Jolie Claire Jau à l’Almendra

Claire Jau stresse un peu ces temps-ci. Le 17 novembre 2012, elle se produit à l’Almendra. Ce n’est pas la première fois qu’elle met les pieds sur scène pourtant.  Mais la première fois qu’elle jouera seulement accompagnée de son pianiste. Cette professeur de musique de 35 ans joue habituellement avec six acolytes : une batterie, une contrebasse, une trompette, un trombone et Damien Jouëts qui l’accompagnera au piano ce soir-là

Un mot d’ordre d’abord pour Claire Jau : s’amuser. Elle définit d’ailleurs sa musique comme de la « chanson française à caractère humoristique ». « Si j’ai voulu être célèbre avant, ça m’est vite passé. Maintenant, la musique c’est pour m’amuser », avoue la chanteuse, qui est aussi la maman d’un minuscule Lucien d’un an et demi et de Jules, six ans. Son dernier album Ca fait du bien n’est donc pas diffusé.

Claire Jau a commencé le piano a 9 ans, en imitant son grand-frère. Elle disposait déjà des atouts du musicien : une bonne mémoire auditive et le sens du rythme. Le piano, pour elle, c’est « un mini-orchestre à lui tout seul. La tessiture y est large et on peut jouer plusieurs notes à la fois ». Presque comme le Bert de Mary Poppins, Claire est multi-instrumentaliste, elle touche aussi au saxo, à la batterie et même de l’accordéon. Ses chansons, elle les écrit à partir de détails de la vie quotidienne. « Quelque chose m’interpelle. Je m’assieds à mon bureau et j’écris. » Elle s’inspire de Juliette ou de Camille, des artistes françaises qui jouent avec les mots et les sons.

A ses collégiens -plus impressionnés par son côté star que par sa musique-, elle essaie de transmettre sa vision de la musique. Heureusement pour elle, finie la flûte dans les programmes. « Je les fais chanter en grande partie », explique-t-elle. Une tâche qui peut parfois s’avérer compliquée : « Lorsque j’étais au collège, on était fans d’un groupe, de Jean-Jacques Goldman. Aujourd’hui, les jeunes n’ont plus d’idoles. Ils changent tous les deux mois d’artiste préféré, écoutent Skyrock et ne s’embêtent pas avec la qualité du son », déplore-t-elle. Une musique dominée par la répétition des thèmes comme pouvoir de diffusion. « C’est pour ça que les dés sont pipés. Si on ne passe pas à la radio qui répète les sons en permanence, on a du mal à se faire connaître », insiste-t-elle.

Pour remédier au problème de l’artiste solitaire, Claire et d’autres artistes locaux ont monté La Femme à Barbe. Un label indépendant qui réunit les compétences de chacun et leur permet d’avoir plus d’impact auprès des programmateurs de festivals ou de salles. Des artistes comme Lady Arlette ou Qu’en Pense Gertrude en font partie.

Un peu féministe, mais pas trop. Un peu espiègle mais un regard des plus doux. Claire Jau nous embarque facilement dans son petit univers léger… et pas tant que çà finalement. Une musique et des paroles qui ramènent souvent à l’enfance (soulignons le titre Emancipation), ce qu’elle ne nie pas. Elle cite volontiers C’est peut-être du chanteur rouennais Allain Leprest. Une chanson qui raconte ces enfants qui auraient pu faire de grandes choses mais sont restés cantonnés à leur destin. Claire Jau récite les dernières paroles de cette chanson qui la touche particulièrement : « Pour un bon Dieu qui naît, cent millions font cortège ».

Pour mieux connaître Claire Jau et son dernier album Ca fait du bien. 

Elle sera le samedi 17 novembre à 21 h à l’Almendra, 1bis rue Paul Baudoin à Rouen. 

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