Novembre, donc, est le mois de l”économie sociale et solidaire. L’occasion d’un petit tour de la question qui commence rue de l”Hôpital, à Rouen. La boutique a l’allure chic des endroits à la mode. seule différence, les vêtements vendus là sont d’occasion. On y trouve de la marque, et des vendeuses souriantes. Les arrivages sont quotidiens, et, du coup, les clientes régulières. Frip & Co n’est que la phase visible d’un iceberg qui réchauffe le coeur. Derrière cette entreprise se cache une association qui emploie 40 personnes. Solidarité Textiles, c’est son nom, a des locaux au Houlme, et des conteneurs un peu partout dans l’agglomération pour récupérer les vêtements que vous ne mettez plus. Les conteneurs, c’est nouveau : avant, des camions parcourraient le département. Mais cette options là n’était pas assez écologique.

Au total, 1300 tonnes sont récupérées chaque année. Un petit tiers est totalement immettable : on en fait des chiffons, on effiloche, on transforme. Une part s’en va à l’étranger, et se retrouve sur les marchés d’Afrique. Une autre est mise à disposition d’actions sociales, pour habiller ceux qui n’ont pas les moyens de le faire. Le haut du panier, ce qui est en très bon état, ce qui est encore à la mode, se retrouve dans la boutique de la rue de l’Hôpital. Juste 5% de ce qui est récupéré. Et ce n’est qu’un début : 125 000 tonnes ont été collectées en France en 2009. L’objectif final est d’atteindre 750 000 tonnes.

Et nous voilà au coeur de l’économie sociale et solidaire. Les 40 employés de l’association, 80% de femmes, sont en phase de réinsertion, bénéficiaires du RSA, ils retournent par là à la vie active. L’entreprise a à la fois une dimension sociale et une dimension environnementale.

Et avec tout cela, que fait-on ? 400 000€ de chiffres d’affaires, tout de même, en respectant les normes qui permettent la convention avec Éco TLC, l’organisme qui perçoit l’éco-contribution des filières textile, linge et chaussure et la redistribue aux associations et sociétés chargées du tri et du recyclage. Mais le profit n’est pas au coeur de la démarche, et les éventuels bénéfices servent à la modernisation et à la professionnalisation des méthodes de travail.

L’objectif est d’implanter un conteneur de collecte de vêtement pour 2000 habitants. 17 communes de la Créa sont déjà partenaires. Gageons que les autres ne devraient pas tarder.

Fripes & Co, 13, rue de l’Hôpital, 76000 Rouen

Le site de l’association Solidarité Textiles

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