J’ai découvert un parti au meeting de Nathalie Arthaud !

Jeudi soir, changement de lieu pour mon quatrième meeting rouennais. Arrivé à 19h15, je suis l’un des premiers à monter les escaliers menant au second étage de la Halle aux Toiles. Ironie du sort, c’est le Crédit Agricole qui occupe le premier niveau (au standing bien différent).

Alors que je me procure le programme de la candidate sur un présentoir, un militant fort sympathique me demande si je connais le parti, quelles sont mes motivations à venir au meeting, et me propose de revenir en reparler en fin de soirée.

19h30, heure théorique de commencement, la salle s’est remplie et les 180 sièges disponibles sont occupés. Il n’y a pas énormément de jeunes dans l’assemblée… Derrière la petite estrade, on peut lire sur une banderole « Nathalie Arthaud une candidate communiste », devant le pupitre figure l’inscription « les travailleurs n’ont pas à payer la crise du capitalisme ».

Quasiment à l’heure (contrairement aux trois autres candidats précédemment visités), la candidate fait son entrée sous les applaudissements appuyés de la salle. Pascal Le Manach, porte parole Lutte Ouvrière en Haute-Normandie, prend la parole le premier. Il en profite pour dresser le bilan des fermetures d’usines dans la région tout en comparant chacune des situations aux bénéfices engrangés par les patrons de ces entreprises. D’après Pascal, les patrons nous réservent un avenir peu réjouissant : 200.000 personnes au chômage ou au RSA dans la région prochainement. Pascal dénonce par ailleurs le déplacement « publicitaire » de Nicolas Sarkozy à Pétroplus dont la situation est loin d’être réglée.

Suite de l’intervention, un long passage au sujet de l’usine de Renault Cléon où il travaille et exerce également comme syndicaliste. D’après lui toujours, 1.000 postes sont amenés à disparaitre là bas d’ici 2015, malgré les aides publiques que perçoit l’entreprise. De longs applaudissements.

Programme Nathalie Arthaud

20h00, Nathalie Arthaud prend la parole « Travailleuses, travailleurs, camarades et amis ».

Nathalie commence par rappeler qu’elle sera « la seule candidate communiste à l’élection » et qu’aucun autre candidat ne propose « une société sans classe sociale ». « Injustices et inégalités sont combattues par le communisme révolutionnaire » lance t’elle avant d’insister sur le fait que Lutte Ouvrière refuse de s’intégrer au « système bourgeois » mais profite des élections pour se faire entendre. « Tous les autres candidats ne défendent pas les travailleurs de peur de mécontenter le patronat ». La salle apprécie.

D’après Nathalie, « en France une usine ferme tous les jours depuis trois ans » et la situation actuelle est comparable à la crise de 1929. La candidate nous rappelle qu’à l’époque les salariés ne s’étaient alors fait entendre par la lutte que plusieurs années plus tard, en 1934.

Nathalie s’en prend aussi à Nicolas Sarkozy qui est « au service des patrons et des bourgeois ». Lorsqu’il remet en cause Schengen elle trouve cela « stupide ». « Toute attaque contre les travailleurs étrangers est une attaque contre l’ensemble des travailleurs ». De nouveaux longs applaudissements se font entendre.

Nathalie estime que « produire français » est également « stupide » puisque nombreuses sont les pièces qui viennent des quatre coins du monde. La candidate compare les échanges internationaux à la circulation sanguine. « Tout le monde sert la soupe au protectionnisme de Marine Le Pen avec ce genre de discours ».

« Que ferait Hollande s’il est élu ? Que promet-il aux salariés ? Rien car il n’est pas prêt à forcer le patronat à quoi que ce soit ». Pour Nathalie, il n’y a d’issu qu’à travers « des luttes internationales avec la conscience d’être une unique classe, les exploités ! »

La fin de la trêve hivernale (le lendemain du discours) est mise en parallèle avec le budget de l’armement. « Avec cet argent, l’Etat pourrait employer des maçons et des ouvriers pour construire le million de logement manquants » lance Nathalie.

D’après Nathalie, Jean-Luc Mélenchon est un « faiseur d’illusions qui trahirait les travailleurs comme Mitterrand ». Ses solutions à elle ? Combattre la main mise de la classe capitaliste sur les moyens de production, nationaliser les banques sans indemnisation, donner aux travailleurs la maitrise de l’économie, interdire les licenciements.

« Voter pour moi ne peut rien changer, nous ne sommes pas dupes,
seule la lutte peut changer les choses.
Vous pouvez exprimer ce message en votant pour ma candidature ».

20h40, son allocution terminée, Nathalie se rassoit. La salle se vide de moitié.

La candidate se propose de répondre aux questions. Demande est faite aux militants d’autres organisations politiques de limiter leur prise de paroles.

Le micro est tendu à une première personne, Nathalie note la question. On tend le micro à un deuxième intervenant se présentant comme membre de la LTF (Ligue Trotskyste de France), il semble avoir préparé son intervention puisqu’il tient en mains un discours de deux ou trois pages critiques vis-à-vis de Lutte Ouvrière… Après deux bonnes minutes d’incompréhension, de chuchotements et de sourires dans la salle, le micro s’éloigne du militant mettant fin à son intervention. Seules deux malheureuses autres questions furent posées par cette salle visiblement peu curieuse.

Parmi les réponses on retiendra que Lutte Ouvrière « n’a pas comme projet d’arrêter le nucléaire mais de sortir du capitalisme », ou encore que le NPA qui n’a pas été évoqué dans le discours n’est pas un ennemi puisque leur lutte est similaire. A l’intervenant intempestif précédemment cité, Nathalie conseille : « utilise ta méthode pour faire changer les choses, bon vent ».

21h00, ça sent la fin. Ceux encore présents dans la salle se lèvent en chantent l’Internationale, « l’hymne des travailleurs », le poing levé. En sortant, un militant d’une vingtaine d’année (comme moi) m’aborde et me demande ce que j’ai pensé de la prestation, il veut que l’on se revoit pour prendre un café et parler de tout ça. A défaut de céder mon numéro de téléphone, je lui laisse mon mail.

Ce soir, j’ai découvert un parti auquel les médias laissent peu l’occasion de s’exprimer !

PS : J’ai beau penser que le changement ne viendra des urnes, ton manichéisme ne m’a pas convaincu Nathalie.

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