Il est 15h30, ce mardi 12 juin 2012 sur la place du Vieux Marché à Rouen. Une centaine de personnes se pressent à l’entrée de l’espace d’exposition temporaire « Maître Jacques » dédiée à Jacques Anquetil réalisé par la CREA, en l’honneur du 50ème anniversaire de la victoire du cycliste au Tour de France en 1962 et également du passage du Tour de France dans la région cette année. Laurent Fabius et Dominique Anquetil, la veuve du cycliste sont présents, la presse et les élus aussi. Il ne manque plus que Michel Drucker. Le célèbre animateur de télévision et de radio, journaliste sportif dans les années 1960 est un grand admirateur du quintuple vainqueur du Tour de France.
Sur les murs du musée temporaire, une frise chronologique va de la naissance de Jacques Anquetil le 8 janvier 1934 à Mont-Saint-Aignan, à sa mort le 18 novembre 1987, à la clinique Saint-Hilaire de Rouen. On y voit des éléments sur sa vie personnelle et sa carrière sportive. Deux cents objets appartenant à la famille de Jacques Anquetil, des maillots, des tee-shirts, des trophées, des vélos et de nombreuses photos : a collection fait revivre les instants forts de la vie du cycliste.
« Je ne suis pas un grand spécialiste du vélo, mais ce qui m’a toujours marqué, c’est la qualité exceptionnel du champion. Jacques Anquetil avait un talent extraordinaire auquel il ajoutait une capacité d’effort magnifique. C’était un homme d’une grande fierté, ce qui lui permettait de se dépasser », confie Laurent Fabius.
Tout à coup, un mouvement de foule. Michel Drucker est là, prêt à rendre hommage à son ami disparu : « Je suis très ému d’être ici. J’ai réalisé mon rêve en rencontrant Jacques Anquetil au début de ma carrière à la télévision en tant que commentateur sportif. Nos chemins se sont croisés plusieurs fois et nous sommes devenus amis. J’admirais vraiment beaucoup cet homme. Je suis venu le voir 15 jours avant sa mort à la clinique Saint-Hilaire, avec Robert Chapatte, et Fernand Choisel, qui est un grand commentateur sur Europe 1. Il était très amaigri et il a eu cette phrase magnifique : ce contre-la-montre-là, je vais le perdre. » Une phrase que l’animateur répète en boucle à tous les journalistes qui veulent l’entendre.
Michel Drucker considère comme le plus grand champion de l’histoire du Tour de France, un scientifique et un champion de l’effort solitaire : « Pour moi, Jacques était un immense champion qui était capable d’avoir une défaillance terrible et de récupérer le lendemain. Sa bagarre dans le Puy-de-Dôme avec Poulidor, entre autre, est resté dans toutes les mémoires. C’était quelqu’un d’extrêmement brillant, qui aimait la campagne, d’ailleurs je l’ai vu sur son tracteur, il avait un bon coup de fourchette, ce n’était pas un Normand pour rien. Le plus grand souvenir que j’ai de lui, c’est le fameux week-end où il a remporté à la fois la course du Dauphiné Libéré et celle de Bordeaux-Paris. C’était quelqu’un d’exceptionnel. »
Les applaudissements des visiteurs résonnent sur la place du Vieux marché. Le musée est désormais ouvert. Le public se rue à l’intérieur pour s’imprégner de l’histoire de ce grand cycliste. Les visages sont souriants. Tout le monde cherche à avoir un autographe de Michel Drucker. Et puis finalement, après quelques minutes, la foule se disperse. Laurent Fabius et Dominique Anquetil se dirigeront en direction du cimetière de Quincampoix afin de déposer une gerbe sur la tombe du champion à 17h.
L’exposition de « Maître Jacques » sera visible jusqu’au 8 juillet 2012, sur la place du Vieux Marché.
Galerie photos signée Guillaume Painchault :
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