Jazz à Part, au coeur du festival

Didier PetitPour sa troisième édition en quatre ans, le festival Jazz à Part offre aux rouennais l’occasion de voir des musiciens au discours singulier qui n’ont guère l’occasion de visiter la capitale normande par ailleurs. Ville à la culture jazz indéniable, Rouen compte des jazzmen locaux renommés. Bon nombre de grands musiciens internationaux s’y sont produits et s’y produisent encore. Elle pâtit néanmoins de lieux pour accueillir des artistes dont la renommée par le bouche-à-oreille et la presse spécialisée n’épouse pas forcément celle de la machine-à-lisser de l’industrie musicale.

C’est tout le propos du Jazz à Part Festival. Impulsé par Pierre Lemarchand, animateur d’une émission du même nom sur la Radio HDR et par une équipe de bénévoles, le festival a convié depuis trois ans des géants des musiques improvisées, du contrebassiste Claude Tchamitchian (en 2010) à sa consoeur Joëlle Léandre (en 2011). Après une pause en 2012, le festival renoue cette année avec la scène en deux temps : le 23 et 25 mai qui ont permis la venue de deux solistes, le violoncelliste Didier Petit et le pianiste Stephan Oliva, et le 30 et 31 mai qui verront notamment le jeudi un temps fort au 106.

Ce genre de festival incite à la découverte. Pour se laisser transporter par des musiques parfois rétives à s’abandonner à la simplicité, le lieu est important. Didier Petit est la personne idéale pour le cadre majestueux de l’abbatiale Saint-Ouen. Musicien voyageur, le violoncelliste a récemment sortie un disque de voyage sur les routes étasuniennes à la rencontre de grands improvisateurs. Seul dans ce gothique flamboyant aux dimensions hyperboliques, Petit joue sa musique intérieure accompagné par l’espace et l’écho. Il caresse l’archer ou impulse une rythmique en s’accompagnant de la voix, pour le bonheur des spectateurs venus nombreux.

Stephan OlivaChangement de lieu pour le pianiste Stephan Oliva. Cet amoureux de cinéma, au jeu lui aussi gourmand d’histoire, joue sur une scène amovible dressée dans la salle comble de l’Omnia. Le cinéma s’enorgueillit de détenir la version restaurée de Vertigo d’Alfred Hitchcock juste après sa diffusion à Cannes ; Oliva célèbre le film par une évocation de la musique de Bernard Hermann qui a tant fait pour l’univers Hitchcockien. Le pianiste, qui a fait un disque de ce programme, voyage sans barrière à travers les films, et fait un scénario intime où se mélange Vertigo, Psychose, mais aussi Taxi Driver ou  Citizen Kane.

Le Jazz à Part Festival n’est pas terminé. Le 30 mai, au 106, deux concerts vont permettre de nouvelles découvertes, à commencer par ce duo inédit de deux jazzmen mythiques : Famoudou Don Moye, batteur de l’Art Ensemble Of Chicago et Sonny Simons qui fut un comparse d’Eric Dolphy. Rendez-vous est donné aux amateurs. Mais surtout aux curieux.

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