La Théorie de l’information

Aurélien Bélanger, l’auteur du roman La Théorie de l’information, était à Rouen le 15 novembre 2012 au soir. L’occasion pour lui de rencontrer les lecteurs de L’Armitière, après avoir discuté avec Grand-Rouen autour d’un demi. L’auteur, né en 1980, publie là son premier roman, chez Gallimard. Et comme tout se passe plutôt bien pour lui, il ne cache pas son bonheur. Bien sûr, il n’a pas reçu de prix littéraire, mais l’accueil de la presse a été plutôt bon, et celui des lecteurs suit. Du coup, son éditeur le bichonnerait plutôt.

Son roman raconte presque 40 ans d’évolution des technologies de l’information, de l’apparition de la micro-informatique au web 2.0 et au smartphone dans chaque poche. Pas un sujet de roman ? Si, à condition de trouver le personnage qui correspond. Aurélien Bélanger s’inspire de Xavier Niel et imagine un jeune programmeur qui finit milliardaire après un parcours d’entrepreneur qui passe par le Minitel rose et la fourniture d’accès à Internet.

On a dit que son roman était celui d’une époque, et son style, celui de Wikipédia. Le roman d’une époque, sans doute. Pour qui a traversé la période et ce milieu, c’est même plutôt réussi. Un style Wikipédia ? Il s’en défend. Mais Aurélien Bélanger admet l’influence de l’encyclopédie en ligne sur son livre : « Je me suis beaucoup servi du bouton un article au hasard pour trouver des ressorts dramatiques », et d’un article à l’autre relancer son récit.

Pour autant, il s’agit bien d’un roman : une histoire, racontée du début à la fin, avec un personnage central. Le tout est entrecoupé de textes théoriques parfois difficiles, mais, comme on dit « ça se lit comme un roman » : Aurélien Bélanger préfère faire du Spielberg que du cinéma expérimental, dit-il. Parmi ses références, Balzac, Houellebecq, ou, entre les deux, Perec.

Son livre n’est pas qu’une affaire de style, mais aussi, surtout, explique-t-il, le portrait intellectuel d’un personnage. Et c’est cela qui intéresse l’auteur. Pas un hasard si le protagoniste s’appelle Pascal, comme l’inventeur de la machine à calculer qui était doublé d’un entrepreneur : Pascal avait pour la pascaline un modèle économique, et il en aurait vendu une quarantaine explique Aurélien Bélanger.

Le clone romanesque de Xavier Niel est aussi cela : un entrepreneur qui croit quelque part fonder une nouvelle religion, celle de l’âge de l’information. Non que l’auteur adhère à la thèse, mais il s’en fait le romancier, pour mieux en montrer les limites.

Aurélien Bélanger, La Théorie de l’information, Gallimard, 496 p., 22 € 50 – lire les premières pages

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