Hip hop : les dessous de la gare de Rouen

Tous les soirs, à partir de 17h30, des danseurs de hip-hop se retrouvent dans la station de métro de la gare de Rouen pour s’entraîner devant les gens pressés. Grand Rouen s’est arrêté. 

Lorsqu’on prend régulièrement le métro à la gare de Rouen, en fin d’après-midi, on les croise. Ils dansent dans la station. Souvent, on ralentit, on s’attarde peut-être un peu, mais rarement on s’arrête vraiment pour regarder ces danseurs qui s’entraînent tous les soirs à partir de 17h30.

Hip-Hop04Abdoul a 20 ans, il vient de Grand-Couronne et cherche du travail dans la maçonnerie.  Il s’entraîne à la gare de Rouen depuis trois ans. « J’aimais bien les danseurs à la télé. Et un jour, un danseur est venu faire une démonstration dans mon quartier, c’est à ce moment là que j’ai commencé », se rappelle-t-il. Depuis, Abdoul s’entraîne sous la gare trois à quatre fois par semaine. Il y a même entraîné son pote Geoffrey -dit le loup-  qui a trouvé un moyen de se libérer et « sa voie » en se remuant sur de la musique. Sous ses airs de gringalet, il ne donne pas l’impression d’être un danseur confirmé. Et pourtant, lorsqu’il se penche sur le sol et se met à tourner sur sa tête, il force le respect.

Hip-Hop26Pour Geoffrey, le hip hop, c’est « d’abord « la culture rap, le graffiti et après la danse ». En danse,  c’est plusieurs mouvances. Avec ses copains d’entrainement, il nous en énumère quelques-uns :

  • le popping : « c’est le style robot, tu fais la vague », décrit Geoffrey
  • la house : « ça ne se danse que debout, le plus souvent sur de la house minimale, de la deep house ou de l’afro house », explique Nalaa, 20 ans, vendeuse en prêt-à-porter. Elle danse depuis cinq ans.
  • le new style : « c’est du hip hop revisité, plus libéral ». Spécialité de Sakura, 20 ans, prof de danse. Ce style se danse sur du rap américain.
  • le locking : « c’est plus funky »
  • le krump : « tu exprimes une rage intérieure, ce sont des mouvements saccadés. C’est une danse non-violente, malgré les apparences », explique Geoffrey
  • le top rock : « une danse des années 70, pratiquée par les premiers danseurs de break », détaille Lewis, 20 ans. Lui pratique depuis ses 13 ans à la gare de Rouen. Il est parti quelques années à Paris pour « faire de la danse professionnelle », dit-il. Revenu à Rouen, il passe de temps en temps à la gare mais a entamé des études de littérature.

Venir danser à la gare, c’est, pour Lewis, des moments de partage : « Même si c’est la même culture, chacun possède son style, sa signature. On regarde qui fait le meilleur passage », expose-t-il. Un style que le danseur travaille et qui, au final, définit son identité.

Quand on arrive on s’échauffe, au rythme de la musique parfois. Parce que le hip hop, ce sont des mouvements, des pirouettes, des mouvements saccadés, des acrobaties le crane posé sur le sol. Une vraie discipline sportive en somme. La session d’entrainement peut paraître anarchique, mais chacun trouve sa place. Ils sont un peu plus d’une dizaine ce mardi 2 avril 2013. Les danseurs forment vite un cercle et chacun fait son show sous le regard des autres et des quelques passants qui daignent s’arrêter.

Ces entraînements sont des moyens de se préparer aux battles qui ont lieu régulièrement. Rien de violent là dedans. Deux danseurs s’affrontent à coup de mouvements et de pas de danse. Des juges désignent le vainqueur. Le prochain battle est prévu pour le 13 avril 2013 à Canteleu.

Les photos sont de Guillaume Pinchault. 

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