Ils sont venus pour Claude

Rendez-vous était donné en mémoire de Claude, l’homme de la rue du Gros-Horloge. Plus de 50 Rouennais sont venus. Malgré le froid

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Les groupes se sont petit à petit formés place du Vieux Marché, devant l’église. Dans le froid, par grappes. Dès 14h30, puis, jusqu’à 15 heures. Chacun avec son histoire parlant à ceux qui sont là. On cherche l’organisateur qui a lancé l’idée du rassemblement sur Facebook. Il ne se dévoile pas. Peut-être n’est-il pas venu. Sans leader, le groupe peine un peu à se former. Il faut attendre encore quelques minutes pour que la décision soit prise de lancer la procession. En tête, la présidente de l’association SOS Toutous. Et puis les autres, à côté, derrière, marchant jusqu’à la rue du Bec, à l’emplacement où jusqu’à son décès, se tenait Claude. Claude et ses animaux. Le chien Onyx, et le lapin.

Dans la petite foule d’une cinquantaine de personnes, trois jeunes filles, élèves du collège Camille Saint-Saens, juste au dessus de là où se tenait Claude. Flore, 14 ans, Hortence, 12 ans, Tania, 15 ans. « On le voyait en allant au collège », expliquent-elles. Un peu déçues que leurs condisciples ne soient pas plus nombreux. « Ca m’a choquée », explique Flore pour décrire ce qu’elle a ressenti en apprenant le décès de Claude. Hortence lui donnait des sandwiches. Flore rajoute : « mon père lui donnait des trucs. Une fois, j’ai caressé son chien. »

Chacun ainsi, a eu sa petite histoire. Une petite vieille répète à qui veut l’entendre : « je lui ai donné deux fois dix euros. » D’autres sont plus discrets. Et ils sont nombreux à déposer une rose, un petit mot, un objet qui symbolise leur relation avec Claude.

La minute de silence se fait dans le brouhaha de la rue du Vieux-Marché, un samedi après-midi. Au milieu des remarques de ceux qui ne font que passer. « C’est le chien qui est mort ? », s’interroge une passante. « Ca fait pitié », dit une autre, dont on ne sait si elle parle du décès de Claude ou des personnes entrain de se recueillir.

Ceux qui sont là ont entre 12 et 85 ans. De tous les milieux sociaux. Ils ne se connaissent pas, mais se parlent. Racontent ces toutes petites choses ou des liens plus forts. « Je l’avais vu il y a quinze jours », entend-on. C’est l’émotion de ceux qui, pour presque rien ou pour beaucoup, avaient croisé le chemin d’un homme qui ne faisait pas seulement partie du paysage, mais aussi de leur vie. Assez pour consacrer plus d’une heure dans le froid glacial d’un samedi après-midi à honorer sa mémoire alors qu’ils connaissaient parfois à peine son présent.

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