Mercredi 13 juin à 17h30, Jean-Jacques Milteau, le célèbre harmoniciste français de 62 ans aux teintes blues et jazz, a donné un mini concert à la Fnac de Rouen. Pour ceux qui auraient « loupé le coche », le musicien sera présent le mercredi 27 juin à 20h45 à Blainville-Crevon dans le cadre du festival Archéo Jazz. Rencontre avec l’artiste.
Pourquoi vous êtes vous orienté vers le blues ?
Le blues est la première musique qui m’a touché lorsque j’avais une quinzaine d’années. A l’époque, ce n’était pas comme aujourd’hui, je n’avais pas la télévision, internet et le téléphone et donc, quand vous vous intéressiez à quelque chose, vous ne lâchiez plus.
Lorsque l’on est adolescent, on cherche à adhérer à une tribu et en même temps on a des exigences culturelles et sociales. J’ai trouvé dans le blues et dans ceux qui l’interprétaient, une sorte de relais à cela. Il y avait une ampleur dans l’expression de ces gens, que je ne trouvais pas dans d’autres musiques.
Une réelle attirance pour le blues donc, mais pourquoi avoir choisi l’harmonica ?
Si j’ai choisi l’harmonica au départ, c’est parce que j’écoutais Bob Dylan et qu’il en jouait. Et puis, pour des raisons financières car c’était le seul instrument que je pouvais m’offrir.
Au fil des années, l’harmonica est devenu un compagnon assez fidèle qui est très près du corps, puisqu’on l’a dans la poche. On fini par s’attacher à ce petit instrument.
Comment avez-vous réussi à faire votre place auprès de grands chanteurs comme Eddy Mitchell, Jean-Jacques Golman, Francis Cabrel ou encore Charles Aznavour?
Au départ, quand j’ai joué de la musique, je n’ai jamais pensé que ça deviendrait mon métier. A un moment dans ma vie, on m’a demandé de faire des choses que je savais faire et je me suis retrouvé dans un circuit que je n’avais pas du tout imaginé. J’ai commencé à gagner ma vie en faisant ma musique, ce qui est quelque chose de formidable.
J’ai continué, en essayant de faire sérieusement ce que l’on me demandait, sans faire trop de concessions, finalement. Tout cela m’a permis de rencontrer des personnes très intéressantes.
Un jour, j’ai eu l’opportunité de faire des choses un peu plus personnelles. Le blues est une sorte de vocabulaire pour exprimer des sentiments que je ne pensais pas avoir au fond de moi. J’ai beaucoup voyagé aussi. Dans environ 70 pays.
Si vous aviez un souvenir à évoquer ?
Je me souviens, en Ethiopie, d’une rencontre avec des bergers qui gardaient leurs moutons et qui avaient une flûte. J’ai sorti mon harmonica et on a échangé quelques notes, c’était cocasse.
Mes souvenirs de concerts sont tous formidables. Il se passe quelques choses de différent à chaque fois. Le fait qu’un petit instrument de 10 cm de long vous envoie à l’autre bout de la planète, c’est déjà un miracle.
Avez-vous un message à faire passer à travers votre musique ?
Tout le monde a un message à faire passer. Je m’abstiendrai, il y a plus de gens qui parlent que de gens qui écoutent en ce moment.
Pouvez-vous nous parler de votre dernier album « Considération » ?
Tout d’abord, cette album s’appelle considération car c’est la première chose qui doit exister entre des personnes, si elles veulent dialoguer, échanger et partager. C’est la fameuse règle des trois « con », la considération, la confiance et la conséquence sans laquelle on ne peut pas vivre en société. La considération reflète le sentiment que l’on a entre les musiciens et celle que le public a eu la gentillesse de nous porter. Cette album est le reflet de ce partage.
Comment avez-vous rencontré Manu Galvin, Mickaël Robinson, Ron Smyth qui partagent avec vous ce dernier album ?
J’ai rencontré Manu Galvin il y a une trentaine d’années, il jouait dans un club à Paris. J’ai trouvé qu’il jouait vraiment bien, alors, j’ai pris sa carte de visite, je l’ai rappelé, on a commencé à travailler ensemble et depuis, on ne s’est plus quitté.
J’ai croisé Mickaël Robinson plusieurs fois dans des studios parce qu’il a travaillé avec beaucoup d’artistes français de Martin Solveig aux Rita Mitsouko. Au bout d’un moment on a réussi à coordonner nos emplois du temps. Je lui ai dit que j’aimerais bien travailler avec deux voix, et c’est là qu’il m’a présenté Ron Smyth. Mickaël a une voix assez céleste et Ron plus terrienne. Le mélange des deux donnent quelque chose de très intéressant.
Site internet de Jean-Jacques Milteau
Site internet du festival Archéo Jazz
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