Le 16 octobre 1921 décède à Alger un vieil homme de 86 ans, couvert de gloire et d’honneurs. Il a passé sa vie à composer, improviser, jouer et diriger de la musique, mais aussi à voyager dans le monde entier (Ceylan, Indochine, Égypte, Amérique du sud…).
Cet artiste exceptionnel, dont le père était Dieppois et le grand-père agriculteur cauchois, c’est Camille Saint-Saëns. Né à Paris, il se révèle très tôt incroyablement doué pour le piano, et donne son premier concert public à dix ans. Quelques années plus tard, le voilà organiste à la Madeleine.
En 1871 il fonde la Société Nationale de Musique, pour encourager la création française. Eh oui, le chauvinisme existe aussi en matière musicale ! Notre pays vient d’être battu par la Prusse, et Saint-Saëns, comme ses contemporains, éprouve un mélange d’admiration et de rejet envers la musique allemande, en particulier wagnérienne. Ladite société constituera un tremplin efficace pour plusieurs compositeurs, comme Debussy ou Ravel.
Et Rouen dans tout cela ? C’est dans notre chère ville (donc avant Paris !!), au Théâtre des Arts, qu’après avoir été présenté à Weimar en 1877, « Samson et Dalila », le plus célèbre opéra de Saint-Saëns, est joué pour la première fois en France. On est en mars 1890. Le Théâtre des Arts propose à l’époque une programmation lyrique d’une exceptionnelle qualité.
Le demi-normand qu’est Saint-Saëns affirmait volontiers qu’il composait de la musique « comme un pommier produit des pommes ». Et de fait son œuvre abondante couvre des genres très divers : poèmes symphoniques telle la superbe « Danse macabre », concertos pour piano, violon, ou violoncelle, musique religieuse, une pièce humoristique, « Le Carnaval des animaux »… Saint-Saëns est même, en 1908, le premier compositeur de renom à travailler pour le cinéma. Il écrit en effet la musique de « L’assassinat du duc de Guise », film qui connaît un grand succès populaire (durée : 15 minutes ! et muet bien sûr). Le rôle du duc y était d’ailleurs tenu par un Rouennais, le fameux Albert Lambert.
Et maintenant Miss Ska vous suggère de partager avec elle un moment de bonheur. Pourquoi (il suffit dans Google de taper « Rondo capriccioso téléchargement les violons de France ») n’écouterions-nous pas ensemble, à distance, ce Rondo, merveilleux morceau qui donne envie de danser et touche le cœur ?
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