Jean-François Bures est le responsable de l’UMP à Rouen. Le temps d’un jus de tomate qu’il assaisonne au Tabasco, il discute politique dans une brasserie quasi déserte, au pied de la Cathédrale de Rouen, alors que la nuit vient tout juste de tomber. On voulait en savoir un peu plus sur la stratégie locale de l’UMP pour les législatives de juin 2012. On parlera de plus que cela.

La première circonscription de Seine-Maritime, qui comprend la quasi totalité de Rouen et Mont-Saint-Aignan est pour l’instant “réservée” pour l’UMP. C’est-à-dire qu’aucun candidat n’est officiellement désigné. “Cela veut dire que deux scénarios sont possibles, explique Jean-François Bures. Dans un premier cas, une personnalité d’envergure nationale est désignée et vient pour s’implanter durablement. Quelqu’un comme François Fillon, par exemple. Alors, j’adhère évidemment à l’option et me met au service du candidat. Si ce n’est pas le cas, j’ai la faiblesse de croire que je suis le candidat potentiel le plus méritant. J’ai été deux fois aux cantonales, j’ai essayé d’animer l’UMP ici en sortant des caricatures… Mais je suis opposé aux parachutages stériles : il faut s’inscrire dans la durée.”

Lui, donc, plutôt que les conseillers municipaux UMP Edgar Menguy ou Bruno Devaux. Le deuxième “a fait savoir qu’il était disponible, mais le national n’a pas retenu l’idée”. Quand à Edgar Menguy, “son expertise, ce qui le passionne, c’est la mairie”.

Pour le reste rien n’est encore écrit, et les militants de l’UMP sont suspendus aux décisions du national. Une personnalité qui viendrait de l’extérieur ? On en parle à toutes les élections depuis la mort de Jean Lecanuet. Des noms ont toujours circulé et… personne à droite n’est jamais venu malgré la proximité de Paris qui permet de concilier avec un relatif confort destin national et ancrage local. Alors, est-ce qu’on peut y croire cette fois ?

En attendant, les militants sont contraints d’attendre. “C’est une drôle de campagne, concède Jean-François Bures en parlant cette fois de l’élection présidentielle. Pour l’instant, on est sur le bilan. J’imagine que Nicolas Sarkozy a hâte d’y aller. Mais il ne prend personne par surprise. Il avait dit qu’il présiderait jusqu’au bout. Aujourd’hui, il retient ses coups. On attend notre leader avec ses idées propres et son message…”

Le message… On aborde la provocation de Claude Guéant, ministre de l’intérieur, pour qui “toutes les civilisations ne se valent pas“. La provocation, les petites phrases… “moi, ce n’est pas ma tasse de thé, avoue Jean-François Bures. Mais reste une question de fond : qu’est-ce qu’on fait des 15 à 20 % d’électeurs qui sont prêts à voter Le Pen ? Est-ce qu’on considère qu’ils sont perdus ? Il ne faut pas les stigmatiser, mais les ramener dans le giron d’un projet démocratique. Qu’est ce que ces gens-là attendent ? Ils n’ont pas de réponse. Le projet du FN, je n’en veux pas pour mes enfants. Aujourd’hui, le FN raconte tout et n’importe quoi. On ne peut plus avoir de débat sur les sujets fondamentaux : le pacte républicain, les valeurs de la République sans être dans la démagogie ni dans l’angélisme.”

Tout un programme… Ne manquent plus que des candidats.

Partagez

... échangez, publiez cet article sur les sites où vous avez un compte personnel.