown : « Je me suis inspiré de l’histoire de cette bonne de la région de Londres qui a eu l’apparition de Chopin et de Litsz. C’était une médium. Les deux compositeurs qui lui ont demandé de continuer leur oeuvre. Elle a créé des composé des choses qu’elle clamait inspirées par Chopin, Schumann, Schubert. Je trouvais épatant cette nana qui ne faisait pas plus de piano que ça, qui a construit son personnage assez tard. »
  • Je suis Diva :  » Elle termine l’album et je suis accompagnée par une chanteuse lyrique. On termine légèrement, pour montrer que l’on ne se prend pas la tête. »

Les photos sont de Guillaume Painchault. 

  • Toutes les infos sur le concert du 12 février ici.
  • La page Facebook de Lady Arlette et son site Internet

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